Édition internationale

Céline Amilien donne des ailes aux expatriées francophones avec The Elles Collective

Depuis 2020, Céline Amilien est à la tête de The Elles Collective, une association née en Californie qui soutient aujourd’hui plus de 200 femmes francophones dans leur projet professionnel aux États-Unis. Derrière le succès de ce réseau unique, une Française prête à déplacer des montagnes. Portrait.

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La présidente des Elles Collective au Consulat de Belgique de Los Angeles, où elle intervenait lors d'un panel, le 5 mars, à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes. © Agnès Chareton
Écrit par Sarah Jean
Publié le 6 mars 2026

 

Quand on débarque aux États-Unis pour la carrière de son partenaire, il faut reconstruire de nouveaux repères et une nouvelle vie. Mais le plus grand défi est de se réinventer professionnellement. Ce changement, Céline Amilien l’a vécu quand elle s’est installée en Californie il y a bientôt 7 ans. « Quand du jour au lendemain, tu n’es plus que la femme de ton mari, c’est une vraie perte d’identité de laisser sa carrière derrière soi. Et statistiquement, ce sont souvent les femmes qui sont dans cette situation », explique-t-elle. 

Un défi que cette Parisienne, installée à San Diego avec son mari et leurs trois enfants, a su transformer en aventure humaine. En 2019, elle a cofondé The Elles Collective en Californie, une association d’entraide pour les professionnelles francophones aux États-Unis. Parti d’une idée lancée par l’architecte d’intérieur Karine Hervouët autour d’un café, le réseau n’a cessé de grandir. Il dénombre aujourd’hui plus de 200 membres dans les chapters de Los Angeles, San Francisco, Orange County, San Diego, Denver et bientôt Chicago - dont le lancement officiel aura lieu le 7 avril - sans compter un chapter « virtuel » pour les Elles du reste du monde. Deux autres groupes sont en projet à Atlanta et Seattle.

 

Un réseau d’entraide puissant

 

« Les Elles veulent répondre aux besoins des femmes qui essayent de se relancer sur un marché du travail qu'elles ne connaissent pas, avec tous les obstacles du changement de culture et un manque de soutien, explique leur présidente. Notre réseau s’adresse aussi bien à celles qui ont un emploi qu’à celles qui sont en recherche, ou en création de leur projet entrepreneurial. Ce que le collectif apporte en terme de confiance en soi et de sortie de l’isolement, c’est hyper précieux.» 

 

Céline Amilien
Céline Amilien lors de l'inauguration du chapter de Denver des Elles Collective, le 1er décembre 2025. © DR

 

À travers des ateliers, séminaires et des évènements, The Elles Collective a tissé un réseau d’entraide puissant. Et si l’organisation a une certaine visibilité aujourd’hui, c’est grâce à l’énergie des bénévoles, à commencer par leur présidente Céline Amilien, qui a décroché le statut de “non profit 501” en 2020. Son passé de directrice générale adjointe de collectivité a aidé à naviguer à travers les méandres de l’administration américaine.


 

Un optimisme à tout épreuve


 

Plus encore que ses compétences, c’est son énergie que louent ceux qui croisent la présidente des Elles : « Elle est d’un optimisme à tout épreuve » reconnaît Lydie Laperal-Rocha. En trois ans de collaboration, la trésorière de l’association a régulièrement été surprise par la capacité de Céline Amilien à transformer « les obstacles en possibilités »

Parmi ses grandes victoires : obtenir la venue de Sharon Stone à leur premier gala de fundraising, en mai 2023. « Quand j’ai reçu le SMS qui confirmait sa venue, je n’y ai pas cru », avoue-t-elle. En avril 2025, les Elles ont aussi pu échanger avec Clarisse Agbegnenou, championne olympique de judo, lors d’une soirée qu’elles ont co-organisée à la Résidence de France de Los Angeles. Un moment privilégié.

 

Céline Amilien
Le 30 avril 2025, The Elles Collective ont co-organisée une soirée en l'honneur de Clarisse Agbegnenou, la championne olympique de judo, à la Résidence de France de Los Angeles. De gauche à droite : Adrien Frier, Consul général de France à Los Angeles, Clarisse Agbegnenou, Hervé Aka et Céline Amilien. © Christophe Ortega 

 

Jean-Baptiste Piron, attaché culturel de la Délégation du Québec à Los Angeles, avait déjà rencontré Céline Amilien en France, avant son expatriation. Il a été frappé par sa capacité à s’adapter, et surtout, à « diriger un réseau au style résolument américain », tout en y inscrivant une « sensibilité européenne » dans sa vision de l’accompagnement tout en « finesse » des talents féminins francophones aux États-Unis.

Cet équilibre entre les deux cultures, la Française a aussi su le trouver grâce au MBA qu’elle a obtenu à UCLA en 2024. Elle raconte :  « Être quasiment la plus âgée de la promotion, ça m’a forcée à sortir de ma zone de confort. [...] Mais l’expérience a été extraordinairement riche. [...] J’étais déjà en position de leadership auparavant, mais ce MBA m’a donné le vocabulaire et les cadres d’analyse pour aborder les problématiques business de manière plus structurée et plus data-driven.»

 

Une grande opération de fundraising au mois de mars 2026


 

À l’occasion du mois de mars, qui est à la fois « le mois des droits des femmes et celui de la francophonie », les Elles proposent de nombreux évènements pour lever des fonds pour l’association. Au programme : un atelier de création de macarons le 7 mars à Los Angeles, un vide-dressing le 8 à Pasadena, un atelier « Sip and Paint » le même jour à San Diego, une projection familiale le 20 mars à Orange County…. Les inscriptions sont ouvertes, et il n’y a pas besoin d’être membre pour participer. 

Céline Amilien rêve grand pour l’organisation, qu’elle espère voir grandir au-delà de ce qu’elle a créé, en passant le relais. En recherche d’un poste de directrice des opérations, idéalement dans la cleantech, elle est impatiente de pouvoir se consacrer à une nouvelle aventure. Et ainsi, un jour, laisser les Elles prendre leur envol.

 

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