Le 1er septembre, c’était la rentrée en France. Une date, un pays, des millions d’enfants qui reprennent le chemin de l’école en même temps. En Californie, rien de tout cela. Chaque district a son propre calendrier et, pour les parents expatriés, la rentrée réserve quelques surprises. Emmanuelle Franks vous les détaille.


En France, la rentrée est une institution. On achète les fournitures scolaires avec des listes précises : équerre, rapporteur, compas, un cahier bleu 24×32 et un classeur rouge avec quatre intercalaires. On achète de nouveaux vêtements, de nouvelles chaussures et on prépare le cartable pour le jour J.
En Californie, la rentrée a parfois lieu avant le 15 août, en pleine canicule ! À quelques kilomètres de distance, un enfant peut déjà avoir repris depuis une semaine tandis qu’un autre profite encore de ses vacances.
La fameuse porte ouverte réservée aux parents, la « Back to School Night » a, elle, généralement lieu un bon mois après la rentrée.
Le périscolaire version américaine
Deuxième découverte : l’after-school. Un programme de prise en charge indispensable quand les parents travaillent, parce que l’école termine généralement vers 2:30 p.m. Ce n’est pas toujours facile d’y avoir une place même quand un tel programme existe directement à l’école. Et il faut parfois participer à une loterie pour y accéder !
À côté de ces programmes, il existe des structures privées qui viennent - moyennant finances bien sûr - récupérer les enfants en bus ou en van pour les conduire dans leurs propres locaux. Et parfois, on peut oublier l’image de la garderie avec trois feutres et un ballon fatigué. Certaines structures proposent aide aux devoirs, arts, nouvelles technologies, sport… voire des cours de natation dans leurs propres installations.
Évidemment, encore faut-il obtenir une place. Pour les parents, décrocher le bon after-school program peut devenir le premier sport de compétition de l’année scolaire.
« Vous avez 14 nouveaux messages… »
L’école américaine communique énormément : applications, portails parents, SMS, e-mails du district, messages des enseignants, newsletters, appels téléphoniques automatisés… On est loin du bon vieux carnet de correspondance ! À la rentrée, votre téléphone connaît parfois mieux l’école que votre enfant.
Paradoxalement, au milieu de ce déluge d’informations, une question demeure : mais qu’a-t-il fait en classe aujourd’hui ?
Vous savez que vendredi sera Crazy Hair Day, que le PTA (la Parent Teacher Association) cherche quatre volontaires pour mardi prochain entre 8:15 et 10 a.m., que le parking sera fermé ce jeudi et que le principal souhaite à tous une « merveilleuse semaine »; en revanche, ce qui a été étudié en mathématiques ou en anglais restera un mystère.
Un Chromebook dans le cartable
Autre petit choc culturel : le numérique. Dès l’école élémentaire, iPads et Chromebooks peuvent faire partie du quotidien.
Le contraste est savoureux pour les parents français nourris aux débats sur la chasse aux écrans. À la maison : « Pose cette tablette immédiatement ! » À l’école : « N’oublie surtout pas de charger ton Chromebook ! ».
« Voici ma liste de fournitures à acheter sur Amazon »
Puis arrive un e-mail qui surprend souvent les nouveaux venus : la « wishlist Amazon » du professeur.
Mouchoirs, feutres, papier, livres, matériel de classe, posters… Chacun peut choisir un article et contribuer aux besoins de la classe.
À peine remis de cette découverte, vous rencontrez le PTA. Adhésion, cotisation, dons, fundraising : les parents participent très directement à la vie quotidienne et parfois même au financement des projets de l’école.
Et ils donnent aussi de leur temps.
Appel aux bénévoles !
Il en faut toute l’année pour la bibliothèque, pour encadrer une sortie, pour tenir un stand, pour apporter des gâteaux sans fruits à coque, pour le fundraiser, pour une fête dont vous ignoriez encore l’existence cinq minutes avant d’ouvrir l’e-mail.
À la rentrée, l’école américaine ne cherche pas seulement à inscrire votre enfant. Elle semble également très intéressée par vos compétences.
IEP, PTA… et nous sommes bientôt bilingue en acronymes
Quand un enfant a des besoins éducatifs particuliers, on découvre également l’IEP (Individualized Education Program), un dispositif individualisé qui définit les services, objectifs et aménagements dont bénéficie l’élève. Et là, le parent expatrié enrichit rapidement son vocabulaire administratif avec : case manager, accommodations, speech therapy, counseling…
Sur le papier, le système est extrêmement structuré. L’IEP détaille les objectifs, les services, les adaptations en classe ou lors des évaluations et les différents professionnels qui interviennent auprès de l’enfant. Dans la réalité quotidienne, le parent doit aussi apprendre à naviguer dans le système : identifier le bon interlocuteur, vérifier que le dossier a bien suivi lors d’un changement d’établissement, demander quand les services commenceront, savoir qui devient le nouveau case manager…
La rentrée peut alors se transformer en succession d’e-mails et de coups de téléphone. Au bout de quelques semaines, le parent expatrié maîtrise donc PTA, IEP, after-school, wishlist, Chromebook, Google Classroom et SignUpGenius. Il consulte trois plateformes avant son premier café de la journée et sait exactement quel jour apporter une boîte de lingettes nettoyantes à l’école.
En France, la rentrée commence souvent par une liste de fournitures longue comme le bras. En Californie, on vous fournit parfois le Chromebook… mais on vous demande d’acheter les Kleenex !
Deux cultures de la rentrée. Et dans les deux cas, une certitude : les parents ont aussi des devoirs !
E.F.
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