

La Serpentine Gallery dévoile son pavillon éphémère tous les étés au cœur de Hyde Park. Un bâtiment visible de juin à octobre qui séduit 250 000 visiteurs par an. Le but de vouloir rapprocher l’architecture contemporaine du quidam a été atteint. Depuis 2000, la commission (composée du directeur artistique, PDG des lieux mais également d’architectes) se réunit pour décider quel concepteur reconnu internationalement sera l’heureux occupant de l’espace de 300 m2 devant la galerie d’art. Le critère principal pour être sélectionné : n’avoir pas encore créé de bâtiments sur le sol anglais. Le créateur a alors six mois pour imaginer et faire ériger sa construction selon un cahier des charges précis. Sa proposition doit refléter l’atmosphère café, un lieu de débats et de réunions.
Une année Kéré(ment) ethnique chic
Il souffle un regain d’exotisme dans Kensington Gardens. Le 17e pavillon est l’œuvre de Diébédo Francis Kéré, architecte basé à Berlin et né au Burkina Faso. Le bâtisseur, déjà remarqué lors de son installation à la Royal Academy of Arts et consacré avec le musée de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge International à Genève, renoue avec ses souvenirs d’enfance. Fortement inspiré par la vie à Gando, village burkinabé, le concepteur veut reconnecter les visiteurs à la nature. Les curieux se rassemblent autour de la structure en bois, comme autour de l’arbre de réunion africain et par tous les temps. Le créateur de cette année a dû jouer avec un nouveau facteur extérieur bien anglais: la pluie! Sous la canopée, il sera toujours possible d’être protégé et même d’admirer des jeux d’eaux. Un bâtiment qui répond aussi aux engagements écologiques et idéologiques de l’artiste adepte du vivre ensemble.
Solène Lanza

























