Le 7 janvier 2025, le campus de Pacific Palisades du Lycée français de Los Angeles a disparu dans les flammes qui ont réduit en cendres ce quartier huppé, au bord du Pacifique. Dès le lendemain, enfants et professeurs ont été accueillis dans les autres campus, à West Los Angeles, mais un an plus tard, la reconstruction du bâtiment n’est pas décidée. Sa présidente, Clara-Lisa Kabbaz, nous raconte comment son établissement d’excellence s’est relevé.


Samedi 11 janvier 2025, quatre jours après le début des feux, l’odeur de fumée est toujours atroce, et vers le nord, des hélicoptères bourdonnent dans le ciel, envahi d’un oppressant nuage grisâtre. Masque chirurgical rose sur le visage et sweat-shirt du Lycée français de Los Angeles, Clara-Lisa Kabbaz, sa présidente, découvre les ruines calcinées de son établissement, accompagnée d’Adrien Frier, Consul général de France à Los Angeles, et d’une poignée de journalistes. De ce charmant petit campus, construit en 1971 par ses parents sur les hauteurs de Pacific Palisades, au bord de l'Océan Pacifique, il ne reste que des bicyclettes carbonisées, des fresques murales noircies, et des murs écroulés. Heureusement, le 7 janvier, les 55 élèves présents sur le campus ce matin-là et leurs professeurs ont pu tous être évacués avant l’arrivée des flammes.

Un an plus tard, l’émotion est intacte. « C’était un campus absolument adorable, fondé par mes parents en 1971, dans le meilleur quartier qui soit. Mes enfants avaient fait leur scolarité là-bas. Pour moi, c’est tout un quartier, toute une vie qui a disparu » redit Clara-Lisa Kabbaz. En plus du 11 janvier, elle n’est revenue que deux fois sur place, l’été dernier et en octobre, pour une interview télévisée, au moment de l’arrestation d’un suspect dans l’enquête sur l’origine de l’incendie. Car depuis, peu de choses ont changé. Si le quartier de Pacific Palisades a été nettoyé, la reconstruction, elle, se fait attendre.
« On observe et on attend de voir ce qu’il va se passer autour de nous »
Là où s’élevait le campus du Lycée français, « le nettoyage a été réalisé, grâce à l’Army corp of engineers, mais pas l’enlèvement des fondations, et c’est une bonne chose, car il y a eu d’énormes pluies récemment, et c’est désastreux après un feu », précise la présidente. « Autour, il n’y a absolument rien : quelques maisons sont encore intactes, mais toutes les autres écoles ont disparu : Corpus Christi School, l’école Montessori, Marquez Charter Elementary School, Village School…» Pour le moment, aucune décision n’a été prise concernant la reconstruction du campus de Pacific Palisades.

Aura-t-elle seulement lieu ? « Peut-être un jour, élude Clara-Lisa Kabbaz. Mes parents, les fondateurs, étaient des gens extrêmement responsables. Financièrement, ils nous ont laissés très à l’aise. Nous sommes propriétaires à 100% de tous nos campus. L’assurance a été formidable. Nous avons la possibilité d’attendre et de patienter, et de ne pas se lancer tout de suite dans un projet. Pour l’instant, on observe et on attend de voir ce qu’il va se passer autour de nous. »
Garantir de la stabilité aux élèves
La présidente du Lycée français veut se concentrer sur ses élèves, dont elle admire la résilience. 850 élèves de 72 nationalités, désormais répartis sur les quatre campus de West LA au lieu de cinq, de la maternelle à la terminale. Continuer à les accueillir a tout de suite été sa priorité. Dès le lendemain du drame, la cinquantaine d’élèves du campus de Pacific Palissades, de la preschool au 2nd grade, ont retrouvé leurs professeurs sur le campus de Century City. « Des parents arrivaient en pyjama, ayant tout perdu, mais déposaient leurs enfants avec le sourire, se souvient Clara-Lisa Kabbaz. Il y avait des pleurs, beaucoup de hugs. Déposer son enfant dans un lieu connu, même à une autre adresse, c’était vital pour avoir une continuité, une stabilité. »

Si certaines familles ont quitté Los Angeles, d'autres sont restées et ont pu se reloger à proximité des autres campus du Lycée français de West LA, qui se sont réorganisés pour accueillir les élèves durablement. Grâce à un petit immeuble appartenant au Lycée français à côté du campus de Century City, inoccupé depuis la pandémie, deux salles de classe et une salle polyvalente ont été mises à leur disposition immédiatement. Des locaux remis à neuf l’été dernier, ainsi qu’un playground, qui accueillent désormais les plus petits. Les plus grands ont eux été installés au Campus Principal, sur Overland Avenue.
« C’était une année affreuse et en même temps extraordinaire »
Dans cette période de chaos, la solidarité a joué un rôle clé entre les familles du Lycée français. Déjeuners offerts par le Lycée à toute l’école jusqu’en juin, dons de vêtements, familles hébergeant d’autres familles… « Il y a eu une vraie communauté de soutien » se félicite Clara-Lisa Kabbaz. Elle se réjouit que « l’excellence » de son établissement soit restée intacte, évoquant 100 % de réussite au baccalauréat, spectacles et concours maintenus, Model United Nations primé, comédies musicales jouées par les élèves à guichets fermés… « C’était une année affreuse, et en même temps extraordinaire. Les élèves ont réagi de façon admirable. »

Alors que Los Angeles s’apprête à vivre, le 7 janvier 2026, le premier anniversaire des incendies, il n’y aura pas de commémoration particulière au Lycée français, seulement un petit message aux parents, sur un ton positif. « C’est un peu lugubre, on parle d’enfants ici. Je préfère voir le futur ensoleillé » tranche la présidente. Comme souvenir de la tragédie, un objet retrouvé dans les cendres de Pacific Palisades ne quitte plus son bureau : le fragment d’une statue portant ces mots : « May peace prevail on earth ». « Je l’ai gardé, glisse Clara-Lisa Kabbaz. C’est très important, surtout quand on voit le monde aujourd’hui. »
Le Lycée Français au coeur d’un reportage de M6. Léo, 16 ans, en campagne pour le Bureau des élèves, parle quatre langues et rêve de faire carrière dans la diplomatie. Annouck, en terminale, est en pleine répétition de cheerleading avec ses camarades. Lucie a quitté Toulouse et vient d’arriver à Los Angeles avec ses parents. Tous sont scolarisés au Lycée français de LA, auquel M6 a consacré un reportage de 43 minutes, « Los Angeles : le lycée made in France » le 30 novembre 2025 (en replay ici). Une plongée au cœur de l'établissement privé, fondé en 1965 par Raymond et Esther Kabbaz, aujourd’hui présidé par leur fille, Clara-Lisa Kabbaz. Depuis 60 ans, enfants de chefs d’Etats, de stars, de diplomates ou d’expatriés y bénéficient d’un cursus bilingue d’excellence, de la maternelle à la terminale, pour 40 000€ par an au lycée. Dans ce reportage, il n’est pas question des incendies. L’accent est mis sur l’excellence académique, le cadre de vie exceptionnel, la sécurité et l’esprit de « famille » qui caractérisent cette école d’élite, où les enfants grandissent ensemble depuis tout petits. Il s’achève par la visite de l'icône du rock français Louis Bertignac auprès des élèves, alors qu’il s’apprête à donner un concert au théâtre Raymond Kabbaz du Lycée Français, en septembre 2025. À voir pour découvrir cette institution incontournable dans la galaxie francophone à LA.

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