Winston Churchill : quand les parents ont la joie de revivre leurs années lycée !

Par Laurent Colin | Publié le 07/02/2022 à 22:04 | Mis à jour le 07/02/2022 à 22:04
Photo : Amélie Mallet et d'autres parents lors des "LILUMINATIONS" du Lycée International Winston Churchill
Kermesse de Noël du Lycée international de Londres Winston Churchill

Nous avons eu plaisir, au fil du temps, à échanger avec les élèves du Lycée International de Londres Winston Churchill, à vous présenter certains anciens, à interviewer les professeurs, la proviseur Mireille Rabaté et d’autres membres du staff. Et c’est aussi un vrai bonheur maintenant de converser avec les parents. Comme leurs enfants, ils vivent très bien cette « nouvelle scolarité ». Regroupés au sein d’une association, ils se font également des « camarades » et veillent surtout au bien-être de leurs enfants.

 

L’APLIL – Association des Parents du Lycée International de Londres - a été créée dans le sillage de l’ouverture de l’établissement, à la rentrée 2015. Pour mieux connaître son fonctionnement et également son champ d’action, nous avons rencontré son ancienne présidente, Amélie Mallet.

 

Bonjour Amélie, pouvez-vous nous présenter brièvement l’APLIL ?

C’est l’association des parents d’élèves du Lycée. De tous les parents ! À partir du moment où vos enfants sont scolarisés au Lycée International de Londres Winston Churchill, vous en faites partie. Gratuitement. Il y a une vraie volonté d’intégrer les parents à la vie du lycée, de Wembley, de Londres. L’association est gérée par un « bureau » d’une dizaine de personnes, désormais piloté par Sophie Gainnet, la nouvelle présidente, arrivée cette année à l’école, et secondée par Salima Arnold (arrivée un an plus tôt). Après mes deux années à la tête de l’association et un « board » que je n’ai pas quitté depuis la création, c’est bien de miser sur de nouvelles têtes. Sophie et Salima apportent leur regard neuf sur le Lycée. Elles capitalisent sur tout ce qui a été mené les premières années et amènent aussi en même temps un nouvel élan avec des nouvelles familles et de nouveaux parents. Comme j’ai désormais beaucoup d’autres responsabilités par ailleurs, il était bienvenu pour moi de passer la main.

 

alima Arnold et Sophie Gainnet, toutes deux à la tête de l’APLIL
Salima Arnold et Sophie Gainnet, toutes deux à la tête de l’APLIL

 

Une association ouverte à tous, sans cotisation pour les membres, vous y tenez ?

Oui, le côté « inclusif » est une priorité pour l’association. L’adhésion est gratuite. Nous imaginons des événements auxquels tous les parents peuvent participer. Sans frein financier. Nous avons une vraie volonté de fédérer tout le monde et surtout de n’oublier personne. Ainsi notre soirée annuelle, la « Parents Night », n’est pas une soirée de gala mais une boum géante dans le gymnase de l’école. L’APLIL est l’association de tous les parents quelle que soit leur origine, leur culture, leur situation financière.

 

Vous n’êtes plus la présidente, mais on vous sent toujours enthousiaste et très impliquée

Oui, effectivement. L’idée n’était pas de tout quitter du jour au lendemain. J’assure d’une part la transition avec la nouvelle équipe et j’ai aussi, d’autre part, pris en charge la communication de l’association. Je m’occupe d’animer notre réseau de parents ambassadeurs de l’établissement et siège toujours au comité des fêtes. Je suis également à la présidence de la FSF (French Scholarship Foundation), une « Charity » qui couvre à la fois notre Lycée International et le Collège Français Bilingue de Londres (CFBL). Le but de cette fondation est d’aider les parents en difficulté financière à pouvoir honorer les frais de scolarité de leur(s) enfant(s), soit en complément des bourses, soit à la place des bourses.

 

Amélie Mallet, responsable de la communication de l’APLIL
Amélie Mallet, responsable de la communication de l’APLIL

 

Parlez-nous de la dynamique de l’association des parents d’élèves

Si le bureau a changé, l’état d’esprit demeure ! De nombreux « anciens » sont toujours très impliqués dans la vie de l’association et de nouveaux parents sont arrivés. Aussi, malgré la pandémie, notre groupement est toujours très vivant. En décembre dernier, nous avons réussi à organiser le lancement de la période des fêtes avec notre événement baptisé « LILUMINATION ». Petit clin d’œil au LIL (Lycée international de Londres) vous l’aurez compris. Quelques heures dans la cour de l’établissement avec chocolat chaud, crêpes, Christmas market et les magnifiques chants de Noël de la chorale de l’école. Nous organisons aussi beaucoup d’activités en ligne, dont une conférence mensuelle (toujours en format zoom) avec des intervenants extérieurs et plusieurs sessions « bien-être ». Ce sont des séances de relaxation, de méditation, de yoga… Autre point d’orgue hebdomadaire : la vente de pain et de viennoiseries tous les vendredis à la sortie de l’école. Un rendez-vous incontournable pour une bonne centaine de parents.

 

A quoi servent les bénéfices de tout ce que vous organisez ?

10 % des bénéfices sont directement ventilés en direction de notre fondation FSF. Le reste est ensuite reversé à l’école pour financer différents projets contribuant à perfectionner les installations de l’établissement et à apporter plus de confort ou de loisirs aux enfants. Nous avons ainsi contribué au financement de l’herbe synthétique dans la cour de récréation des primaires, à l’achat d’une table de ping-pong en béton, à la commande de casiers pour que les collégiens puissent y ranger leurs sacs lorsqu’ils vont à la cantine.

 

La vente de tenues scolaires de seconde main est aussi une autre source de bénéfices pour l’association ?

C’est en effet un volet très important. Avec un millier d’enfants, il y a beaucoup de pulls, de manteaux et de tee-shirts à « recycler ». Le principe est simple. Lorsque les vêtements deviennent trop petits, lorsque des familles quittent Londres ou que les terminales s’orientent vers une nouvelle destination, les familles font don de ces vêtements à l’association. Nous les trions, les nettoyons et vérifions qu’ils sont en bon état avant de les proposer à la vente à moindre coût. Il peut s’agir de £5 le tee-shirt ou de £10 le pull. C’est évidemment très attractif pour les nouvelles familles qui arrivent et qui ne connaissent pas forcément les tailles anglaises. Cela fonctionne surtout très bien le jour de pré-rentrée.

 

Vente de tenues de seconde main au Lycée international de londres winston churchill

 

J’imagine que L’APLIL est totalement indépendante ?

C’est exact, mais l’association n’a pas lieu d’exister sans l’école. Nos destins sont donc étroitement liés. Nous entretenons avec la direction et tout le staff de l’établissement des relations constructives et des points réguliers sont organisés. Notre présidente rencontre fréquemment la proviseur du Lycée. Mireille Rabaté a toujours été très à l’écoute de l’association.

 

Vous avez parlé des parents ambassadeurs tout à l’heure, quelle est leur mission ?

Les parents ambassadeurs sont là pour accueillir les nouvelles familles, répondre aux questions de celles qui sont intéressées par le lycée, leur faire visiter l’établissement et assister aux journées portes ouvertes. Forcément, en ce moment, nous sommes contraints de vivre ces “open days” en format virtuel et collectif, via la plateforme zoom. Ces sessions découverte du Lycée International de Londres s’achèvent souvent par un jeu de questions-réponses où les parents ambassadeurs échangent librement avec leurs homologues à la recherche d’un nouvel établissement pour leurs enfants. La direction de l’école n’intervient pas. Mais les parents ambassadeurs sont également très précieux durant les visites privées de l’école, organisées d’une manière personnalisée pour chaque famille, avec toutes les précautions requises (masques et gestes barrières). Un parcours là aussi propice aux échanges entre parents, les uns parlant de leurs attentes et les autres de leur expérience.

 

En raison de la période Covid, le forum annuel des carrières n’a plus lieu. Les parents se sentent-ils toujours investis dans la transmission de leurs expériences ?

C’était en effet un bel événement où certains parents – et professionnels de l’extérieur – venaient témoigner de leurs parcours respectifs et donner de bons tuyaux aux élèves. Nous suivons à peu près toujours le même schéma et travaillons en étroite collaboration avec « le service carrières » pour proposer des sessions « online » avec des professionnels. Les élèves de seconde, première et terminale peuvent échanger en face à face avec des médecins, avocats, ingénieurs… En fonction des attentes des « étudiants », Estelle Bouriez, de l’association, s’occupe de dénicher les bons profils et d’organiser ces séances « one to one ». C’est vraiment à la carte en fonction des métiers qui attirent les lycéens.

 

La chorale de Noël du Lycée international de londres winston churchill

 

On sent un vrai lien et un attachement mutuel entre les parents et le Lycée…

Oui, énorme ! Nous avons la chance que cette école soit indépendante. Cela donne de fait à notre association une très grande liberté. Tous les ans, nous avons été force de proposition et avons suggéré des idées. Comme nous sommes dans la bienveillance, nous avons toujours été entendus et suivis par la direction du Lycée.

 

Peut-on également parler d’attachement au proviseur ?

Totalement. Mireille Rabaté est un personnage central à Wembley. C’est vraiment « son école », elle à un œil sur tout et fait preuve d’une grande force de caractère. Nous sommes très admiratifs. On ne peut que reconnaître le travail qu’elle a accompli ici et son dévouement pour le Lycée. Elle passe dans les classes, discute avec les enfants, elle est accessible.

 

J’ai entendu dire que pendant les confinements, l’association a continué de jouer un rôle fédérateur…

En effet. Comme enfants et parents étaient enfermés à la maison, il était impossible d’organiser quoi que ce soit. Ou presque. Car nous avons trouvé des parades. Notre « run challenge » a connu un vrai succès. Les enfants et leurs parents ont été invités à parcourir 5 km (en courant ou en marchant) et à se prendre en photo. Nous avons ensuite réalisé un collage réunissant toutes les équipes. Dans le même esprit, nos « cooking classes » en ligne ont réuni de nombreux participants. C’était sympa de voir les parents cuisiner avec leurs enfants. Nous continuons encore aujourd’hui à proposer un panel d’activités en ligne, jusqu’à l’allègement des restrictions liées au Covid : yoga, pilates, méditation mais surtout des conférences mensuelles à destination des parents où sont approfondis des sujets qui touchent au bilinguisme, à la nutrition et au bien-grandir de nos enfants.

 

Peut-on parler de camaraderie et d’amitiés qui se nouent ?

Oui. Il y a des liens forts qui se créent. C’est un peu l’esprit de notre association. L’école est un vrai refuge pour les enfants et nous faisons en sorte que cela soit aussi le cas pour les parents. Nous sommes pour la majorité loin de nos familles et de nos amis, l’école et l’association sont donc au cœur de notre vie sociale. Mais je précise que l’APLIL remplit aussi un vrai rôle de messager. Que ce soit entre l’école et les parents, ou entre les parents et l’école. Cela fonctionne dans les deux sens. Nous travaillons sérieusement et veillons à relayer les bonnes comme les mauvaises choses, mais toujours en bonne intelligence et à la recherche de solutions. Nous ne sommes pas pour les luttes intestines. Il y a toujours de la place pour le dialogue, chacun peut s’expliquer et dire ce qu’il pense, sans agressivité. Cette approche permet de démêler des situations parfois complexes plus facilement.

 

Pour conclure, Amélie Mallet, quelles sont aujourd’hui vos « multiples casquettes » ?

Dans tout ce que j’entreprends, j’essaie de me concentrer et de rester focus sur le domaine de l’éducation qui est un sujet passionnant. Le plus bel héritage que l’on puisse laisser derrière soi est de donner accès à une éducation de qualité à un maximum de familles. En plus de mes activités au sein de l’APLIL, je suis conseillère des Français du Royaume-Uni, conseillère élue à l’Assemblée des Français de l’étranger (à la commission éducation). Je siège également au Conseil d’Administration de l’ANEF, Agence nationale des établissements français de l’étranger, entité qui délivre les prêts garantis par l’État pour les établissements français de l’étranger.

 

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