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LA 2028 : l’Équipe de France de Surf prend ses marques à Trestles

À J-676 des Jeux Olympiques de Los Angeles, l’Équipe de France de surf débarque à San Clemente au sud de la Califonie. Kauli Vaast, Vahine Fierro, Marco Mignot et Tya Zebrowski ont posé leurs valises pour un premier stage pré-olympique. En ligne de mire : la 9ème étape du Championship Tour, sur la vague même des Jeux de LA 2028. Reportage sur place avec Franck Pedretti.

L’Equipe de France de Surf @ Franck PedrettiL’Equipe de France de Surf @ Franck Pedretti
L’Équipe de France de Surf pendant leur stage d’entraînement pré-olympique à Trestles en Californie du Sud le 8 septembre 2026 @ Franck Pedretti
Écrit par Franck Pedretti
Publié le 9 septembre 2026

 

Lire l’article en anglais ici.

 

À une centaine de kilomètres au sud de Los Angeles, du côté de San Clemente, les Jeux font déjà quelques vagues. Bienvenue à Lower Trestles, « Lowers » pour les intimes. Un fond de galets et de roche transforme les houles du Pacifique en machine à vagues. À gauche, ça part. À droite aussi. Et c’est ici que six nouveaux médaillés olympiques seront sacrés dans 676 jours.

Pour Jérémy Florès, manager de l’Équipe de France, pas question d’attendre : « On entend dire : “Les Jeux, c’est dans deux ans, on a le temps !” Non. Les sélections commencent maintenant. Le compte à rebours est parti ! »

Officiellement, un stage. Officieusement ? Les premières répétitions de LA 2028 : « De mon temps, on n’avait pas tous ces moyens. C’est une chance inouïe de bien préparer nos jeunes et de les mettre en confiance. Un immense merci à la Fédération Française de Surf et à l’Agence Nationale du Sport, qui finance le haut niveau en France », ajoute Florès.

De Teahupo’o à Trestles

Après Tokyo en 2021 puis le récif et les tubes monstrueux de Teahupo’o en 2024, direction San Clemente en 2028.

Trestles, rapide, joueuse et régulière, est une sorte de skatepark aquatique. Pour Kauli Vaast, le Champion Olympique de Surf 2024, le contraste est saisissant : « À Teahupo’o, j’étais à la maison, sur une vague que je surfe depuis mon plus jeune âge. À Trestles, il faudra aller chercher l’Amérique chez elle… et il y a du lourd !»

Ici, les surfeurs locaux s’appellent notamment Griffin et Crosby Colapinto, deux frères de San Clemente qui ont grandi sur cette vague. Les Bleus joueront à l’extérieur.

 

L’Équipe de France de Surf pendant leur stage d’entraînement pré-olympique à Trestles en Californie du Sud le 8 septembre 2026 @ Franck Pedretti
L’Équipe de France de Surf pendant leur stage d’entraînement pré-olympique à Trestles en Californie du Sud le 8 septembre 2026 @ Franck Pedretti

 

Quatre surfeurs, quatre histoires

Débarqué de Tahiti, Kauli fonce à l’eau en shorty. Mauvais calcul : « J’étais glacé ! Passer du lagon à 28 degrés à quasiment 20… Mais mon premier ressenti en arrivant sur la plage a été de penser à l’échéance olympique, sans trop de pression. »

Pour Vahine Fierro, éliminée en huitième à Teahupo’o par Johanne Defay, future médaillée de bronze, Trestles ouvre une nouvelle page : « J’ai ma revanche à prendre. Je suis super excitée à l’idée de participer à mes deuxièmes Jeux. Et je me sens super à l’aise ici : mon papa est d’ici ! »

Et selon Marco Mignot, Rookie of the Year 2025 : « J’aime beaucoup ce spot. On peut tout faire, à droite comme à gauche. À moi de surfer au sommet de mes capacités… et de m’amuser. »

Tya Zebrowski, 15 ans, nous confie : « Les JO, c’est mon rêve. Mon papa y a participé deux fois en snowboard. Je compte bien être présente en 2028 et je vais tout faire pour. »

Deux ans ? Dans une préparation olympique, c’est demain matin.

Jérémy Florès, retour vers le futur

Jérémy Florès connaît l’adresse. En 2007, à 19 ans, le Réunionnais atteignait ici les demi-finales du Boost Mobile Pro. Presque vingt ans plus tard, le voilà de l’autre côté de la barrière, sur les traces de son père Patrick, longtemps entraîneur de l’Équipe de France : « J’ai été à la bonne école. Aujourd’hui, mon rôle, c’est de transmettre mon expérience à ces jeunes. On va tout faire pour qu’ils puissent briller ici en 2028. »

À ses côtés, le coach Joan Duru, 5ème aux JO de 2024 et Champion du Monde ISA en 2021, apporte son œil technique. Mais il faut aussi construire un groupe. Car c’est tout le paradoxe du surf olympique, on entre seul dans l’eau, mais les Jeux se préparent en équipe : « L’objectif est de créer un groupe solide, une bulle dans laquelle nos surfeurs seront en confiance », résume Pierre Loquet, membre du staff.

Dès le 11 septembre 2026, place au vrai test

Lower Trestles accueille la 9ème étape du Championship Tour. Plus question de repérage : les lycras seront de sortie, les juges aussi. C’est une répétition grandeur nature sur la future scène olympique.

Être à Trestles aujourd’hui ne garantit pourtant pas d’y être en 2028. Les Jeux accueilleront 24 hommes et 24 femmes : les billets passeront notamment par le Championship Tour 2028, les ISA World Surfing Games et les compétitions continentales.

Kauli, Vahine, Marco et Tya devront gagner leur place, mais à J-676, les Bleus ont déjà pris un peu d’avance. Une session après l’autre. Une vague après l’autre. Un détail après l’autre.

Faites vos Jeux ! Allez les Bleus, allez la France !

F.P.

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