Lepetitjournal.com a vu « Avatar : Fire and Ash », le troisième volet de la saga épique de James Cameron, au cinéma cette semaine dans le monde entier. Le film est beau et techniquement impressionnant. Mais ça ne fait pas oublier un sentiment de déjà-vu...


La saga Avatar est la réalisation d’un grand enfant de 71 ans. Comme Guillermo Del Toro et son « Frankenstein », James Cameron parle avec passion et conviction de ce projet qui l’occupe depuis 30 ans et qui l’occupera probablement jusqu’à la fin de sa vie si le box-office lui est clément (lire notre interview du réalisateur ici). Il rêve de faire deux films supplémentaires, au moins. Est-ce que le public suivra alors que la crise du cinéma ne cesse d’empirer ? Rien n’est moins sûr.
Avatar 3 a été tourné en même temps qu’Avatar 2 pour des questions financières et aussi pour réduire le temps entre la sortie des deux films. Rappelons qu’entre « Avatar » et « Avatar : La voie de l’eau », 13 ans s’étaient écoulés. C’est peut-être parce qu’il a fait les deux films dans le même élan qu’on a une grosse impression de déjà-vu. Le nez dans le guidon, James Cameron n’a semble-t-il pas remarqué qu’il tournait un peu rond.
« Avatar : Fire and Ash » reprend là où « Avatar : La voie de l’eau » s’était arrêté
« Avatar : Fire and Ash » commence là où le précédent s’était arrêté. Netayam, le fils aîné de Jake Sully et Neytiri, est mort. La mère est engloutie par la tristesse et la colère la dévore. Elle n’a jamais aimé l’humanité et par extension, elle déteste Spider, qu’elle tolérait jusqu’alors parce qu’il a grandi sur Pandora et qu’il est comme un frère pour ses enfants.
La famille Sully, forcée de quitter sa forêt luxuriante, vit désormais parmi les récifs et les îles du clan Metkayina. Il y a pire comme décor. Mais pas le temps de souffler et d’accepter l’absence de Netayam : le colonel Quaritch, très énervé, est de retour et il s’associe avec avec la cheffe du clan barbare Mangkwan, jouée par Oona Chaplin, avec comme projet de tous les exterminer.
Une intrigue qui peine à se développer
« Avatar : Fire and Ash » est un régal pour les yeux. La 3D est éblouissante, les paysages grandioses, les animaux merveilleux. Tout est très beau. Mais la prouesse technique ne fait pas oublier la pauvreté des dialogues, une intrigue qui peine à se développer, et l’absence de complexité de certains personnages. Varang, l’excitée à plumes rouges qui hurle de joie à chaque fois qu’elle tranche la queue de cheval d’un Na’vi, le privant de sa source d’énergie, manque de substance et elle n’est pas la seule.
Résultat : si on se régale visuellement, il n’y a ni frisson ni accélération cardiaque. À l’écran, ça s’agite, tout flambe, les scènes de bataille s’enchaînent jusqu’à l’indigestion, et… On décroche un peu, regrettant que le maître Cameron n’ait pas pris un peu plus de temps pour travailler son scénario.
Les regards sont maintenant dirigés vers le box-office. James Cameron ne s’en était pas caché lors de notre interview : il a besoin que l’argent rentre pour continuer. Et les cinémas ont besoin de lui pour démontrer leur utilité en ces temps bousculés. Le suspense, cette fois, se joue moins à l’écran que dans la réalité.
Sur le même sujet













