Forest Gate Community Garden, Onion Garden ou encore Energy Garden, ces sites ont tous un point commun, ce sont des coins délaissés transformés en jardins collaboratifs. Entre l'énergie solaire, la permaculture et le besoin de déconnexion, ces jardins collaboratifs font bien plus que planter des plantes et des légumes, ils sont là pour réparer la ville et la population.


Ces Londoniens n’ont qu’une seule envie, transformer les espaces abandonnés en jardins. Dans les quartiers de l’Est ou coincés entre deux voies ferrées, le vert n’a pas souvent été visible, aujourd’hui, de nouveaux projets citoyens changent la donne. Là où il n’y avait que des mauvaises herbes et du gris, on voit débarquer la terre, les graines et surtout beaucoup de solidarité.
Pour Energy Garden, ce sont des panneaux solaires qui sont utilisés pour financer plus de 20 jardins. De son côté, Forest Gate a transformé un ancien dépôt de bois en un espace partagé où tout le monde cultive et récolte. Enfin, Onion Garden est un petit refuge axé sur la permaculture pour réapprendre aux habitants à travailler dans la terre.
Des terrains délaissés devenus des poumons verts à Londres
Ces lieux ont commencé avec une zone grise que personne ne voulait. À Forest Gate Community Garden, la zone était un ancien dépôt de bois abandonné avec des détritus. Aujourd'hui, c'est un espace foisonnant où la règle est simple : « Ici, tout est partagé. On ne possède pas sa propre parcelle, on cultive et on récolte ensemble », explique Fiona Leckenby, coordinatrice du projet.
« À Londres, ne pas vivre près d'un espace vert multipliait par cinq le risque de contracter la Covid-19 »
Même constat pour Energy Garden, qui investit les espaces délaissés par Transport for London (TfL) autour des stations de métro. Pour Agamemnon Otero, fondateur du réseau, le but est de transformer ces infrastructures en lieux de vie. « À Londres, ne pas vivre près d'un espace vert multipliait par cinq le risque de contracter la Covid-19 », rappelle-t-il, soulignant l'aspect vital de ces ouvertures de jardins en zone urbaine. Cette mission se retrouve partout : à Forest Gate Community Garden, le jardin est devenu une solution contre l'isolement. Ici, les bénévoles ne viennent pas seulement pour les légumes.

Un modèle économique pour la communauté
Contrairement aux parcs classiques, ces jardins veulent l'autonomie. Energy Garden a inventé un système en circuit fermé où les citoyens achètent des parts sociales pour devenir copropriétaires de panneaux solaires installés sur les toits de Londres. Les revenus de la vente d'électricité servent ensuite à payer les horticulteurs et le matériel des jardins. « L'argent reste ici pour soutenir les projets locaux au lieu de partir vers une grande compagnie », raconte Agamemnon.
« Le but est de créer un environnement où tout le monde trouve sa place »
Cette mission de soin se retrouve à Forest Gate, où l'on explique que le jardin est devenu un remède contre l'isolement urbain. Ici, on ne vient pas seulement pour les légumes, mais pour « la gymnastique du cerveau » que procure le contact avec la nature. À Onion Garden, cette approche se veut thérapeutique. Au lieu de cultiver pour manger, nous venons pour « réapprendre à toucher la terre » et à se reconnecter à ses sensations. « Le but est de créer un environnement où tout le monde trouve sa place », précise Jens, le fondateur. Le jardin est entouré d'immeubles si hauts qu'ils bloquent la lumière : « Nous n'avons pas assez de soleil. Nous ne pouvons pas produire », mais ce projet leur permet d’être loin du stress du boulot.
Les bénévoles, le cœur du projet
Mais si ces projets tiennent debout, c’est avant tout grâce à une « armée de bénévoles ». Qu’ils soient retraités, étudiants ou actifs en quête de sens, ce sont eux qui, chaque semaine, retournent la terre et entretiennent la verdure. Sans ces volontaires, ces jardins retourneraient vite à l'état de friches. À Onion Garden, Jens enseigne aux volontaires à « arrêter de réfléchir » pour simplement utiliser leurs mains et leur instinct au contact de la nature.

À Forest Gate Community Garden, Energy Garden ou encore Onion Garden, le jardinage se transforme en un véritable exercice de mixité sociale. Des habitants qui ne se seraient jamais croisés ailleurs discutent pendant des heures autour d'un bac de plantation. C’est le moteur qui permet à ces structures de rester ouvertes et accueillantes pour tous.
Le lieu du partage
Le dernier pilier de ces initiatives est sûrement l'éducation. À Onion Garden, les usagers apprennent à observer la nature et à créer avec leurs mains, comme la fabrication de nids en brindilles, tandis qu'à Forest Gate Community Garden, ils sont initiés aux secrets du compostage. Pour Energy Garden, la transmission passe aussi par la technique, en formant des jeunes aux énergies renouvelables.
Finalement, la réussite de ces jardins ne se mesure pas au nombre de tomates récoltées, mais aux sourires et aux liens qui se créent. Entre les panneaux solaires, la terre et la solidarité, ces trois projets prouvent qu'une simple graine et quelques bras motivés suffisent pour réparer la ville et redonner le moral aux Londoniens.
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