Alors que Charles III a qualifié de « chapitre honteux » la traite transatlantique de l’empire britannique lors du sommet du Commonwealth, le gouvernement britannique se dit désormais ouvert à des excuses officielles, tout en excluant toute compensation financière. Son voisin français, ancienne autre puissance coloniale, n’a également pas prévu de dédommagement à ce stade.


Au sommet du Commonwealth, organisé à Antigua-et-Barbuda, les conséquences de la traite transatlantique ont occupé une place importante dans les discussions. Le 3 novembre, Charles III a évoqué ce qu’il a qualifié de « chapitre honteux » de l’histoire. Quelques jours plus tôt, le Premier ministre britannique Andy Burnham avait ouvert la porte à de possibles excuses officielles au nom du Royaume-Uni. Des prises de position qui relancent également le débat en France, où Emmanuel Macron s’est exprimé sur la question des réparations au printemps dernier.
Au Royaume-Uni, des regrets exprimés, mais pas d’excuses ni de réparations financières
Lors de son discours devant les dirigeants du Commonwealth, Charles III a reconnu que la traite transatlantique continuait de « jeter une ombre » sur les pays concernés. Il a déclaré que cette période remplissait son cœur d’horreur et son âme d’une « profonde tristesse personnelle ». Le souverain n’a toutefois pas présenté d’excuses officielles. Il a plutôt insisté sur la nécessité de tirer les leçons de l’histoire et de lutter contre les injustices qui perdurent, notamment grâce à l’éducation, à l’emploi et au développement économique.
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La question d’éventuelles excuses relève en effet du gouvernement britannique, en raison du devoir de neutralité du Roi. Andy Burnham s’est dit ouvert à une reconnaissance officielle de la responsabilité historique du Royaume-Uni. En attendant, Londres a proposé d’engager un dialogue avec les pays et les communautés touchés afin de réfléchir à la forme que pourraient prendre ces excuses. Le 5 novembre, les dirigeants du Commonwealth ont annoncé que le Royaume-Uni participerait à des discussions « structurées, limitées dans le temps, inclusives et de bonne foi » sur les conséquences historiques de la traite.
En revanche, le Premier ministre a clairement écarté le versement de réparations financières. Le gouvernement britannique privilégie d’autres formes de soutien, comme la restructuration de la dette des pays les plus pauvres. Il a également annoncé une enveloppe de 40 millions de livres sur trois ans pour soutenir des projets d’infrastructures dans les Caraïbes. Ces mesures ne répondent toutefois pas à l’ensemble des demandes de réparations portées par plusieurs pays touchés par l’esclavage et la colonisation de l’empire britannique.
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À l’international, des critiques contre la France après son refus de qualifier la traite transatlantique comme le « crime le plus grave contre l’humanité »
En France, le sujet a également connu une évolution symbolique. Le 21 mai 2026, à l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, qui a reconnu en 2001 l’esclavage et la traite comme des crimes contre l’humanité, Emmanuel Macron a évoqué pour la première fois, en tant que président, la question des réparations.
« Comment réparer un tel crime ? C’est une question qu’il ne faut pas refuser et sur laquelle il ne faut pas non plus faire de fausses promesses », a-t-il déclaré. Le chef de l’État a notamment soutenu un projet de recherche scientifique mené avec le Ghana, destiné à mieux documenter l’histoire de l’esclavage et ses conséquences. Il n’a cependant annoncé ni dispositif précis ni engagement à verser des compensations financières.
Cette prise de parole intervient alors que la position française a aussi été critiquée sur la scène internationale. Le 25 mars 2026, la France s’est abstenue lors d’un vote à l’ONU sur une résolution qualifiant la traite transatlantique de « crime le plus grave contre l’humanité » et appelant à ouvrir le débat sur les réparations. Le texte a été adopté, mais l’abstention française a suscité des réactions, notamment dans les territoires ultramarins. Paris avait notamment expliqué ses réserves sur la hiérarchisation des crimes contre l’humanité


































