Samedi 15 mai 2021

À Londres, l'école à distance rime avec socialisation

Par Colin Porhel | Publié le 16/04/2021 à 21:29 | Mis à jour le 16/04/2021 à 21:29
Photo : Maria Thalassinou - Unsplash
socialisation école distance

Largement plébiscitée pendant la pandémie, l’école à distance fait pourtant l’objet de vifs débats. Au cœur des interrogations transparaît la problématique de la socialisation des enfants. Les équipes de Pazapa, qui instruisent des élèves en ligne depuis 2016, reviennent sur la question.

 

Comment percevez-vous le rôle de l’école dans l’apprentissage de la socialisation par un enfant ?

« L’école est un lieu dans lequel les enfants et les adultes se rencontrent pour œuvrer ensemble. Toutes les personnes présentes doivent respecter les règles du vivre ensemble. En ce sens, un établissement scolaire constitue un lieu d’instruction dans lequel l’apprentissage de cette vie en communauté fait partie intégrante de la formation. »

 

Justement, comment apprendre le vivre ensemble à un enfant alors que les seules interactions régulières qu’il expérimente avec d’autres personnes de son âge ont lieu lors de travaux de groupe à distance ?

« Pazapa propose de nombreuses activités parascolaires, à l’image des cours de cuisine ou des activités scientifiques, qui permettent à nos élèves de développer leurs habiletés sociales. Elles regroupent des enfants d’âges variés et venant de pays du monde entier, prodiguant ainsi une grande diversité de langues et de cultures. Par ailleurs, l’établissement met en œuvre d'autres moyens qui contribuent au développement des compétences sociales. Ainsi, les élèves du primaire et du secondaire se réunissent à chaque période lors du "Conseil des élèves" en présence d'un enseignant animateur. Ce temps de discussion permet de prévenir ou résoudre les difficultés observées en classe dans un esprit de coopération et de respect mutuel afin d'instaurer ainsi un climat scolaire propice aux apprentissages. L'objectif est aussi de permettre aux élèves de développer des compétences nécessaires à la construction de personnes autonomes et responsables. Pour autant, ce ne sont pas les seules interactions des enfants instruits en famille. L’apprentissage du vivre ensemble ne s’opère pas exclusivement à l’école, mais tout d’abord, et dès le plus jeune âge, au sein de la cellule familiale. Les enfants seront ensuite amenés à découvrir de nouvelles animations à l’extérieur de ce cercle, grâce notamment au sport, aux activités artistiques et culturelles, ou à la rencontre avec d’autres familles. »

 

En dehors des travaux de groupe, quelles méthodes existent pour favoriser la socialisation des enfants qui étudient à distance ?

« L’instruction en famille permet d’avoir plus de temps et de liberté pour pratiquer des activités à l’extérieur et pour aller dans le sens de la socialisation. Les élèves instruits en famille peuvent y rencontrer des personnes de tous horizons. Généralement, ils n’ont pas de difficultés à aller vers les autres. Ils bénéficient donc d’une pluralité de possibilités pour appréhender le vivre ensemble, tant avec d’autres personnes de leur âge, qu’avec des enfants plus jeunes ou plus âgés. Par conséquent, l’environnement de l’élève est plus riche et plus propice à la socialisation. Sans omettre le développement des réseaux sociaux, qui facilite la socialisation à distance. Cette évolution nous force à constater que les nouveaux médias deviennent des instances principales du vivre-ensemble, particulièrement chez les adolescents. »

 

Comment combler le temps de récréation, qui n’existe pas forcément lors d’une instruction à distance, et qui est propice aux rencontres ?

« Les temps de pause ou de récréation en IEF (instruction en famille, ndlr) sont indispensables. Chez Pazapa, nos élèves ont également une pause entre deux heures de cours lors de laquelle ils peuvent interagir comme ils le feraient en récréation. Nous encourageons aussi les rencontres entre familles proches géographiquement afin qu’elles puissent partager des activités extérieures. Les enfants se retrouvent et créent des amitiés en dehors de la classe virtuelle. Pazapa organise même régulièrement des sorties pour introniser un moment de convivialité. »

 

Quels avantages et inconvénients voyez-vous à instruire son enfant en famille quand il est question de socialisation ?

« Nous pensons que la socialisation s’apprend partout et tout le temps. Ainsi, l’IEF est plus propice à la construction de la socialisation que l’école en présentiel, car son cadre est plus souple, plus à l’écoute du rythme de l’enfant, de ses difficultés et de ses centres d’intérêt. Davantage d’activités au sein desquelles l’enfant va pouvoir interagir avec son environnement et les autres peuvent être mises en place. »

 

Comment se déroule la socialisation lorsque les élèves retournent dans un établissement physique ? N’est-il pas un peu perdu ?

« Comme pour chaque individu lorsqu’il découvre un nouveau lieu, avec une nouvelle organisation, un temps d’adaptation sera nécessaire. Néanmoins, l’enfant instruit en famille a l’habitude de sortir, de voyager, de rencontrer de nouvelles personnes et de se confronter au monde réel. Il s’adaptera d’autant plus vite et plus facilement que les élèves qui n’auront connu qu’une seule école. »

 

Et au contraire, pour les enfants souffrant de phobie scolaire, l’IEF peut-elle leur permettre de réapprendre à socialiser ?

« Un enfant qui souffre de phobie scolaire a souvent vécu une expérience traumatisante à l’école. Il doit être soutenu par sa famille et suivi par des spécialistes qui pourront l’aider à affronter son traumatisme. Chez Pazapa, nous utilisons une pédagogie centrée sur l’élève, qui respecte sa nature et son fonctionnement. La coopération avec la famille et les spécialistes nous permet de proposer un enseignement différencié et adapté à tout type d’apprenant. De plus, les effectifs de nos classes sont restreints et nos professeurs veillent à instaurer un climat de bienveillance, propice au dialogue. Cet environnement permet, notamment à l’enfant souffrant de phobie scolaire, de gagner en confiance et de réapprendre, de manière différente, l’interaction avec autrui. »

 

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Colin Porhel - journaliste

Colin Porhel

Etudiant en troisième année de licence en Langues Etrangères Appliquées à l’Université de Brest Occidentale (UBO).
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