


Comme il aime le rappeler, Serge Betsen doit une partie de sa réussite à une poignée d’éducateurs sportifs de Clichy, qui lui ont fait découvrir le rugby à l’âge de 12 ans. Une ascension sportive développée dans notre article du 21 avril dernier. Il a très tôt appris des valeurs essentielles qui le guideront sur les terrains, mais aussi en dehors des stades. Solidarité, générosité, respect, partage, esprit d’équipe : des notions qu’il a aujourd’hui à cœur de transmettre aux plus jeunes. Un juste retour des choses.
L’Ecole de rugby Serge Betsen
Aussi, depuis deux ans, il décline son programme « Serge Betsen Rugby » dans plusieurs écoles françaises de Londres, avec qui il a tissé des liens très forts. « Nadya Aroussi (école André Malraux), Annabelle Glas (école Marie d'Orliac), Véronique Ferreira (école Bilingue de Paddington), 
L’idée n’est pas de transformer les enfants en champions, mais de leur faire découvrir ce sport d’une manière douce, avec une initiation au rugby sans contact (tag-rugby). « J’essaie de leur inculquer les valeurs qui m’ont fait grandir. Le fait de me retrouver en face d’enfants qui n’ont jamais joué au rugby, qui n’ont jamais touché un ballon ovale, me rappelle ce que j’ai vécu lorsque j’avais 12 ans », lâche-t-il avec beaucoup d’émotion.
Pour aller au bout du concept, les fans de rugby de ces écoles, comme les enfants inscrits dans d’autres établissements, peuvent suivre les séances d’entraînement prodiguées par l’ancien joueur du XV de France l’après-midi après l’école ou le samedi matin à Hyde Park. Sans compter les stages qu'il organise durant les vacances scolaires, les tournois et les goûters d’anniversaire sur le thème du rugby.

Grâce à son programme sportif et éducatif conçu pour les écoles, Serge Betsen construit autour du rugby une véritable unité dans la communauté française à Londres. S’il délivre par exemple les mêmes conseils aux élèves des lycées Charles de Gaulle et Winston Churchill, il tente néanmoins d’installer un esprit de compétition et de saine rivalité entre les deux établissements; ainsi, le 12 décembre 2015, il a lancé le premier tournoi d’une longue série, espère-t-il, entre les deux lycées. A l’image du rendez-vous annuel sur la Tamise, qui oppose les deux universités d’Oxford et de Cambridge, de Gaulle et Churchill en découdront chaque année. Pour l’instant, avantage au nouveau lycée international Churchill de Wembley (1 victoire à 0).
Le vendredi 27 mai 2016, il lancera aussi un premier tournoi inter-écoles primaires, destiné à rassembler enfants et parents autour des valeurs emblématiques et festives du rugby. L’événement aura lieu de 10h30 à 13h au Cuckoo Park de Ealing.
Du monde des enfants à celui de l’entreprise
Capable de galvaniser ses équipiers sur le terrain, Serge Betsen coache et motive des joueurs, mais aussi des collaborateurs d’entreprises. Il y a deux saisons, il a par exemple été appelé par les managers de l’équipe des London Scottish pour solidifier la défense du club. Mais le plus

Dans un autre registre, Serge Betsen a créé avec trois associés une plateforme de financement participatif baptisée « La Financière du sport ». Son but est notamment d’attirer les fonds publics ou privés pour soutenir des projets sportifs et financer des équipements, comme d’aider les dirigeants de clubs à préparer et présenter leurs dossiers en amont.
Le rugby à visage caritatif
Né au Cameroun, installé à Londres, notre rugbyman aux 63 sélections en Equipe de France est avant tout un citoyen du monde. Grâce à son association « Serge Betsen Academy » il vient en aide aux enfants défavorisés de son pays de naissance. Il donne de son temps, de son énergie et de sa notoriété pour permettre de financer la scolarité et le suivi de la santé de plus de 500 jeunes répartis dans cinq centres. Une fois par an, il visite les installations et joue au rugby sur des terrains qui n’ont rien à voir avec ceux que nous connaissons. « Le rugby est un prétexte pour rassembler tous ces jeunes autour des vraies valeurs qui sont le respect, le travail, l’esprit d’équipe. Mon rêve est de voir tous les gamins du monde avoir un ballon de rugby dans les mains, car ce ballon peut changer leur vie ! »

Avec d’autres bénévoles, il manage aussi l’association des French Legends, une équipe d'anciens internationaux et professionnels du rugby qui lèvent des fonds pour de bonnes causes. « L’objectif de cette association est double, commente Serge. Le premier est de recréer des moments de partage avec des anciens joueurs qui, lorsqu’ils ne foulent plus les pelouses, n’entendent plus le téléphone sonner et peuvent vite être oubliés. Le second est d’organiser des matchs avec les anciens du Pays de Galles ou de l’Angleterre par exemple. Ces rencontres ont souvent lieu avant les rencontres officielles ce qui nous permet aussi de venir soutenir l’Equipe de France. Les bénéfices sont reversés à des associations caritatives. »
Enfin, Serge Betsen fait aussi partie du club des Champions de la Paix et est à ce titre ambassadeur de l’organisation « Peace and Sport » qui œuvre à la construction d’une paix durable à travers le monde. L’idée est de ramener de la vie dans des zones rendues vulnérables par l’extrême pauvreté, les séquelles des conflits ou l’absence de cohésion sociale; la pratique du sport et de ses valeurs est promue comme instrument d’éducation des jeunes générations, de rapprochement et de dialogue entre les communautés.
L’herbe est-elle plus verte à Londres ?
Serge Betsen est expatrié à Londres depuis huit ans. Nous lui avons donc demandé pourquoi ce choix de vie et cet exil au pays de nos meilleurs ennemis. Alors, l’herbe est-elle plus verte de ce côté-ci de la Manche ? « Assurément oui, répond-il en riant et sans hésiter. Ici, il y a beaucoup de verdure, de parcs et de pelouses sur lesquelles on peut jouer. En France, c’est frustrant, les espaces verts sont généralement interdits aux ballons. J’ai bien compris votre sous-entendu, ajoute-t-il. Niveau business, il est plus facile d’entreprendre ici. Les formalités administratives sont plus simples. Mais j’ai tendance à croire que les Français demeurent plus créatifs niveau business, tandis que les Anglo-Saxons sont de meilleurs vendeurs. » Donc match nul à l’arrivée !
Laurent Colin (www.lepetitjournal.com/londres), le 29 avril 2016
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