

Diplômé d'Oxford, polyglotte et socialiste dans l'âme, Dermot Bryers, 27 ans, a crée il y a 4 ans, English For Action, une association qui propose des cours d'anglais à des prix défiants toute concurrence. L'idée ? De meilleures compétences linguistiques pour une meilleure expérience de vie en UK. Interview
Lancée en 2006, English For Action (EFA) est une association à but non lucratif qui propose des cours d'anglais aux étrangers de tous niveaux, âges et nationalités. Le plus souvent dispensées dans les locaux d'écoles, d'églises ou d'associations de quartier, ces leçons animées par des professeurs qualifiés, proposent un apprentissage pratique de l'anglais. Le contenu des cours est flexible et s'adapte en fonction du profil de chaque groupe : expression orale, exercice de grammaire et de prononciation, discussion sur des thèmes d'actualité, conseils et entraînement aux entretiens d'embauche?.Plus qu'un simple enseignement théorique de l'anglais, ?English For Action' se veut un vecteur d'intégration et encourage ses participants, sans leur imposer, à partager leur expérience avec les autres membres du groupe et les professeurs. Le but : qu'ils acquièrent plus de confiance en eux et se sentent plus à l'aise au quotidien.
Dermot Bryers fondateur de l'association English for Action
A qui s'adresse EFA ?
Dermot Bryers : EFA accueille les personnes de tous horizons. Le projet a pour objectif d'améliorer l'accès à des cours d'anglais, d'où le prix très abordables des sessions. Il vise en particulier des personnes qui ne peuvent pas accéder, pour diverses raisons, à une formation de type ESOL ou ESL: manque de temps, moyens financiers insuffisants, conditions de séjour ou de nationalité incomplètes, ou absence de moyen de garde pour leur jeunes enfants. EFA accueille aussi des personnes qui veulent rencontrer d'autres personnes de leur quartier.
Quel est le profil des participants ?
Nos participants ont des profils très variés : certains sont titulaires de diplômes universitaires ou de doctorat, d'autres n'ont pas même eu l'opportunité de suivre une scolarité de niveau primaire dans leur pays d'origine ; leur âge est compris entre 18 et 65 ans ; leur présence en UK peut aller de 2 semaines à 35 ans. Cependant, les jeunes mamans d'Europe de l'Est ou d'Amérique du Sud sont peut-être les plus nombreuses. La composition de nos classes dépend aussi du contexte dans lequel elles ont lieu. J'enseigne actuellement à un groupe d'employés de société de nettoyage à Holborn, et le groupe est entièrement composé de jeunes polonais.
La majorité des cours sont dispensés dans des écoles ? Pourquoi ?
Les écoles primaires sont apparues comme étant un lieu tout à fait adéquate. Point de rencontre naturel pour la majorité de nos participants qui sont également parents, elles sont dotées de locaux de bonne qualité, avec un espace de jeux adapté aux jeunes enfants qui accompagnent parfois les mamans participantes. Les mères immigrées (mais pas exclusivement) ressentent fortement le besoin d'apprendre l'anglais et les écoles sont facilement convaincues que cela est aussi dans leur intérêt.
Même si nos cours n'ont pas été lancés dans cette perspective, ils se sont révélés être un soutien particulièrement utile aux femmes immigrées. En effet, elles n'ont pas (aussi facilement que leurs maris), accès à un travail adapté à leurs contraintes familiales. Dès lors, elles ont moins l'opportunité d'apprendre à s'exprimer correctement en anglais. Cette lacune est facteur d'isolement et de dépendance à l'égard de leur mari et enfants. EFA est un moyen, si modeste soit-il, de rendre ces femmes plus autonomes. Les cours de EFA dispensés pendant les heures de scolarité leur sont particulièrement profitables.
Combien de nationalités sont représentées dans vos classes et les francophones sont-ils nombreux ?
Nous pouvons compter au moins 25 nationalités différentes. A titre d'exemple, nous avons une classe qui compte 11 participants et 10 nationalités différentes. Les francophones sont minoritaires, mais je travaille actuellement avec la communauté congolaise pour démarrer prochainement une classe qui leur est dédiée.
Les prix de vos leçons d'anglais sont très abordables et parfois gratuits. Comment EFA est-elle financée ?
La Baronne Myriam Ullens a financé l'association au cours de 18 derniers mois. Certains cours sont financés par les councils (Greenwich, Battersea), d'autres le sont par des charities (Whitechapel). Nous soutenons aussi des demandes de fonds auprès de fondations et de trust spécifiques. Cet argent nous permet de vendre nos cours à un tarif très bas. Ainsi, à Greenwich, et à la demande des écoles partenaires, le coût de la participation est de £1 pour 2 heures de cours.
Les restrictions de budget annoncées par le gouvernement vont-elles avoir un effet négatif sur EFA ?
Cela pourrait inciter les collectivités à diminuer le financement qu'elles accordent à l'enseignement destiné aux familles. Inversement, les coupes budgétaires annoncées dans l'enseignement supérieur pourraient signifier que davantage de fonds soient alloués à l'enseignement primaire ou secondaire. Il serait d'ailleurs conforme à l'idéologie du parti conservateur que l'enseignement pour adultes soit dispensé par le secteur associatif plutôt que par les universités d'Etat. Dans ce cas, cela devrait être bénéfique aux associations comme la nôtre. Cela dit, je ne souhaite pas que les fonds alloués aux collèges d'enseignement supérieur soient restreints.
Tiphaine Beausseron (www.lepetitjournal.com/londres) lundi 6 décembre 2010
Pour en savoir plus sur EFA :
EFA dispense actuellement des cours Greenwich, Holborn, Battersea et Whitechapel. Elle propose également parfois de cours gratuits concentrés sur une semaine avec garderie sur place pour les bébés et activités sportives pour les enfants. Pour en savoir plus et participer :
http://www.efalondon.org/



















