

A quoi ressemble la Grande-Bretagne vue par la France ? Quelles sont les news britanniques qui interpellent les journalistes français ? Pour répondre à ces questions, lepetitjournal.com vous propose une revue de presse de l'actualité anglaise piochée dans les médias de l'Hexagone. Au programme cette semaine, des marques qui se démarquent, une cité d'or, un comté relooké et un maire dans la lumière
Le meurtre de Clément Méric a eu lieu mercredi 5 juin à la sortie d'une vente privée Fred Perry et Ben Sherman. Si le jeune militant antifasciste défendait une idéologie diamétralement opposée à celle de ses agresseurs, une chose les réunissait : leur style vestimentaire. Comme le souligne Le Monde :"skinheads d'extrême droite et d'extrême gauche se combattent depuis les années 1980 mais arborent pourtant un look similaire". Une mode qui trouve ses origines dans la Grande-Bretagne des années 60.
Leçon d'histoire vestimentaire
"Ben Sherman, Fred Perry, Harrington, Londasle, Dr. Martens? Les liaisons dangereuses de ces griffes avec les militants extrémistes de gauche comme de droite ne datent pas d'hier," explique Claire Planchard dans un article du quotidien 20 Minutes qui donne la parole à un spécialiste du sujet, Gildas Lescop."Historiquement tout est né en Grande-Bretagne dans les années 60 : ce sont des marques britanniques que les Mods, ces jeunes bien habillés qui roulaient en scooter et écoutaient du jazz puis de la soul et un peu de ska aussi, se sont appropriées," souligne le doctorant en sociologie.
L'Express s'est également intéressé à cette question, qui met en lumière des aspects mal connus de l'histoire de la société britannique."A l'aube des années 70, le mouvement se délite. Les pro hippies se laissent pousser les cheveux, les anti les rasent à blanc ; les skinheads sont nés. L'influence de la musique, omniprésente depuis les débuts du mouvement avec le early-reggae des Jamaïquains de l'est de Londres, contribue à l'accélération de la scission du groupe : les premiers glissent du early-reaggae et du Rocksteady vers le rock psychédélique, tandis que les seconds se dirigent vers le punk. Et forgent leur réputation de membres violents, notamment dans les stades de foot," racontent Julie Saulnier et Matthieu Beigbeder.
"La décennie suivante, l'Angleterre est durement touchée par le chômage. Un climat de tension s'installe (...). Un terrain propice à une montée insidieuse de l'extrême droite. Le National Front séduit par la violence et le politiquement incorrect des Skinheads, se lance dans une opération de récupération politique (...). Malgré les divergences d'opinion, tous les Skinheads conservent le même style : crânes rasés, Bombers, Doc Martens, jeans Levi's et les célèbres polos Fred Perry. Le même style certes, mais avec des nuances," ajoutent les deux journalistes.
Cet héritage pose un sacré casse-tête marketing aux entreprises concernées, qui doivent rivaliser d'imagination pour se démarquer de toute connotation néfaste."Le mouvement skinhead se compose de deux entités ? les racistes nationalistes et les antiracistes ? les premiers ont gagné la bataille de la visibilité. Et puisque l'"uniforme" est le même, les attributs identitaires des deux mouvements prennent une connotation raciste. Dont les vêtements," précise Lucie Soullier pour Le Monde.
La City prospère
Le passé de la Grande-Bretagne a beaucoup inspiré les journaux français ces derniers jours. Après l'histoire de la mode skinhead, passons à l'histoire d'un borough mythique de la capitale londonienne. Alors que l'immigration professionnelle et étudiante a récemment fait l'objet d'un débat parlementaire au Sénat, David Blanc a choisi de dédier un article au succès de la City."Certains pays, comme le Royaume-Uni, ont fait le choix d'une immigration professionnelle qualifiée et ciblée dont l'objectif premier est l'intégration économique au sein de la société. La City de Londres en est une illustration," constate-t-il dans Les Echos, avant de revenir sur les prémices du quartier d'affaires.
"Depuis le Moyen Âge, la City, qui n'était à l'origine qu'un vaste marché de poissons et de viandes, n'a jamais
cessé d'attirer ? et de retenir ? les étrangers. Si l'on sait aujourd'hui qu'il s'agit du plus grand centre financier au monde, on oublie trop souvent qu'il s'est bâti grâce des flux d'immigration considérables. Le nom de certaines rues
Aux grands maux les faux remèdes
Si la City de Londres respire l'opulence, ce n'est pas tout à fait le cas du comté de Fermanagh en Irlande du Nord, où se déroulera le G8 dans un peu moins d'une semaine. Afin que le lieu apparaisse sous son meilleur jour lors du sommet, les autorités ont décidé"de camoufler les effets de la récession sur ses commerces locaux de manière pour le moins ... littérale," relate le blog Big Browser du Monde."Les vitrines vides ont ainsi été rhabillées à grand renfort d'autocollants posés à même le verre pour donner l'impression que les étagères sont pleines de victuailles ; des posters géants ont été collés sur des centres commerciaux à l'abandon ; des peintres ont été engagées pour décorer les rideaux des magasins... Des panneaux géants masquent le paysage abandonné de la zone économique," énumère l'article. Un"lifting municipal" qui aura coûté la modique somme de 450.000 livres mais qui ne redonnera pas sa jeunesse au comté frappé la crise.
Boris le populiste
La presse française raffole de la personnalité haute en couleurs de Boris Johnson. Le maire de Londres, ancien journaliste et excellent communicant, sait en effet très bien s'y prendre avec les médias. L'émission Dimanche + diffusée sur la chaîne Canal + a récemment consacré un reportage à l'homme politique préféré des Anglais."Boris























