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Bruno Lopez : « Faire de la politique politicienne à Los Angeles est une erreur »

En vue des élections consulaires, le 30 mai 2026, Le Petit Journal brosse le portrait des neuf candidats et candidates têtes de liste dans la circonscription de Los Angeles. Notre dernier article est consacré à Bruno Lopez. Chef au Ritz-Carlton de Rancho Mirage, il porte, depuis Palm Springs, la liste « Défendre et accompagner les Français d’Amérique » soutenue par l’ASFE, l’Association Solidaire des Français de l’Étranger, créée en 2014.

Bruno Lopez Los Angeles TimesBruno Lopez Los Angeles Times
Le chef du Ritz-Carlton de Rancho Mirage a été choisi par Patrick Caraco pour concourir aux élections consulaires à la tête d'une liste soutenur par l'ASFE. © Ricardo DeAratanha / Los Angeles Times
Écrit par Benoit Clair
Publié le 29 avril 2026, mis à jour le 30 avril 2026

 

À l’approche des élections consulaires, le 30 mai 2026, Le Petit Journal dresse le portrait des neuf candidats et candidates têtes de liste dans la circonscription de Los Angeles. Ces articles seront publiés tout au long du mois d’avril, dans l’ordre du tirage au sort effectué le 27 mars par le Consulat général de France à Los Angeles : Sylvie Almeri, Charles Speidel, Karim Sahli, Christophe Jouin, Julien Senac, Stanislas Orand, Cynthia Hajjar, Mercedes Mira et Bruno Lopez. Le 7 mai, Le Petit Journal organisera un débat entre les candidats, ouvert au public, au Lumiere Cinema de Beverly Hills. Il sera filmé et disponible en replay sur Internet. Pour comprendre ces élections aussi essentielles que méconnues, vous pouvez lire notre article. Le détail des neuf listes se trouve ici.

 

Déjà parus : 

1. Sylvie Almeri mène une liste « apolitique et indépendante » aux élections consulaires de Los Angeles

2. Charles Speidel, candidat des « patriotes » aux élections consulaires de LA

3. Karim Sahli, à la tête d'une liste de « gauche solidaire et écologiste »

4. Christophe Jouin, le candidat de « Renaissance » aux élections consulaires de LA

5. Julien Senac, le candidat des Républicains aux élections consulaires de Los Angeles

6. Stanislas Orand, le président sortant du conseil consulaire plaide la continuité

7. Cynthia Hajjar : « Au service de tous, dans une neutralité politique assumée »

8. Mercedes Mira, une experte des démarches consulaires candidate à Los Angeles

9. Bruno Lopez : « Faire de la politique politicienne française à Los Angeles avec les partis est une erreur »

 

S’il fallait, en un mot, résumer la carrière du chef Bruno Lopez, ce serait bien celui de mobilité. Né en 1961 dans la région parisienne, il suit les mutations géographiques d’un père militaire « rampant » (ndlr : officier travaillant au sol) de l’armée de l’air qui, de garnisons en Allemagne en bases aériennes hexagonales lui fait découvrir de multiples horizons… Et des cuisines différentes. D’un Bac scientifique raté « par deux fois », il tire profit pour s’initier aux arts culinaires et bien lui en prend. 

Certificat d’Apprentissage Professionnel (CAP) en poche, il est très vite recruté comme jeune commis dans les cuisines du Ritz à Paris, sous la houlette du Chef étoilé Christian Constant. Son chemin le conduit ensuite aux « Trois marches » et au « Potager du Roy », établissements réputés dirigés alors par Gérard Vié, à Versailles, avant que l’armée ne l’envoie dans l’Infanterie de Marine, au bord du fleuve Maroni, en Guyane, pour un service militaire actif.

 

Des palaces étoilés aux cuisines de la Résidence de France de Los Angeles

 

La suite est une succession de lieux et de rencontres : San Francisco, comme sous-chef d’abord, pour le Ritz-Carlton. Il y arrive avec deux valises en 1986, rencontre une Iranienne qui deviendra son épouse en 1987 et découvre le rôle des Unions, syndicat professionnel obligatoire dans la restauration. En 1994, une première mutation l’envoie à Marina Del Rey, puis Dubaï en 1998 pour mieux revenir à Half Moon Bay en 2001 et ne plus quitter la Californie que pour une courte escapade, à Toronto, en 2009, avant de monter sa propre société de consulting en restauration. 

Ensuite, c’est David Martinon, alors Consul Général à Los Angeles et fin gastronome (ndlr : aujourd’hui ambassadeur en Afrique du Sud) qui lui propose le poste de Chef de cuisine à la Résidence de France, « avec un plus petit salaire »… Mais le temps de « voir grandir son fils et de passer un peu plus de temps en famille ». Bruno Lopez salue aujourd’hui « ce temps fort où il m’a été permis de servir la France en essayant, chaque jour, de porter la gastronomie française à son plus haut niveau… J’ai beaucoup de reconnaissance pour la bienveillance de Monsieur Martinon avec lequel j’ai gardé un contact direct depuis toutes ces années ; à mon dernier passage à Paris, il a pris le temps de prendre un café avec moi. »

 

« Je ne suis pas là pour faire une carrière politique »

 

Quand on lui demande pourquoi il veut, aujourd’hui, passer du piano de chef du Ritz-Carlton de Rancho Mirage, en Californie, à la cuisine politicienne sous la bannière de l’ASFE, il répond sans détour : « Je ne suis pas là pour faire une carrière politique et je reste persuadé que l’idée de faire de la politique politicienne française à Los Angeles, sous la bannière d’un parti, est une erreur. Je souhaite simplement me mettre un peu plus concrètement au service de la communauté et continuer le travail fondamental accompli pendant ses 12 ans de mandat par mon ami Patrick Caraco que je connais depuis près de 30 ans.» 

« Je le remercie de m’avoir passé le flambeau car il a tissé et mis en place un réseau efficace et fraternel (et, pour moi, c’est bien plus qu’un mot dans la devise de la République !) au plus près des électrices et électeurs et de leurs préoccupations quotidiennes : sécurité, éducation (je sais ce que coûte le Lycée français !), les impôts, les problèmes de rapatriement, la retraite, poursuit Bruno Lopez. L’équipe que je conduis est fidèle à cette image de responsabilité et d’humilité que beaucoup de concitoyens nous reconnaissent depuis longtemps avec des talents et des parcours variés. »

 

« Un taux de participation ridiculement bas »

 

Sur le nombre important des listes présentes cette année, Bruno Lopez loue « la démocratie bien vivante » mais s’interroge sur les vraies raisons des uns et des autres à concourir : « Il est évident que l’élection sénatoriale de septembre prochain intéresse surtout les sénateurs soumis à élection (ou réélection) et que ceux-ci ont besoin des voix des grands électeurs que nous pouvons être. Sur le plan local, avoir été fonctionnaire pendant 35 ans ou chef d’entreprise ne vous qualifie pas automatiquement pour une telle responsabilité. Pas plus d’ailleurs que l’étiquette obtenue d’un parti ou le soutien d’une autre personnalité politique… »

« Rappelons simplement que Patrick Caraco était en tête avec 3 sièges à la dernière consulaire de 2021, mais avec seulement 530 voix sur un peu moins de 1800 votants, ce qui donnait un taux de participation ridiculement bas ! Cette année, il y aura beaucoup d’appelés mais aussi peu d’élus puisque 5 sièges seront attribués et que je pense, aujourd’hui, qu’aucune liste n’est en mesure de remporter deux sièges. C’est donc l’occasion, unique, de bien rester concentrés sur les résultats concrets obtenus par les listes connues dans le passé et non sur des promesses de campagne sans lendemain faites par des candidats quasi-inconnus de tous. »

 


Vous pouvez contacter Bruno Lopez : par mail à l’adresse paris10190@msn.com ou par WhatsApp.

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