

Chaque année, des milliers de jeunes Français débarquent à Londres à la recherche d'un emploi. Avec la crise, la tendance s'accentue et trouver un premier job dans la capitale britannique n'est pas toujours chose facile. Mais il existe une porte à pousser : celle du Centre Charles Peguy
Méconnaissance du marché du travail britannique, langue anglaise pas toujours maitrisée, difficultés à se loger?les obstacles une fois débarqué de l'Eurostar en gare de Saint Pancras peuvent parfois paraître insurmontables. Pour aider les jeunes Français et francophones dans leurs insertion professionnelle à leur arrivée à Londres, le Centre Charles Peguy propose de nombreux services.
De la promotion de la culture à un "job centre" pour Français expatriés
L'association, créée en 1954 par le prêtre Le Creurer et basée à Leicester Square, a pour mission principale de jouer le rôle d'une Maison des jeunes et de la culture française. Au fil du temps, et après sa reprise par le Centre d'Échanges Internationaux qui s'installe à Londres en 1983, le Centre Charles Peguy saura faire face aux situations nouvelles et s'adapte aux appels et aux attentes des jeunes. Avec l'ouverture des frontières et face à l'afflux de Français désirant trouver un emploi de l'autre côté de la Manche, il faut désormais aider ces jeunes à démarrer. À l'image du Pôle Emploi en France ou des Job Centre ici, le Centre Charles Peguy propose à ses adhérents offres d'emploi, entretiens individuels, réunions hebdomadaires mais aussi une newsletter pour rester informé, l'accès à des traductrices et des offres pour se loger.

Un accompagnement vers l'emploi
Le fonctionnement est simple. En échange du paiement d'une cotisation annuelle de 60?, vous obtenez un entretien individuel de 30 minutes avec un conseiller emploi. Ensemble, vous déterminez votre niveau d'anglais ainsi que votre projet professionnel. Au préalable, vous aurez relevé, parmi toutes celles répertoriées et mises à jour deux fois par semaine par le centre, cinq offres d'emplois susceptibles de vous intéresser. Votre conseiller emploi pourra ainsi vous guider sur les démarches à effectuer pour répondre aux annonces retenues.
L'opération peut être reconduite chaque semaine à la demande du candidat pendant un entretien de 15 minutes. Quant aux temps d'informations hebdomadaires, ils permettent un moment d'échange sur l'emploi bien sûr, mais aussi la santé, le logement ou les bons plans à Londres.
Un appel à la responsabilité sociale des entreprises
En 2011, parmi les 1.100 adhérents, ce sont pas moins de 650 qui ont trouvé un emploi grâce au centre. "Ils sont sans doute plus nombreux mais tous ne reviennent pas pour nous avertir", précise la directrice Marine Deneux. Avec seulement quatre employés dont trois conseillers emplois, le centre Charles Peguy s'est vu obligé l'an dernier de refuser 500 jeunes qui souhaitaient s'inscrire mais auxquels l'association n'était pas en mesure d'offrir un accompagnement adéquat. "Nous vivons uniquement grâce à des subventions publiques qui tendent, en ces temps de crise, à diminuer chaque année et nous ne pouvons évidemment pas augmenter la cotisation puisque notre public est déjà sans emploi", explique la directrice. L'énorme mobilisation du Consul Général de France Édouard Braine depuis 2009 et la mise en place du plan emploi ont permis l'an dernier la création d'un nouveau poste de conseiller au sein de l'association. Mais il faut maintenant trouver les ressources pour le pérenniser. La solution passe par un partenariat public / privé et un appel à la responsabilité sociale des entreprises. "Un poste comme celui-ci équivaut à 500 personnes qui ont accès à un emploi", insiste Marine Deneux.
Les effets de la crise
Et ce n'est pas rien. Avec la crise, de plus en plus de Français font le choix de tenter l'aventure à Londres. La demande augmente, mais ici aussi les temps sont difficiles et l'offre diminue. Marine le constate tous les jours depuis plusieurs mois : "D'une part, les jeunes qui arrivent sont de plus en plus diplômés. Et d'autre part, avant, nous étions toujours très occupés en septembre. Les gens avaient planifié de partir à l'étranger et attendaient la fin de l'été. Mais cette année, l'afflux s'est poursuivi en octobre et en novembre. Ce sont des signes qui ne trompent pas".
Simon Gleize (www.lepetitjournal.com/londres) vendredi 17 février 2012
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