Édition internationale

VINCENT THOME / NUJI - Ou comment explorer le lèche-vitrine sur le web

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

 

À l'heure où le social shopping devient une tendance sur le net, l'idée d'aider les gens à découvrir de nouveaux produits sur la toile émerge. Vincent Thome est un des co-fondateurs de Nuji. Portrait

(Vincent Thome)

Un parcours brillant semé de distinctions et de prix

Vincent commence sa carrière en 2001, chez Agoride.com, portail des sports extrêmes, avec la mission de développer la société en Europe. Deux ans plus tard, il revient sur les bancs de l'école. Il poursuit ses études à l'Institut international du Multimédia. Il en sortira avec un master en management de projets multimédias, en 2006. Diplôme en poche, il s'installe à Londres. Il travaille quatre ans chez AKQA, le genre d'agence talentueuse avec des bureaux aux quatre coins de la planète. Il prend en charge la stratégie pour l'innovation et le marketing numérique pour des grandes compagnies (parmi les clients : Nokia, the Guardian, Volkswagen, Guiness...). Dans le même temps, le futur entrepreneur développe avec ses associés son propre business nourri d'un constat. Un nouveau comportement émerge sur le web ces dernières années : le social shopping. Parallèlement, la découverte de produits et le lèche vitrine ne sont pas tellement explorés. C'est pourquoi, l'idée de la plate-forme voit le jour afin d'aider les internautes qui peuvent se perdre dans les méandres de la toile. En 2010, c'est la consécration. Nuji remporte Seedcamp, un concours dont l'objectif final est de lever des fonds auprès de capitaux et d'être accompagné lors de la phase de démarrage d'une nouvelle société. Dès lors, plus rien ne retient les fondateurs Vincent Thome, Anton Meryl Nithianandan et Dean Fankhauser. Le trio profite de LeWeb Paris, le rendez-vous incontournable du monde de l'internet pour lancer la première version du site. Les co-fondateurs gagnent ainsi la reconnaissance d'un grand nombre d'experts et la somme non négligeable de 50 000 euros, un coup de pouce pour passer rapidement aux étapes suivantes. Actuellement sur invitation, Nuji est une plate-forme sociale où les internautes ayant des goûts similaires se suivent et se retrouvent pour découvrir de nouveaux produits sélectionnés par eux sur internet. "Du lèche-vitrine en ligne" comme l'explique Vincent Thome, "Vous naviguez sur le web, et dès qu'un produit vous intéresse, vous pouvez le sauvegarder en ligne. A partir de là, les gens peuvent vous suivre, comme sur twitter? ça touche divers domaine, les livres, le design? du coup, vous créez votre propre réseau peu à peu".

Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt

On ne peut plus vrai pour le jeune co-fondateur. Le résultat est là : environ 300 000 produits « tagged » venant de plus de 15 000 sites marchands, soit une croissance mensuelle de 35%. Chaque journée commence aux aurores. Il est six heures du matin, lorsqu'il contacte un des ingénieurs de son équipe? en Australie. C'est l'occasion de faire le point sur les produits : quelles sont les nouvelles fonctions ? Qu'est-ce qu'on développe ? Ou bien de tester ce qui a été mis en place. Qu'on ne se trompe pas, ce qui fait avancer la startup, c'est avant tout l'esprit d'équipe. Quatre salariés pour le moment : un français, deux australiens et une espagnole. Une équipe à l'image de Londres la cosmopolite. Vincent Thome espère néanmoins pouvoir réunir davantage de compétences : "Nous sommes en train de signer une levée de fonds. Elle va nous permettre d'accéder au visa entrepreneur. Ainsi le développeur australien pourra venir nous rejoindre à Londres. Nous pourrons aussi embaucher".

Vincent ne connaît pas la routine

Les activités sont différentes au quotidien. C'est pourquoi chaque membre de la petite équipe a plus d'une corde à son arc. Et, le co-fondateur, génie de l'organisation, a le goût pour les choses bien faites. Le matin, il négocie avec les investisseurs ou travaille avec les avocats. Il continue jusqu'au déjeuner sur le produit d'un point de vue conceptuel (les nouvelles fonctions, le design, etc.). Après le repas, la tâche n'est pas la plus passionnante, mais elle n'en reste pas moins indispensable, c'est l'administratif avec notamment le point sur les dépenses. Au programme de la journée également, meeting avec les co-fondateurs afin de discuter sur tout ce qui est en lien avec le développement des magasins. Avec plus de 15 000 adhérents, les boutiques se bousculent au portillon pour faire partie du réseau. Il s'agit d'opportunités uniques pour les marchands d'interagir avec les personnes intéressées par leurs produits, et bien sûr de générer davantage de ventes. Ainsi Nuji collabore actuellement avec 50 magasins partenaires, dont 80s Purple, Charlee and Lee, ou encore Nooka. Plus de 60 sont sur liste d'attente. À la fin de la journée, c'est le moment de se balader sur le site, de faire un peu de soutien à la communauté et de répondre aux questions des internautes. Une étape à ne pas négliger pour le jeune entrepreneur : "On a tellement de choses à faire au quotidien, qu'il est facile d'être déconnecté de son propre produit. Il est important de l'utiliser, pour voir ne serait-ce que s'il y a des bugs, si le système fonctionne correctement? voir ce qu'il se passe sur le site tout simplement". Le soir, c'est l'heure du bilan, le moment de jeter un ?il sur les chiffres, afin d'essayer de comprendre ce qui marche ou pas.

Concret rime avec responsabilité

Les journées de notre co-fondateur sont souvent longues, mais qu'importe, c'est la passion qui l'anime. Lorsqu'il explique les raisons de son choix de carrière, les choses semblent évidentes pour lui : "J'ai le sentiment d'avoir toujours eu cette envie. On apprend beaucoup plus de choses, plus rapidement et tout le temps, lorsqu'on essaie de monter sa propre entreprise. Quand on est assez jeune, cela permet de côtoyer des personnes intéressantes à écouter, à suivre, qu'on aurait du mal à approcher dans le milieu professionnel classique". Un travail de longue haleine et une implication débordante avec des horaires à n'en plus finir? Mais alors, où se trouve la limite avec la vie privée ? Vincent Thome se veut réaliste.  "Lorsqu'on est employé d'une grande structure, tout est bien définie. Quand on est son propre patron, la balance entre le travail et le reste est plus délicat" précise le jeune entrepreneur. "En tant qu'employé, tu n'es pas obligé de travailler les dimanches, tu n'es pas pénalisé pour ça? mais dans ta boîte, il faut y aller. De plus, nous ne sommes pas nombreux".

Vincent Thome est "un stratégiste qui aime se salir les mains et qui fait en sorte que les choses arrivent" comme il aime à se définir. Une chose est sûre, le talent est au rendez-vous. Il a été nommé l'an dernier « meilleur créatif de moins de 30 ans » par le grand hebdomadaire, Campaign.

Donia Hachem (www.lepetitjournal.com/londres) mardi 03 avril 2012 Réalisé avec notre partenaire Frog Valley (www.frogvalley.net)

Voici un lien d'invitation pour essayer Nuji: http://nuji.co/qpoZv7

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Publié le 3 avril 2012, mis à jour le 5 janvier 2018