Son nouvel album « Kordée » sortira le 23 janvier sur les plateformes de streaming, où il a déjà généré 150 millions d'écoutes avec sa musique électronique et orchestrale envoûtante. Le Savoyard Andy Favre, plus connu sous le nom d'Alpine Universe, s’est frayé un itinéraire singulier dans l’univers musical à Los Angeles. Rencontre.


Il a grandi sur les hauteurs de Tignes, où la force des montagnes forge les caractères, avec le rêve têtu de vivre de sa musique. Il est arrivé à Los Angeles à l’âge de 22 ans, sans aucun contact et avec juste une poignée de dollars en poche, mais sachant que cette ville du « tout-est-possible » était à conquérir pour réaliser ses rêves. Aujourd’hui, Andy Favre, connu sous son nom d’artiste Alpine Universe, vit de sa musique avec des centaines de millions de vues sur les plateformes. Il a financé une tournée en France avec ses musiciens et en prépare une autre aux États-Unis pour cette année.
Vous êtes arrivé à Los Angeles sans connaître personne, aujourd’hui vous travaillez avec Jared Leto, Kim Kardashian et bien d’autres. Très peu de musiciens français arrivent à percer ici. Comment avez-vous fait ?
Je suis effectivement arrivé seul, sans contact et sans compte en banque. Et j’ai dû travailler très dur pendant des années. Dès le début, j’ai pris conscience qu’Hollywood voyait l’art comme un produit ! Il fallait donc « marketer » mes créations pour avoir une chance d’être remarqué. Pour gagner ma vie, j’ai accepté toutes les opportunités qui se présentaient : prise de son, mixage sonore, beatmaking pour des artistes hip-hop, DJing ainsi que la composition de musique pour la télévision, les films et les publicités. En gagnant l’Insomniac Discovery Project en 2012, j’ai eu l’occasion de jouer devant des milliers de personnes à l’Electric Daisy Carnival (EDC) et au festival Nocturnal Wonderland et je me suis ainsi fait remarquer.
Très vite après, j’ai été appelé à travailler en studio avec Jared Leto et son groupe 30 Seconds to Mars puis on m’a embauché pour écrire des titres pour Fast and Furious, Kim Kardashian, Nike, RedBull, ainsi que les pubs du jeu vidéo Overwatch (NDLR : vendu à plus de 80 millions d’exemplaires dans le monde). Tout cela m’a forcé à travailler jour et nuit pour produire un volume considérable de musique dans des styles infiniment variés !
En parallèle, je sortais mes propres musiques sous le nom d’Alpine Universe tout en affinant un son et un univers très personnel. J’imagine que l’authenticité des chansons et l’originalité du son, qui n’avait aucun but commercial, est ce qui a touché les auditeurs.
Après plusieurs concerts ici, vous avez joué en Suisse l’été dernier ?
En effet, j’ai été appelé comme tête d’affiche à l’Arbor Pagan Festival (ndlr dont la première édition a eu lieu à Fribourg, en Suisse en 2025), avec un groupe de musiciens et j’ai pu jouer les chansons d’Alpine Universe en live devant mon public. Il était primordial pour moi d’apporter une expérience musicale dans le « monde réel » aux auditeurs qui me soutiennent depuis des années. Je profite de vos colonnes pour les remercier de tout cœur d’être venus et de me suivre si nombreux sur les réseaux sociaux.
Votre nouvel album « KORDÉE » sort le 23 janvier prochain sur les plateformes de streaming. Votre musique ne ressemble à aucune autre. Elle a quelque chose de symphonique, de grand… Est-ce l’air des sommets de vos montagnes qui vous a inspiré ?
Oui, mes montagnes sont une grande source d’inspiration. Toutes les grandes mythologies font référence à une montagne. C’est pour moi un symbole de contrastes : le danger et la beauté. Elles nous confrontent à nous-même, inspirent le dépassement de soi et l’élévation spirituelle. C’est le message que j’essaie d’illustrer dans mes textes et dans mon son, tant en Français qu’en Anglais.
Vous avez des projets orchestraux…
Ma passion pour la musique orchestrale m’a conduit récemment à composer une symphonie reprenant des titres incontournables du hip-hop californien. Lors du concert « Varietal Vibes » organisé par le Monarch Collective, j’ai collaboré avec Colin Wolfe, le légendaire producteur qui a façonné le son de la Côte ouest dans les années 1990 en produisant pour Dr. Dre, NWA, Outcast et bien d’autres. Toujours en explorant les contrastes, le « vieux monde » de l’Europe et de la musique classique mariés avec le « nouveau monde » des USA et du hip-hop.
Peut-on parler de rêve américain ?
Je travaille sur de nombreux projets en même temps. Les deux plus importants sont le concert « Varietal Vibes » à Los Angeles (dont j’annoncerais bientôt la date sur mes réseaux sociaux), plus une tournée américaine avec mon groupe pour cette année également. Je continue à travailler sur ma musique personnelle avec Alpine Universe. Cela a mis du temps, mais le projet a maintenant généré 150 millions d’écoutes et a illustré des centaines de milliers de vidéos sur les réseaux sociaux ! Je ne sais pas si on peut parler de rêve américain. En tout cas, on peut parler de persévérance et je pense qu’il ne faut pas se laisser intimider par le fait d’être un petit Français dans la grande Amérique. L’art n’a pas de nationalité, les artistes viennent de partout, il faut juste suivre ses rêves et travailler très dur.
Propos recueillis par Martine Laing

















