

L'association Londres Accueil débutait en octobre une série de conférence pour permettre à ses nouveaux membres de s'intégrer plus facilement dans leur nouveau pays. L'occasion de revenir sur quelques différences caractéristiques qui nous séparent de nos voisins britanniques. Avec humour...
Un bout de mer qui nous sépare et tout est remis en cause?Comme toutes les îles, l'Angleterre aime à se penser différente du reste de l'Europe. Une Europe à laquelle d'ailleurs elle ne sait pas bien si elle appartient. Ses habitants le rappellent souvent, ils ne font pas partie du "continent". Et mine de rien, cela change beaucoup de choses. Il ne suffit pas d'avoir visiter Londres et de connaître la différence entre Angleterre, Royaume-Uni et Grande-Bretagne, ce qui n'est déjà pas évident, pour comprendre nos amis "rosbifs".
So French
Première chose importante à savoir : comment sommes nous perçus dans l'imaginaire collectif britannique? Commençons par les points positifs. Mais si, ne vous inquiétez pas, il y en a. La langue française a, pendant des siècles et ce jusqu'à Napoléon, toujours été celle des puissants et de la science. Aujourd'hui, elle est toujours symbole de cuisine, de mode et de passion romantique. Il est même chic pour un anglais d'utiliser quelques mots empruntés à la langue de Molière au beau milieu d'une conversation. "Déjà vu", "à propos", "fait accompli" ou "joie de vivre" sont quelques expressions fréquemment utilisées au pays de Shakespeare.
Soyons réalistes, les Britanniques n'ont pas non plus retenu que du positif des Français. Selon eux, nous sommes souvent arrogants dans notre façon de nous présenter, introduisant par exemple avant tout nos diplômes comme carte de visite. À l'inverse, les citoyens de sa Majesté glisseront au milieu de la discussion les expériences professionnelles ou personnelles qu'ils ont pu vivre tout au long de leur carrière. Les entretiens d'embauche en Angleterre sont d'ailleurs d'une manière générale extrêmement différents de ceux que nous connaissons en France.
Le Français est aussi perçu comme impoli au pays du "thank you", "cheers", "lovely", "your welcome" et bien d'autres encore. Il faut dire qu'il est difficile de concurrencer les Britanniques sur ce point. Ils passeraient presque pour hypocrites. Mais non, rassurez-vous, il suffit de décoder leur langage. Quand lors d'une discussion, on vous répond : "interesting idea", prenez-le pour : "idée stupide". Même chose lorsque l'on vous dit : "you could say that". Comprenez en fait : "je dirais autre chose". Quant au : "I agree up to a point", ne vous méprenez pas, il faut bien évidemment le traduire par "je ne suis pas du tout d'accord".
So British
L' Anglais ne vous fera que très rarement un reproche et s'il le fait, il tentera de le déguiser. Un leurre que certains appellent très justement "la technique du sandwich" : compliment - reproche - compliment.
Nous apparaissons aussi à leurs yeux comme manquant de ponctualité mais soyons honnête, peut-on vraiment les contredire sur ce point? Enfin, et ça personne ne sait vraiment pourquoi, le Français est souvent représenté avec un collier d'ail autour du coup. Une référence à notre odeur naturelle?
Quand nous, latins, utilisons nos bras pour parler et exprimons nos sentiments sur nos visages, les Britanniques, eux, préfèrent contenir leurs émotions. Dans une conversation, ils tenteront toujours d'éviter le "non" ou le conflit et utiliseront le conditionnel ("could", "should", "would"). Enfin, en terme d'humour, l'auto-dérision ou "self depreciating" sera toujours tournée de façon à rebondir sur un point positif qu'entraîne ce qui à la base était supposé être un défaut avoué.
Il est conseillé, lors d'une conversation avec un Anglais, de faire des phrases courtes et simples afin d'éviter les erreurs, de ne surtout pas hésiter à faire répéter ou reformuler, de ne pas interrompre son interlocuteur et surtout de ne pas avoir peur des silences. Ils sont naturels ici et permettent à chacun de se reconcentrer et de bien réfléchir. Finalement il suffit d'observer la circulation en Grande-Bretagne pour rapidement faire le parallèle. La conduite et la conversation sont soumises aux mêmes règles : calme, politesse et savoir-vivre.
Victimes de leur bonne éducation?
Une des premières règles de savoir-vivre qui saute aux yeux quand on arrive à Londres est la faculté des Britanniques à faire la queue et à respecter l'ordre de passage. Certains attribuent cette attitude aux anciens bus impériaux dans lesquels on ne pouvait monter que un par un. D'autres y voient plutôt une référence aux longues queues pour le rationnement pendant la guerre. Toujours est-il qu'un chercheur a démontré que les Britanniques avaient eu le plus faible taux de survie lors du naufrage du Titanic. Faut-il y voir un lien de cause à effet?
Simon Gleize (www.lepetitjournal.com/londres) jeudi 02 février 2012
| Quelques conseils de l'association Londres Accueil pour bien s'intégrer: - Toujours avoir du thé chez soi pour les invités - Lors d'une invitation, ne pas hésiter à se faire préciser si c'est pour le thé, le goûter ou le diner - Sujets à aborder : l'emploi du temps para scolaire des enfants, les fêtes d'anniversaire (véritable industrie ici), les écoles (sujet brûlant), l'immobilier - Laissez son mari aller au pub après le travail. C'est une tradition et souvent une réunion de travail déguisée - Regarder les séries Eastenders et Coronation Street - Envoyer des cartes de remerciements après une invitation ainsi que des cartes de Noël |
En septembre ce n'est pas seulement la rentrée des enfants, c'est aussi celle des associations. Londres Accueil organisait mercredi 14 septembre son grand café de rentrée au Baden Powell House dans le quartier de South Kensington |
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