Édition internationale

Martine Melloul, une productrice française intrépide à Hollywood

L'histoire de Martine Melloul se lit comme un scénario qu'elle pourrait un jour produire : celle d'une cadre française qui a décidé que conquérir le monde de la mode n’était qu’un simple échauffement, avant de monter sa propre société de production à Los Angeles, il y a bientôt 10 ans. Son dernier film produit, « Les Âmes en peine », réalisé par Quarxx, arrive en février au Festival de Berlin. Portrait d’une brillante reconversion.

Martine Melloul Awards Brunch Media Wall (1)Martine Melloul Awards Brunch Media Wall (1)
Martine Melloul a fondé sa société de production Kali Pictures à Los Angeles il y a bientôt 10 ans. © DR
Écrit par Claude Budin-Juteau
Publié le 28 janvier 2026, mis à jour le 29 janvier 2026

 

C’est dans le monde de la mode que Martine Melloul a commencé. « En 1999, je suis venue aux États-Unis travailler pour BCBG Max Azria » explique-t-elle. « J’y ai travaillé pendant 17 ans et suis devenue vice-présidente du groupe. » Mais en 2016, la société est vendue et pressentant la fin, un an auparavant, la Française a déjà commencé à mener secrètement une double vie : le jour, elle gère les chaînes d'approvisionnement ; la nuit, elle est étudiante à UCLA Extension, où elle obtient discrètement son diplôme dans le programme « Business Management Industry ». 

Née en France avec le cinéma dans le sang, Martine Melloul ne se contentait pas de regarder des films, elle les dévorait littéralement. Enfant, elle ratait les rentrées scolaires pour aller au Festival du film de Deauville avec sa mère, critique de cinéma. Lorsque BCBG est vendue, elle ne se retire pas dans une villa en Provence, non, elle se tourne vers son « rêve américain » et fonde sa société de production, Kali Pictures. « Ça va faire 10 ans au mois de mai prochain » annonce-t-elle fièrement.

 

Sa filmographie : extraterrestres, comédies romantiques et films d’horreur

 

La liste des productions de Martine Melloul est aussi éclectique qu'une garde-robe bien assortie. Elle ne s'est pas lancée timidement à Hollywood, là où on commence généralement par des courts-métrages, mais a plongé tête la première avec « Beyond the Sky » (2018), un thriller de science-fiction impliquant des enlèvements extraterrestres et de nombreux effets spéciaux, loin du monde de la mode. 

 

Martine Melloul Los Angeles
Martine Melloul a produit "Breaking and exiting" avec, parmi les acteurs, Milo Gibson, le fils de Mel Gibson, Joaquim de Almeida et la cascadeuse Cécile Cubílo. © DR

 

« Avec une copine, Rebecca, on a donc commencé avec un long métrage de 1 million de dollars, tourné dans trois États, avec une équipe de 150 personnes » raconte la productrice qui n’a pas eu froid aux yeux. La même année, elle enchaîne avec « Breaking & Exiting », une comédie romantique écrite par Jordan Hinson et réalisée par Peter Facinelli, avec pour acteurs Milo Gibson, le fils de Mel Gibson, Joaquim de Almeida et la cascadeuse Cécile Cubílo, entre autres. Un film à petit budget, mais son succès a prouvé que Martine Melloul savait aussi bien traiter les questions de cœur que les menaces extraterrestres.

Puis elle enchaînera avec deux films d’horreur, « The Mean One » avec pour réalisateur Steven LaMorte et « Pandemonium » écrit et réalisé par Quarxx. Elle a d’ailleurs produit le tout dernier film de Quarxx, « Les Âmes en peine », qui va être présenté au Festival de Berlin en février. « Et puis j’ai produit un autre film d’horreur qui est sorti en 2025 et qui a eu un buzz incroyable, « Screamboat » avec un Mickey Mouse qui tue des gens sur un bateau », continue la Française qui précise que dans cette parodie de « Steamboat Willie », le personnage de Mickey Mouse venait juste de passer dans le domaine publique 70 ans après sa création et était donc libre de copyrights auprès de Disney. 

 

 

Martine Melloul a aussi produit plusieurs documentaires, notamment « Women Who Run Hollywood » avec Clara et Julia Kuperberg, qui avait gagné le prix de la meilleure réalisation au « Beverly Hills Film Festival » ou encore leur tout dernier film, « Les Latinos à Hollywood », qui vient d’être diffusé sur TCM Cinéma en France, ainsi que diverses productions pour Arte ou Orange Studios. 

 

« J’aime passer 16 à 17 heures par jour sur un plateau de tournage »

 

Et quand on lui demande quelles qualités il faut pour être un bon producteur, elle s’empresse de dire : « Il ne faut pas avoir peur qu’on vous claque la porte au nez, ça fait partie du métier » ou encore : « Il faut être tenace. Moi je peux envoyer le même courriel 15 fois de suite jusqu’à ce qu’on me donne une réponse ! » Et finalement : « Il faut être organisé et avoir un certain goût pour savoir ce qui va marcher ou pas. » 

Martine Melloul a choisi d’habiter à Palm Springs, à deux heures de route de la Cité des Anges, « parce que je n’en pouvais plus de la circulation à Los Angeles », avoue-t-elle. Quant à ce qu’il lui plaît le plus dans sa profession, « c’est de passer 16 heures à 17 heures par jour sur un plateau parce que j’aime travailler avec les gens » conclut celle qui avoue être un peu « maso ». Une masochiste très talentueuse et heureuse dans sa nouvelle passion.

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.