Édition internationale

REVUE DE PRESSE – Histoires de styles et success stories

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 12 juin 2013

A quoi ressemble la Grande-Bretagne vue par la France ? Quelles sont les news britanniques qui interpellent les journalistes français ? Pour répondre à ces questions, lepetitjournal.com vous propose une revue de presse de l'actualité anglaise piochée dans les médias de l'Hexagone. Au programme cette semaine, des marques qui se démarquent, une cité d'or, un comté relooké et un maire dans la lumière

Le meurtre de Clément Méric a eu lieu mercredi 5 juin à la sortie d'une vente privée Fred Perry et Ben Sherman. Si le jeune militant antifasciste défendait une idéologie diamétralement opposée à celle de ses agresseurs, une chose les réunissait : leur style vestimentaire. Comme le souligne Le Monde :"skinheads d'extrême droite et d'extrême gauche se combattent depuis les années 1980 mais arborent pourtant un look similaire". Une mode qui trouve ses origines dans la Grande-Bretagne des années 60.

Leçon d'histoire vestimentaire

"Ben Sherman, Fred Perry, Harrington, Londasle, Dr. Martens? Les liaisons dangereuses de ces griffes avec les militants extrémistes de gauche comme de droite ne datent pas d'hier," explique Claire Planchard dans un article du quotidien 20 Minutes qui donne la parole à un spécialiste du sujet, Gildas Lescop."Historiquement tout est né en Grande-Bretagne dans les années 60 : ce sont des marques britanniques que les Mods, ces jeunes bien habillés qui roulaient en scooter et écoutaient du jazz puis de la soul et un peu de ska aussi, se sont appropriées," souligne le doctorant en sociologie.

L'Express s'est également intéressé à cette question, qui met en lumière des aspects mal connus de l'histoire de la société britannique."A l'aube des années 70, le mouvement se délite. Les pro hippies se laissent pousser les cheveux, les anti les rasent à blanc ; les skinheads sont nés. L'influence de la musique, omniprésente depuis les débuts du mouvement avec le early-reggae des Jamaïquains de l'est de Londres, contribue à l'accélération de la scission du groupe : les premiers glissent du early-reaggae et du Rocksteady vers le rock psychédélique, tandis que les seconds se dirigent vers le punk. Et forgent leur réputation de membres violents, notamment dans les stades de foot," racontent Julie Saulnier et Matthieu Beigbeder.

"La décennie suivante, l'Angleterre est durement touchée par le chômage. Un climat de tension s'installe (...). Un terrain propice à une montée insidieuse de l'extrême droite. Le National Front séduit par la violence et le politiquement incorrect des Skinheads, se lance dans une opération de récupération politique (...). Malgré les divergences d'opinion, tous les Skinheads conservent le même style : crânes rasés, Bombers, Doc Martens, jeans Levi's et les célèbres polos Fred Perry. Le même style certes, mais avec des nuances," ajoutent les deux journalistes.

Cet héritage pose un sacré casse-tête marketing aux entreprises concernées, qui doivent rivaliser d'imagination pour se démarquer de toute connotation néfaste."Le mouvement skinhead se compose de deux entités ? les racistes nationalistes et les antiracistes ? les premiers ont gagné la bataille de la visibilité. Et puisque l'"uniforme" est le même, les attributs identitaires des deux mouvements prennent une connotation raciste. Dont les vêtements," précise Lucie Soullier pour Le Monde.

La City prospère

Le passé de la Grande-Bretagne a beaucoup inspiré les journaux français ces derniers jours. Après l'histoire de la mode skinhead, passons à l'histoire d'un borough mythique de la capitale londonienne. Alors que l'immigration professionnelle et étudiante a récemment fait l'objet d'un débat parlementaire au Sénat, David Blanc a choisi de dédier un article au succès de la City."Certains pays, comme le Royaume-Uni, ont fait le choix d'une immigration professionnelle qualifiée et ciblée dont l'objectif premier est l'intégration économique au sein de la société. La City de Londres en est une illustration," constate-t-il dans Les Echos, avant de revenir sur les prémices du quartier d'affaires.

"Depuis le Moyen Âge, la City, qui n'était à l'origine qu'un vaste marché de poissons et de viandes, n'a jamais
cessé d'attirer ? et de retenir ? les étrangers. Si l'on sait aujourd'hui qu'il s'agit du plus grand centre financier au monde, on oublie trop souvent qu'il s'est bâti grâce des flux d'immigration considérables. Le nom de certaines rues

de la City évoque les premiers immigrés italiens, qui ont joué un rôle fondamental dans son développement. La célèbre Lombard Street rappelle les joailliers de renom originaires de Lombardie, et devenus banquiers grâce aux lois hospitalières du roi Édouard Ier," rappelle-t-il."La capacité de la City à se maintenir à travers l'histoire comme le premier centre financier du monde réside en son aptitude à attirer et retenir des émigrés qualifiés. Au-delà des modèles idéologiques sur l'immigration, une réalité sociale et économique a vu le jour, à la City comme ailleurs : l'entreprise à succès est multinationale et multiculturelle," conclut l'auteur.

Aux grands maux les faux remèdes

Si la City de Londres respire l'opulence, ce n'est pas tout à fait le cas du comté de Fermanagh en Irlande du Nord, où se déroulera le G8 dans un peu moins d'une semaine. Afin que le lieu apparaisse sous son meilleur jour lors du sommet, les autorités ont décidé"de camoufler les effets de la récession sur ses commerces locaux de manière pour le moins ... littérale," relate le blog Big Browser du Monde."Les vitrines vides ont ainsi été rhabillées à grand renfort d'autocollants posés à même le verre pour donner l'impression que les étagères sont pleines de victuailles ; des posters géants ont été collés sur des centres commerciaux à l'abandon ; des peintres ont été engagées pour décorer les rideaux des magasins... Des panneaux géants masquent le paysage abandonné de la zone économique," énumère l'article. Un"lifting municipal" qui aura coûté la modique somme de 450.000 livres mais qui ne redonnera pas sa jeunesse au comté frappé la crise.

Boris le populiste

La presse française raffole de la personnalité haute en couleurs de Boris Johnson. Le maire de Londres, ancien journaliste et excellent communicant, sait en effet très bien s'y prendre avec les médias. L'émission Dimanche + diffusée sur la chaîne Canal + a récemment consacré un reportage à l'homme politique préféré des Anglais."Boris

Johnson avec Rachida Dati. Boris Johnson avec Nathalie Kociusko-Morizet. Les stars de la droite parisienne sont fascinées par ce conservateur excentrique qui a raflé Londres à la gauche," commente le journaliste Raphaël Trésanini. Le conseil du maire de Londres aux prétendantes à la mairie de Paris ?"Il faut réduire le niveau de criminalité. Il faut avoir un système de transport qui marche bien. Il faut avoir des arbres partout ? Et voilà pas de problème !" Pourtant, le reportage affirme que Boris Johnson doit surtout son succès à son style populiste."Comme beaucoup de bons acteurs, il travaille dur pour avoir l'air naturel. Par exemple, il fait exprès de mal se coiffer. Sa force c'est qu'il ne ressemble pas aux politiciens classiques, ceux qui ont l'air sinistre avec leur look de technocrate," déclare un journaliste du Guardian. Si le maire de Londres ne fait pas l'unanimité dans tous les quartiers de la capitale, il devance pour le moment David Cameron de cinq points dans les enquêtes d'opinion. Boris Johnson au 10 Downing Street ? Une histoire qui pourrait devenir réalité. 

Caroline B?uf (www.lepetitjournal.com/londres) mercredi 12 juin 2013

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Publié le 11 juin 2013, mis à jour le 12 juin 2013
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