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Mon quartier : Finsbury vu par la coiffeuse Margaux Cras

Par Fiona Farrell | Publié le 09/04/2019 à 15:01 | Mis à jour le 09/04/2019 à 16:46
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Margaux Cras fait partie des Français qui ont eu un vrai coup de cœur pour Londres. Après avoir vécu de nombreuses expériences dans la coiffure, sa passion, la jeune Lilloise est désormais à la tête de son propre salon de coiffure à Finsbury.

 

Qui êtes-vous et que faites-vous ?

J’ai ouvert Margaux Salon fin 2017 à Londres. Ma mère et ma grand-mère sont coiffeuses. C'est assez contradictoire, mais mes parents ne voulaient pas que je fasse de la coiffure. Ils auraient préféré que je passe mon bac plutôt que de me diriger vers un parcours professionnel. A l'âge de 14 ans, je suis partie passer un été à Nice. J’ai frappé à la porte d’un salon de coiffure partenaire du festival de Cannes. Je n'avais aucune formation ni expérience, mais ils m'ont donné ma chance. J’ai ensuite étudié pendant quatre ans dans une école de coiffure et d'esthétique à Lille. J'ai travaillé en alternance chez Jacques Dessanges, puis dans un autre salon indépendant. J’ai beaucoup appris beaucoup sur le côté humain et le management. Une fois mon diplôme en poche, je suis partie explorer l’Australie. J'avais vraiment envie de voyager avec mon compagnon de l'époque. Quand je suis rentrée, j'ai ouvert mon premier salon à l'âge de 20 ans. Rapidement, je me suis demandé si j'étais à ma place. J'ai eu l'impression d'être allée trop vite. Alors j'ai décidé de vendre le salon.

Quel est le concept de Margaux Salon ?

Le concept du salon, c'est de développer la beauté dans son ensemble, en utilisant des produits qui soient le plus naturel que l’on puisse trouver sur le marché. La plupart de nos produits sont organiques ou vegan. Nous essayons de faire le plus attention possible à la planète, à nos employés et à nos clients. Je voulais quelque chose de sain de A à Z. Nous travaillons en exclusivité avec Natulique, une marque danoise qui partage de nombreuses valeurs avec notre salon. Nous favorisons des produits de qualité, quitte à faire moins de marge. Ce n'est pas le business qui m'intéresse. Pour moi, l'important, c'est de faire un métier qui me plaît et qui rend les gens heureux. Je partage cette passion avec Vincent, mon business partenaire. Nous avons une équipe de huit personnes avec qui nous avons développé plusieurs services comme la manucure, la pédicure, la pose de cils.

Depuis combien de temps vivez-vous ici et pourquoi Londres ?

Lors d'un week-end à Londres, j'ai postulé sur un coup de tête au salon de coiffure Splash à Soho. J'ai adoré la ville alors j'y suis allée au culot. J'ai poussé la porte d'un endroit, j'ai senti que c'était le bon et j'ai foncé. Cela fait partie de la magie de Londres. Tu fais des choses que tu ne feras jamais ailleurs et tu n'as peur de rien. Là-bas j'ai rencontré quelqu'un qui rêvait de partir en Australie. J'ai encore suivi mon intuition et j’y suis partie de nouveau. J'ai été prise pour un poste de manager dans un nouveau salon sur la côte est australienne. J'y ai passé un an avant de revenir à Londres. L'idée me trottait toujours dans la tête. J'ai travaillé à mon compte dans un salon à Chelsea. Puis j'ai rencontré Vincent, mon partenaire actuel. Et là, ma vie a changé car j'ai été contactée par le directeur général de Dessanges Paris. Une aventure incroyable a commencé. Il m'a proposé d'ouvrir la master franchise de Dessanges au Royaume-Uni. Vincent m'a aidé à réalisé un business plan. Nous y avons passé des nuits blanches. Un mois plus tard, je suis allée le présenter à Paris, sur les Champs-Élysées et j'ai été sélectionnée. J'ai travaillé pendant un an à trouver des investisseurs. Nous étions en phase finale pour le lancement de la première boutique, quand j’ai décidé de quitter le groupe. Je me suis dit que je ne me reconnaissais finalement pas dans cette marque, qui m'avait pourtant tellement fait rêver. Alors je leur ai annoncé que j'arrêtais et c'est comme cela que Margaux Salon est né.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans la ville ou dans la culture anglaise ?

La chose la plus marquante pour moi à Londres, c'est la liberté. C'est le fait de faire ce que tu veux, quand tu veux. C'est vraiment dans la culture anglaise et c'est la plus grande des richesses. Les Anglais sont tout le temps positifs, ils te poussent vers le haut. Ils saisissent les opportunités en se disant que si cela ne fonctionne pas, ils feront autre chose. En France, les gens ont plutôt tendance à voir les risques et à moins oser se lancer.

Qu'est-ce qu’il ne faut absolument pas rater à Finsbury, votre quartier ?

S'il y a bien une chose qu’il est impossible de rater c'est le stade d’Arsenal. Je n'y vais pas souvent, mais quand il y a un match ici, on l'entend. Après, on a la chance d'avoir de nombreux espaces verts comme Clissold Park ou Finsbury Park bien sûr. L'été, de nombreux festivals y sont organisés, notamment le Wireless. Pas très loin, j'aime aussi aller me promener à Alexandra Palace, surtout l'hiver pour la patinoire ! Je connais aussi un pub vraiment super qui s'appelle The Faltering Fullbach : un magnifique endroit avec plusieurs terrasses toutes fleuries. C'est un vrai pub anglais où il faut absolument amener ses amis français lorsqu’ils viennent visiter Londres. Impossible de ne pas parler de La Fromagerie, très pratique pour trouver du bon fromage français, le café Sage que j'aime pour son ambiance atypique et organique, le restaurant Season pour un dîner romantique intimiste et très très bon.

Quel est votre QG : là où on a le plus de chances de vous trouver ?

L'endroit où on a le plus de chances de me trouver, c'est évidemment mon salon. C'est ma passion, donc j'y passe vraiment beaucoup de temps. En fait le matin je n'ai pas l'impression d'aller travailler… et c'est une chance !

Fiona Farrell

Fiona Farrell

Rédactrice stagiaire au sein de l’équipe LePetitJournal.com de Londres. Journaliste apprentie à l’ESJ Pro
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