Prêtée par la France au Royaume-Uni, la tapisserie de Bayeux sera visible au British Museum du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027. Emmanuel Macron et le roi Charles III ont découvert l’exposition en avant-première mercredi 2 septembre, lors d’un rendez-vous placé sous le signe de l’histoire et des relations franco-britanniques.


Contrairement à ce que son nom laisse entendre, la tapisserie de Bayeux est une longue broderie réalisée avec des fils de laine sur une toile de lin. Elle mesure près de 70 mètres et remonte au XIe siècle.
Une chronique brodée de la conquête normande
L’œuvre raconte les événements qui précèdent et suivent la bataille de Hastings, en 1066. Elle montre les tensions entre Harold Godwinson, roi d’Angleterre, et Guillaume, duc de Normandie, avant la victoire de ce dernier et son accession au trône anglais.
Son origine exacte reste discutée. Les historiens estiment toutefois qu’elle aurait été commandée par Odon de Bayeux, le demi-frère de Guillaume le Conquérant. Elle aurait probablement été confectionnée en Angleterre, avant d’être conservée en Normandie.
En plus des scènes militaires, la broderie montre des navires, des chevaux, des armes et différents aspects de la vie quotidienne au Moyen Âge. Ses inscriptions en latin permettent de suivre le récit, largement raconté du point de vue des vainqueurs.
Une œuvre rarement déplacée depuis Bayeux
La tapisserie n’a été que très rarement exposée en dehors de Bayeux, sa ville d’origine. En 1803, Napoléon Bonaparte l’avait fait venir à Paris pour la présenter au public et l’utiliser dans sa communication autour d’un possible projet d’invasion de l’Angleterre.
Elle a connu un autre déplacement à Paris en 1945, après avoir été mise à l’abri pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a alors été présentée au Louvre avant de retourner en Normandie. Selon le musée de Bayeux, ces deux épisodes constituent les seuls précédents d’une exposition de la broderie en dehors de la ville.
Le prêt au Royaume-Uni est donc inédit. La tapisserie est arrivée à Londres en juillet, après un transport organisé dans des conditions très surveillées et plusieurs tests destinés à limiter les risques pour ce textile.
Un prêt historique entre la France et le Royaume-Uni
Après avoir été présentée en avant-première à Emmanuel Macron et au roi Charles III, la tapisserie de Bayeux ouvrira ses portes au public le 10 septembre au British Museum. Le président français a visité l’exposition aux côtés du souverain britannique, de la reine Camilla, de Brigitte Macron et du Premier ministre Andy Burnham.
Tapisserie de Bayeux à Londres : Macron célèbre un lien "aussi étroit que les fils"
Ce prêt est particulièrement symbolique : l’œuvre revient au Royaume-Uni pour la première fois depuis près de 1.000 ans. Annoncé par Emmanuel Macron lors de sa visite d’État au Royaume-Uni, en juillet 2025, il doit aussi illustrer les liens historiques et culturels entre les deux pays.
Pour les Britanniques, l’intérêt de cette exposition tient surtout à l’épisode raconté par la broderie. La victoire de Guillaume de Normandie à Hastings, en 1066, a profondément marqué l’histoire anglaise, en transformant la monarchie, l’aristocratie et la langue du pays.
L’accord prévoit également que plusieurs œuvres issues des collections britanniques, dont les trésors de Sutton Hoo et les pièces du jeu d’échecs de Lewis, soient prêtées à des musées normands.

Au British Museum de Londres, une véritable configuration “exposition”
À Londres, la broderie est présentée à plat dans la Sainsbury Exhibitions Gallery du British Museum. Les visiteurs pourront observer ses scènes historiques, ses inscriptions en latin ainsi que ses nombreux détails consacrés aux personnages, aux navires et à la vie médiévale.
L’intérêt du public britannique a été immédiat. La conquête normande de 1066 est largement enseignée dans les écoles et reste associée à une période fondatrice de l’histoire anglaise. Le musée attend une fréquentation exceptionnelle : jusqu’à 7,5 millions de visiteurs pourraient se rendre au British Museum pendant la durée de l’exposition, même si ce chiffre correspond à la fréquentation globale attendue de l’établissement.
Des retombées économiques pour Londres
L’exposition représenterait un investissement d’environ cinq millions de livres, soit près de 5,8 millions d’euros. Une partie de cette somme aurait été prise en charge par Igor Tulchinsky, un investisseur américano-biélorusse dirigeant WorldQuant, une société consacrée à la formation en ingénierie financière.
L’investissement est certes conséquent, mais les bénéfices liés à l’exposition pourraient également être au rendez-vous. Le British Museum devrait tirer des revenus importants de la billetterie. Les premières ventes ont généré environ 2,5 millions de livres en une journée, tandis que les recettes pourraient atteindre près de 8,6 millions de livres sur l’ensemble de l’exposition, selon des estimations rapportées par la presse.
Dates, tarifs et réservations au British Museum
L’exposition sera accessible du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027, sur réservation et avec des billets horodatés. Le prix des billets adultes varie de 25 à 33 livres, selon le jour et l’horaire choisis. Les moins de 16 ans pourront entrer gratuitement s’ils sont accompagnés d’un adulte.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les billets du British Museum ont été réservés en un temps record. Les créneaux disponibles jusqu’à la fin de l’année 2026 affichent déjà complet. Une nouvelle mise en vente, pour les visites prévues entre janvier et mars 2027, doit avoir lieu le 21 octobre 2026. Les créneaux du printemps et du début de l’été seront proposés ultérieurement.
































