

Le Shadow Cabinet (?cabinet fantôme?), sorte de contre-gouvernement virtuel, est une institution politique chère aux Britanniques. Quel est son rôle et la France peut-elle espérer copier son modèle ?
De l'utilité d'un contre-gouvernement
Le concept du Shadow Cabinet prend ses racines dans la fin du 19e siècle, lorsque le gouvernement déchu suite aux élections législatives continuait de se réunir pour infléchir la politique du nouveau gouvernement. Depuis les années 1950, il est devenu un élément clé du régime parlementaire britannique.
Ce ?contre-gouvernement? est composé de députés et Lords du parti arrivé deuxième en nombre de députés à la Chambre des Communes. Le responsable du parti, actuellement Ed Miliband, est appelé ?leader de l'opposition?. Ce dernier désigne des députés (dit "ministres fantôme") chargés de surveiller de près les décisions de chaque membre du gouvernement et de proposer des solutions alternatives. Cela permet à l'opposition de contrer la politique du gouvernement de manière organisée, ainsi que de juger de l'efficacité de ses potentiels futurs ministres (en cas de victoire du parti de l'opposition aux législatives, les ministres fantômes sont le plus souvent nommés au même poste au sein du gouvernement).
(lég : réunion du Shadow Cabinet autour de Ed Miliband)

A quand le cabinet fantôme en France ?
Le concept du cabinet fantôme est loin d'être étranger à la France: plusieurs personnalités politiques ont déjà tenté d'en faire l'expérience, sans jamais parvenir à l'institutionnaliser. François Mitterrand fut le premier à s'y essayer en 1966, suivi de Michèle Alliot-Marie en 2000 et François Bayrou en 2010, tous sans succès. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, est lui-même allé piocher dans les pratiques anglo-saxonnes en 2007, sans toutefois trouver l'écho escompté.
On peut douter de l'efficacité d'un tel procédé en France, dans la mesure où il représente plus souvent une tentative d'exister médiatiquement qu'une légitimité politique accordée à un parti par le peuple. Il aurait cependant pour avantage de fédérer l'opposition qui, qu'elle soit de droite ou de gauche, est bien souvent dispersée.
La politique française se dotera t-elle en 2012 d'un Cabinet fantôme ? Il faut d'abord attendre l'issue des élections législatives, le 17 juin prochain, pour, dans un premier temps, voir une opposition se dessiner. Ensuite viendra le temps de l?organisation?ou du désordre.
Zoé Tabary (www.lepetitjournal.com/londres) lundi 11 juin 2012
Retrouvez le site officiel du cabinet fantôme au Royaume-Uni: http://www.labour.org.uk/shadow-cabinet























