

Selon un sondage Yougov paru dans le Sunday Times dimanche 1er avril, la côte de popularité de David Cameron est au plus bas. Sa politique d'austérité assortie d'allègements fiscaux pour les hauts revenus mais aussi une série de maladresses sont pointées du doigt
(Crédit : AFP)
Avec seulement 26% d'opinions favorables, David Cameron aurait du mal à être candidat à sa propre succession si le calendrier électoral britannique était le même qu'en France. Jamais le Premier ministre conservateur n'avait connu une côte de popularité si basse depuis son arrivée au 10 Downing Street en mai 2010. Son parti, les Tories, ne s'en sortent guère mieux avec 33% d' intentions de vote contre 42% aux travaillistes.
Les explications de ce désamour entre le chef du gouvernement et une majeure partie de l'opinion publique sont multiples. Les budgets d'austérité qui se succèdent depuis deux ans commencent à épuiser les Britanniques surtout quand ils ont l'impression d'être les seuls à devoir faire les efforts pour réduire la dette du pays. L'annonce le 21 mars dernier par le gouvernement de la baisse du taux marginal d'imposition sur les revenus annuels supérieurs à 150.000 livres est mal passée. Le Premier ministre en paye clairement le prix dans les sondages.
Pas touche à mon "pasty"
Pire encore, Cameron et son gouvernement sont accusés d'être déconnectés de la réalité et du quotidien de leurs concitoyens. Dans ce même budget, George Osborne, ministre des Finances, a annoncé une hausse de 20% de la TVA sur certains produits alimentaires et notamment les snacks chauds à emporter. Problème, en Grande-Bretagne, on ne plaisante pas avec les "meat pasties", chaussons à la viande très prisés et désormais cause nationale à défendre. Alors que George Osborne a été incapable de se souvenir à quand remontait son dernier "pasty", le Premier ministre a lui été pris en flagrant délit de mensonge. Il a répondu à un journaliste en avoir acheté un il y a peu dans le magasin d'une grande chaîne de snack à la gare de Leeds alors que celui-ci est fermé depuis 2007. Un éloignement du quotidien des Britanniques qui passe mal alors que ceux-ci sont appelés à se serrer la ceinture depuis de longs mois déjà. Un journaliste du Sun n'a d'ailleurs pas hésité à comparer le ministre des Finances à Marie Antoinette et son "qu'ils mangent de la brioche". "Elle n'avait aucune idée de la famine, écrit-il. Tout comme le ministre des Finances et ses collègues riches ne peuvent pas s'imaginer ce que c'est d'être tellement à sec qu'une augmentation brusque du prix du pasty peut faire mal."

Outre cette attaque à une tradition culinaire toute britannique, David Cameron et le parti conservateur se sont aussi retrouvés il y a quelques jours emmêlés dans ce qui pourrait être un scandale de financement. L'un des trésoriers du parti a dû démissionner alors qu'il monnayait auprès de riches hommes d'affaires un accès privilégié au Premier ministre britannique. Pour 250.000 livres par an, il était possible de déjeuner, dîner ou boire un verre avec David Cameron ou George Osborne afin de discuter avec eux de façon informelle de tous les sujets avec la perspective de voir certains d'entre eux figurer dans l'agenda politique du gouvernement. "Ce sera formidable pour vos affaires", promettait le trésorier Peter Cruddas.
Panique à la pompe
Enfin, pas plus tard que la semaine dernière, David Cameron s'est à nouveau attiré la foudre d'une partie de l'opinion publique. En prononçant des propos alarmistes sur une possible pénurie d'essence, il a provoqué une ruée des automobilistes vers les stations-services. "Plus les gens ont du carburant dans leurs véhicules, peut-être un peu dans leur garage et dans un jerricane, plus les choses pourront fonctionner", avait d'abord lancé Francis Maude, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, avant que David Cameron lui-même estime "judicieux" de remplir son réservoir au cas où. Après que les ventes d'essences ont bondi de 170% et celles de diesel de près de 80% en une journée, il a fallu faire marche arrière. En effet, le mouvement de panique a entrainé des comportements dangereux voire inconscients. Des gens remplissaient des bouteilles de lessive ou des pots de peinture ou de confiture, sans se rendre compte des risques encourus. Les pompiers eux-mêmes ont demandé au gouvernement de mettre en garde les Britanniques sur les dangers du stockage d'essence.
Si le printemps ne semble pas sourire au Premier ministre britannique David Cameron, il peut toujours se rassurer en se disant qu'il a encore trois ans devant lui pour inverser la tendance.
Simon Gleize (www.lepetitjournal.com/londres) mercredi 4 avril 2012
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