Alors que Donald Trump a confirmé la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, ce samedi 28 février, au cours de l’opération menée conjointement par Israël et les États-Unis en Iran, les Iraniens de Los Angeles sont partagés entre inquiétude et espoir pour l’avenir de leur pays.


Ils sont 500 000 dans l’ouest américain et plus d’1,5 million sur le territoire des États-Unis. Les Iraniens américains sont arrivés, pour la plupart, voici plus de 45 ans, juste après la chute du Shah Mohammed Reza remplacé, en 1979, par le régime islamiste des mollahs. Nombre d’entre eux sont francophones.
L’opération militaire conduite ce week- end par Israël et les États-Unis, lassés que les pourparlers sur la dénucléarisation de l’Iran s’enlisent, risque bien de placer Donald Trump dans une position impossible avec sa base MAGA à laquelle il avait promis qu’il ne démarrerait aucun autre conflit durant son mandat à la Maison-Blanche.
Même si le Guide Suprême l’ayatollah Ali Khamenei, 86 ans, a été tué, selon les Américains, dans cette opération, il reste que les gardiens de la révolution, au nombre de 125 000, ne rendront probablement pas les armes facilement, ce qui pourrait conduire à l’embrasement de toute la région dans les jours à venir.
« Il faut que les mollahs rendent le pouvoir au peuple »
Les Iraniens en exil en Californie sont partagés entre deux sentiments que résume Hiram, un commerçant de la Vallée de Los Angeles, au nord de la ville : « On sait que plus de 30 000 personnes ont déjà été tuées dans les émeutes qui ont débuté le 28 décembre dernier à Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation (ndlr : à plus de 40%) et le marasme économique. Aujourd’hui, c’est un double constat d’échec politique et économique. Il faut que les mollahs rendent le pouvoir au peuple, mais est-ce que le fils du Shah, Reza Pahlavi, sera le bon choix pour une transition démocratique ? »
Celui-ci a quitté l’Iran alors qu’il n’avait que 17 ans, exilé d’abord au Caire (où son père l’empereur mourra d’un cancer en juillet 1980), puis au Maroc, au Mexique, aux Bahamas et enfin aux États-Unis, où il est devenu diplômé en sciences-politiques puis pilote militaire d’avions de combats. Soutenu par la diaspora en exil, il a, depuis les années 90, pris la tête de l’opposition au régime actuel et son retour pourrait, au moins pour les jeunes générations qui n’ont pas connu les années sombres de la dynastie Pahlavi, redonner un souffle d’espoir.
Réussira-t-il à reprendre en main un pays de plus de 90 millions d’habitants, aujourd’hui exsangue, alors qu’il abrite tant de talents intellectuels, sans parler de ses ressources économiques et notamment pétrolières ?






















