De passage à l’Institut français le temps d’une soirée, Guillaume Gallienne, acteur et scénariste français, s’est livré avec sincérité sur ses racines et ses souvenirs de famille. Venu présenter son dernier livre, Le Buveur de brume, il nous a permis d’en apprendre davantage sur lui et sa perception de la vie.


Un partage entre le public et Guillaume Gallienne s’est tenu. Venu présenter son nouvel ouvrage, Le Buveur de brume, Guillaume Gallienne s’est livré sur ses racines ou encore son rapport complexe à l’héritage familial. Dans le cadre de la collection Ma nuit au musée, Guillaume Gallienne devait passer une nuit seul dans un musée pour écrire un livre. Si la Russie était son premier choix, l'actualité en a décidé autrement. Il a pris la direction de la Géorgie, terre de ses ancêtres.
« Rien ne s'est passé comme prévu », raconte-t-il. Venu pour admirer le portrait de son arrière-grand-mère au Musée national, il se retrouve face à un quiproquo administratif, et finit devant un tableau posé au sol dans une galerie secondaire. « C'était comme une grosse gifle dans la figure. Je me suis senti insulté, traité comme un touriste », a-t-il expliqué, en évoquant la découverte du tableau de son aïeule. Mais c’est justement ce choc qui a servi de déclic à son récit.
Guillaume Gallienne veut se libérer de son héritage
La discussion s’est rapidement tournée vers sa famille. Avec émotion, Guillaume a évoqué la figure de sa grand-mère, femme polyglotte et solaire, et celle de sa mère, qu’il appelle la « princesse de la mélancolie ».
Pour l'acteur, le but était de transformer un héritage complexe en un espace de liberté pour les générations futures. « En France, on peut refuser un héritage financier, mais qu’en est-il de l’héritage psychologique ? » interroge-t-il. Ce livre, il l’a écrit pour son fils de 19 ans, comme un message libérateur lui confiant qu’il n’a pas à porter tout le fardeau de la famille. Il explique que son récit est devenu une solution contre l'isolement et ce penchant néfaste à répéter les schémas familiaux.
Le théâtre : une échappatoire
Par l’écriture, Guillaume Gallienne pose des mots sur ses colères transmises par un père silencieux et une mère mélancolique. Il pense que le déclic de son écriture est venu d'un ami écrivain lui disant que « le premier jet est toujours raté, et c'est tant mieux car ça ne peut que s'améliorer ». Cette décomplexion lui a permis d'écrire en un temps record.
« Le théâtre m'a sauvé la vie, car c'est le seul endroit où j'ai le droit de dire que j'ai mal »
Pour lui, jouer la comédie est devenu une bouffée d’oxygène, un moyen d'échapper à une famille où il se sentait étouffé. Le comédien a confié que le théâtre a été sa véritable thérapie. Issu d'un milieu où l'on ne se plaignait jamais, comme aimait bien lui dire sa mère : « Arrête ton cinéma, il y a des gens qui souffrent vraiment ». La scène est devenue sa zone où sa douleur était légitime et acceptée. « Le théâtre m'a sauvé la vie, car c'est le seul endroit où j'ai le droit de dire que j'ai mal », confia-t-il avec émotion.
Une carrière marquée par l’art de l’écoute
Malgré une carrière internationale, avec de nombreux films comme Marie-Antoinette ou The regime, Guillaume Gallienne reste très attaché à sa langue maternelle et à ses auteurs préférés comme Proust ou Molière. Un nouveau projet avance pour Guillaume, consacré aux femmes, explorant un univers où il s’est beaucoup questionné étant plus jeune. Il se décrit comme ayant une capacité à entendre ce que les autres ne disent pas, héritée d'une enfance à observer une mère complexe. Cette pratique reste, selon lui, sa plus grande force d'interprétation.
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