Autour d’un matcha à Los Angeles, Barbara Guillaume nous raconte son parcours avec une sincérité désarmante. Ancienne mannequin franco-espagnole, devenue maquilleuse prisée des célébrités, puis cofondatrice de la marque de soins Circa 1970, elle incarne une trajectoire faite d’intuition, de résilience et de transformations successives. Portrait.


Née d’un père français et d’une mère espagnole, Barbara Guillaume grandit en Seine-Saint-Denis et quitte le 93 à l’adolescence. « Je voulais partir, découvrir autre chose », confie-t-elle. Le mannequinat devient son passeport pour le monde et elle s’installe à Barcelone. Barbara Guillaume enchaîne alors les projets dans toute l’Europe, travaille beaucoup et se retrouve notamment en couverture du mensuel féminin Marie Claire.
C’est à Barcelone qu’elle devient maman, avant de s’installer à Los Angeles à 25 ans, portée par le rêve hollywoodien de son ex-mari. Elle souhaite y poursuivre sa carrière de mannequin mais le contraste est brutal. Loin de ses bases européennes, les opportunités se raréfient. « La vie peut changer très vite », dit-elle. Des campagnes prestigieuses dont elle avait l’habitude, elle se voit proposer des animations commerciales payées quelques centaines de dollars. La chute est rude, mais formatrice.
Ses débuts à Los Angeles sont semés d’embûches, jusqu’à ce coup de fil décisif
Plutôt que de renoncer, Barbara Guillaume se réinvente. Entourée de photographes et de mannequins, elle décide de se lancer dans le maquillage. Les débuts sont semés d’embûches : refus d’agences, manque de crédibilité. Jusqu’à ce coup de fil décisif. Un ami photographe, en plein shooting avec l’acteur Colin Farrell, se retrouve sans maquilleuse et lui demande de venir immédiatement. Elle saisit sa chance. Sa carrière est lancée.
Très vite, elle trouve sa voie : le grooming masculin. Parmi ses clients, des célébrités comme Tom Hardy, Tom Hanks, Leonardo DiCaprio, Josh Duhamel ou encore Bradley Cooper. Mais aussi des stars françaises, de Johnny Hallyday à Omar Sy en passant par Jean Dujardin. « Avec les hommes, il y a une confiance plus directe », explique-t-elle. Un lien simple, sans artifices, qui correspond à son tempérament franc et sincère.
Elle formule ses propres mélanges d’huiles de beauté : rose musquée, bois de santal, moringa…
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Pendant la pandémie, Barbara Guillaume retourne à une passion plus intime, les huiles de beauté. Un jour, presque par hasard, elle commence à formuler ses propres mélanges : rose musquée, bois de santal, moringa... « C’était très instinctif, presque méditatif », se souvient-elle. Le résultat la surprend elle-même. Une texture, une odeur, une efficacité qu’elle n’avait jamais rencontrées.
Elle teste d’abord sur elle, puis se lance sur ses clients. Tom Hanks est le premier. Elle pose ses mains sur son visage. Réaction immédiate : « What’s that smell ? ». Angoisse. Moment de flottement. Puis l’enthousiasme. L’acteur adore et commande immédiatement des dizaines de flacons pour ses proches. Une validation rare dans une industrie où tout se négocie. L’huile est validée.
Avec Amy Komorowski, elle fonde Circa 1970
Face à la demande croissante, Barbara Guillaume s’associe avec Amy Komorowski, une amie maquilleuse basée à New York. Ensemble, elles fondent en 2020 Circa 1970. D’une production artisanale à domicile, la marque évolue vers une fabrication structurée à Los Angeles, tout en conservant une exigence absolue sur la qualité des ingrédients.
Aujourd’hui, Barbara Guillaume jongle entre ses clients fidèles et le développement de nouveaux produits. Mais derrière le succès, elle garde une vision lucide. « Le secret, c’est de continuer, même quand c’est dur. Tu as le droit d’être à terre, mais pas de t’arrêter. » Barbara Guillaume trace un chemin singulier, guidé par l’instinct plus que par les règles, et porté par une conviction simple : se réinventer est toujours possible, et « non » n’est jamais une réponse définitive.






















