

En Grande Bretagne, le gouvernement lutte contre les violences à l'école avec un programme radical : autoriser la police dans les établissements scolaires
La délinquance juvenile a baissé de 30% en 4 ans à Islington / Laurène Casseville
Gangs, violences au couteau, vols? La Grande Bretagne n'est pas épargnée par la délinquance juvénile. Selon le quotidien le Telegraph, le nombre de mineurs inculpés pour violences a augmenté de 37% entre 2003 et 2006. Pour enrayer ce phénomène, l'ancien ministre de l'Intérieur David Blunkett a mis en place en 2002 un partenariat entre des commissariats et des établissements scolaires.
Concrètement, un officier de police peut être affecté à une ou plusieurs écoles. Son objectif est avant tout de prévenir les comportements anti-sociaux tels que les rackets et les bagarres. Près de 5.000 écoles primaires, collèges ou encore lycées anglais, expérimentent un partenariat avec un poste de police. Dans le quartier d'Islington situé au nord de Londres, le sergent Adrian Needley a développé des échanges entre son commissariat et 9 établissements du quartier. Résultat, le sergent constate "une baisse de 30% de la délinquance juvénile en 4 ans".
Des débuts difficiles
Carrol Elliot travaille trois jours par semaine au collège Elizabeth Garrett Anderson. Vêtue de son uniforme et coiffée de sa casquette d'officier de police, Caroll rigole et discute avec les élèves pendant la récréation. Sa présence au collège ne choque plus personne. "Au début, les élèves se demandaient pourquoi j'étais là. Ils pensaient que je venais résoudre un crime grave". Carroll explique qu'il a fallu, prendre le temps de bien expliquer son rôle aux adolescents. "Je suis ici pour éviter la violence et pour créer des liens avec les jeunes", affirme l'officier. La directrice, Jo Dibb, confirme que l'arrivée de Carroll il y a 4 ans, n'a pas été facile à gérer. "Les enseignants et parents ont eu du mal à accepter le présence d'un policier au collège. Mais finalement tout le monde a compris son rôle et maintenant personne ne peut imaginer son départ"
Le rôle des officiers de police
Carroll assure une permanence de trois jours durant lesquels elle reste à l'écoute des adolescents qui ont subi des violences au collège ou en dehors de l'établissement. L'officier est aussi là pour sensibiliser les jeunes contre la délinquance. "Mon objectif est notamment d'éviter que mes élèves soient de futures victimes", souligne Carroll. Elle leur donne par exemple des leçons pour éviter les vols de téléphone portable ou pour être prudent la nuit dans les transports en commun. Confidente, psychologue, policier ou enseignante ? Finalement, Carroll avoue sans complexes que son rôle au sein du collège dépasse amplement celui d'officier de police.
Laurène Casseville (www.lepetitjournal.com - Londres) Jeudi 25 mars 2010



























