

"Si Paris est la capitale de la haute couture pour les femmes, Londres est la ville de référence pour les hommes". C’est ce qui a amené Thibault Fulchiron et Valentin Goux à traverser la manche pour y monter leur marque d’accessoires masculins. Entre qualité, traditions et artisanat, ils reviennent avec nous sur cette aventure. Rencontre.

Il y a quelques semaines, ils tenaient leur soirée d’ouverture, au 17 Royal Opera Arcade. Un événement qui fit part belle à la technique, aux matières et à l’élégance, puisqu’au cœur de ce tout nouveau magasin, la place de chaque accessoire est parfaitement pensée. "Quand on a crée la marque, on s’est dit qu’aucun de nos amis ne devait avoir peur de rentrer en se disant "ça n’est pas pour moi". C’est aussi pour cela que la boutique a cet aspect d’appartement, pour que l’on s’y sente à l’aise" nous dira Valentin quelques jours plus tard, lors de notre entretien.
Un projet ambitieux
Monsieur London, c’est une histoire qui démarre en 2012, alors que ses créateurs viennent tous deux de milieux bien différents. "L’idée vient d’un voyage que l’on a fait ensemble : 35.000km en stop à travers les Amériques, et nous sommes tombés amoureux de produits, comme des sacs en cuir". Le site est lancé en octobre, permettant ainsi à la France, mais aussi à l’ensemble de l’Europe, d’accéder à ces produits sortis tout droit de leur imagination. Et Monsieur London prend son envol. Un pop-up store à Londres d’abord, avant l’ouverture de la toute première boutique, fin avril.
En entrant dans ces locaux, notre regard est rapidement attiré, sollicité, il ne sait presque même plus où se poser. Car entre cravates originales, nœuds papillons colorés et sacs en cuir, il y en a des choses à admirer ! Se joue alors un festival de matières, de couleurs et de patterns. "Chaque individu a son propre style, et l’accessoire doit venir le souligner plutôt que de l’imposer", nous explique Thibault. "Il faut que les gens soient à l’aise avec ce qu’ils portent". Justement, en parlant de style, d’où vient l’ensemble de leurs collections ? Le style british, si classe, ou celui de l’autre côté de la manche ? Personne n’a dit qu’il fallait faire un choix. "On s’inspire de la tradition des tailleurs anglais, en y ajoutant une french touch avec plus de couleurs, d’humour, de jeunesse". Cette idée de second degré, sur laquelle ils insistent fortement, se retrouve notamment sur leur site internet (ainsi qu’au cours de l’entretien, avouons le), et la communication de la marque. Pas question pour eux de renier leurs origines françaises, mieux vaut en jouer.

Puisque la haute-couture anglaise est une source d’inspiration, on comprend rapidement pourquoi ce duo français est venu poser ses valises dans la capitale anglaise. "Londres est une ville qui inspire : il y a une dynamique de création, une liberté d’excentricité. C’est une ville cosmopolite qui nous a permis de développer notre entreprise en créant divers partenariats. A Paris, nous aurions peut être été plus restreints", annonce Thibault, avant d’ajouter que "tout ce qui régit la façon dont les hommes portent leurs habits, et notamment en terme d’accessoire, a plus ou moins été crée à Londres". Valentin, lui, constate que "les hommes ne s’habillent plus beaucoup en France : il n’y a presque plus de cravates, et le chapeau est un objet d’extraterrestre". Pour autant, cela ne veut pas dire que la marque ne se porte pas dans l’Hexagone : les deux créateurs espèrent même ouvrir une boutique sur le sol parisien dans le futur. En attendant, "nous souhaitions être ici, au cœur de ce qui se passe. Nous pouvons converser avec les gens les plus pointus de ce domaine". C’est dit, contrairement à ce que peuvent dire les diverses polémiques sur les expatriés, la raison fiscale n’a pas sa place ici.
La qualité avant la quantité
Nous parlions tout à l’heure d’artisanat : c’est un mot qui est longuement revenu au cours de cet entretien. "Tout se passe avec les artisans, qui ont une réelle connaissance technique. Il y a un travail sur les couleurs, les matières. Ils sont partie prenante du processus créatif". Le choix des artisans, la protection de leur travail et la sélection des matières avec lesquelles ils produisent sont des valeurs importantes aux yeux du duo. "Nous faisons également attention à ce que nos matières premières soient du pays de l’artisan. Il y a un engagement qualité au niveau du façonnage mais aussi au niveau de la sélection des matières brutes. Nous voulons des produits cohérents". Nous cherchons alors à développer le sujet. "Nous sommes engagés sur des valeurs qui sont importantes, comme la longue durée des produits et un mode de consommation plus intelligent : consommer moins, mais mieux. Aussi, nous souhaitons avoir le prix de la qualité, et pas le prix de la marque". Il y a cette idée de faire bouger les mentalités ? "Nous préférons mettre en avant la qualité de nos produits, le travail de l’artisan et notre politique de transparence plutôt que de pointer du doigt les autres".

Cindy Jaury (www.lepetitjournal.com/londres) mardi 24 juin 2014























