Édition internationale

LULU GAINSBOURG - "Je pense que j’ai le droit à ma liberté d’expression"

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 février 2015

 

Après avoir sorti un premier album en 2011 de reprises de chansons de son père, Serge Gainsbourg, aujourd'hui Lulu Gainsbourg nous fait découvrir un nouvel album très personnel, Lady Luck. Un album qui marque son identité, un album dont Lulu peut être fier. En concert le 16 Mars au Royal Albert Hall, nous lui avons posé quelques questions pour en savoir plus. 

Votre premier album de reprise est sorti en 2011, vous aviez 25 ans, pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Ma mère ma toujours dit "prends ton temps, tu as le temps, tu es jeune, tu as toute la vie. Prends ton temps avant de faire les bonnes choses. Tu as le temps de savoir si c'est vraiment ce que tu veux faire."

D'ailleurs, vous avez dit après avoir fait le premier album de reprises que vous ne vouliez plus chanter. Qu'est ce qui vous a fait changer d'avis ? 

Oui c'est vrai. J'ai voulu essayer en fait et ça a été une découverte puisqu'il y a un réel changement entre le premier et le deuxième album. J'ai beaucoup travaillé et ça paye un jour. Je n'ai pas vraiment changé d'avis puisque j'avais évoqué dans le premier le fait que je ne suis pas chanteur, avant j'étais musicien et aujourd'hui je ne suis toujours pas chanteur mais, j'ai bien peur que ça arrive, que mon nom me rattrape. (rires)

Ce nouvel album, Lady Luck, comment est-il né ? Qu'est-ce qui vous a inspiré ?

Il y a beaucoup de choses qui m'ont inspiré. C'est parti d'une rupture amoureuse. Mais j'ai beaucoup de choses qui m'ont inspiré dans toute ma vie. Ma mère, mon père, une fille que j'ai vue en photo. Elle m'a inspiré pour écrire Lady Luck parce que je l'ai rencontrée et aujourd'hui elle est ma compagne. Voilà, il y a beaucoup de choses.

Cet album devait être à la base un peu sombre, avec cette rupture, mais lorsqu'on l'écoute, on ressent qu'il y a un réel sentiment d'espoir.  

Oui, il y a beaucoup d'espoir. C'est très travaillé. C'est très arrangé musicalement, les textes aussi sont très travaillés. On pourrait croire que c'est un album qui est très triste et d'ailleurs, si on est triste, je ne sais pas s'il faut l'écouter parce qu'il ne faudrait pas que ça devienne plus grave après. Il y a du vécu, donc on peut ressentir ça mais en même temps, comme vous l'avez dit,  il y a beaucoup d'espoir à des niveaux différents. 

C'est un album très personnel, et même intime puisque par exemple dans la chanson Moushka, vous vous adressez directement à votre mère, Bambou. Quelle relation avez-vous avec elle ? 

J'ai une relation très forte. Ma mère c'est ma meilleure amie, ma première confidente. Elle me conseille, elle ? c'est ma mère quoi ! C'est grâce à elle que je n'ai pas lâché la musique, c'est grâce à elle que je suis là et que j'en suis là. 

Elle vous a conseillé pour la musique d'attendre, d'être sûr de vous. N'avez-vous jamais rêvé de faire autre chose que de la musique ? 

Oh bien sûr que si ! Quand j'étais petit je voulais être pilote de Formule 1, je n'ai pas le permis aujourd'hui donc ça va être difficile (rires). Je voulais être ingénieur du son, travailler dans l'univers des jeux vidéo. J'ai voulu être compositeur de musiques de films. Ça c'est une passion, c'est un rêve pour moi. Et il va peut être se réaliser. Ça je ne lâche pas, j'y crois ! 

La chanson Destiny s'adresse à Serge Gainsbourg, votre père. Pourquoi est-ce que c'était important de lui dédier une chanson ? 

C'est un petit clin d'?il, un petit clin d'?il musical à son ?uvre tout en gardant mon style. Et ça reste mon père. J'avais envie de lui offrir une chanson. 

On vous a beaucoup parlé de votre père, mais vous l'avez très peu connu, qu'est ce que vous ressentez qui vous lie à lui ?

La musique. La musique, l'amour. Il est tout le temps présent avec moi. Son énergie rode autour. 

Vous parliez de clin d'?il, votre père aimait faire chanter des actrices. Vous le faites également puisque dans le premier album vous chantiez avec Scarlett Johnson et dans ce deuxième album, vous faites chanter Anne Hathaway. C'est un clin d'?il ou une coïncidence ? 

Non, c'est le hasard. Ce n'est pas voulu. Anne a dit beaucoup de bien du premier album et quand on s'est rencontré, on a évoqué l'idée d'une collaboration. 

Comme beaucoup de fils de chanteurs, votre musique garde tout de même une certaine emprunte de votre père. Vous essayez de vous en détacher ? 

Je le dis, je ne vais pas m'empêcher d'exister parce qu'il a été une icône de la chanson française. Il a marqué l'Histoire etc. on connaît la chanson. J'ai des choses à dire, j'ai des choses à faire. Je fais de la musique depuis que j'ai 4 ans, je pense que j'ai le droit à ma liberté d'expression. Je m'exprime à travers la musique. La musique c'est ma vie. 

Dans cet album, vous ne chantez qu'en anglais, pourquoi ? 

Ça avait un sens pour moi étant donné que je suis parti de France à 20 ans. Avant de partir aux Etats-Unis j'ai fait un an à Londres ensuite j'ai étudié à Boston au Berklee College of Music pendant 4 ans. Ensuite je suis allé 2 ans à New York. J'ai fait 6 ans aux Etats-Unis et là c'est ma troisième année à Londres. Ça a un sens pour moi. L'anglais c'est devenu mon quotidien. Je regarde des films tous les jours en anglais, j'écoute de la musique tous les jours en anglais.

En parlant de ce que vous écoutez, quelles sont vos influences musicales ? Elles sont très anglo-saxonnes ? 

Ah oui, beaucoup, beaucoup. Beaucoup d'Anglais, beaucoup d'Américains. Mickael Jakson, Stevy Wonder, Queen, RadioHead, les Strokes, Cold Play etc. Mozart aussi, il ne faut pas l'oublier (rires). 

Vous êtes parti de France, qu'est ce qui vous attire dans ces pays anglo-saxons mis à part la musique ? 

C'est une autre culture. Une autre culture, un autre aspect. Puis, ce n'est pas la France. C'est différent. Je ne sais pas vraiment dire. J'ai tout de suite accroché et j'aurais pu ne pas accrocher et me dire  "je rentre". Mais non, j'ai accroché par rapport à Paris. 

Qu'est ce qui vous a fait revenir à Londres ? 

Je voulais me rapprocher de ma mère qui vit toujours à Paris. Deux heures et demi de train c'est plus simple que huit heures d'avion. J'aime bien le changement aussi. Même si New York me manque, j'aime bien le changement. 

Vous lancé votre prénom, votre musique, avez-vous déjà des idées pour le prochain album Lulu Gainsbourg ? 

Pas du tout ! Je vais voir ce que la vie me réserve. On verra quand sortira le troisième album. S'il y a un troisième album ! Je pense qu'il y en aura un mais on verra bien. Je ne suis pas pressé, je prends mon temps. Je ne veux pas faire les choses vite. 

Propos recueillis par Raphaël Suspène (lepetitjournal.com/londres) lundi 9 février 2015 

Pour réserver vos places pour le concert à Londres de Lulu Gainsbourg le 16 Mars, c'est ici. 

 

lepetitjournal.com londres
Publié le 8 février 2015, mis à jour le 9 février 2015
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.