Édition internationale

325 arrestations à Londres lors d’une manifestation contre l’interdiction de Palestine Action

Plus de 300 personnes ont été arrêtées samedi 31 octobre à Londres, lors d’un rassemblement contre l’interdiction de Palestine Action au Royaume-Uni. Le sujet est plus que jamais au cœur de l’actualité outre-Manche, alors que la Cour suprême britannique examine à partir du 4 novembre cette loi s’inscrivant dans la lutte antiterroriste.

Plus de 300 personnes ont été interpellés à Londres ce samedi 31 octobre 2026.Plus de 300 personnes ont été interpellés à Londres ce samedi 31 octobre 2026.
Plus de 300 personnes ont été interpellés à Londres ce samedi 31 octobre 2026.
Écrit par Jules Cottalorda
Publié le 2 novembre 2026

Des centaines de personnes se sont réunies samedi à Nine Elms, dans le sud-ouest de Londres, à l'appel du collectif Defend Our Juries. Leur objectif : dénoncer l'interdiction de Palestine Action au Royaume-Uni, l’organisation militante propalestinienne étant classée comme terroriste par les autorités britanniques depuis juillet 2025. Pancartes à la main, les manifestants ont notamment repris le slogan « I oppose genocide, I support Palestine Action » (« Je m'oppose au génocide, je soutiens Palestine Action »). La mobilisation s'est soldée par une importante opération policière. Selon la Metropolitan Police, 325 personnes ont été arrêtées.

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Le collectif Defend Our Juries dénonce une utilisation disproportionnée de la législation antiterroriste  

Parmi les 325 personnes interpellées, 320 l'ont été pour avoir exprimé leur soutien à Palestine Action. Les arrestations ont eu lieu progressivement au cours de la journée, certains manifestants étant emmenés par les policiers alors qu'ils refusaient de les suivre.

Pour les organisateurs, cette mobilisation prenait avant tout la forme d’une contestation de la décision du gouvernement. Le collectif Defend Our Juries dénonce une utilisation disproportionnée de la législation antiterroriste contre des personnes venues exprimer leurs convictions. Plusieurs participants ont également expliqué leur présence par la défense des libertés publiques. Le rassemblement s'inscrit dans une série de mobilisations similaires : plus de 4 000 arrestations liées au soutien à Palestine Action auraient été recensées depuis l'interdiction, selon les chiffres avancés par les militants.

Une autre manifestation s'est tenue à Édimbourg, devant le consulat américain. Aucune arrestation n'y a été effectuée dans l'immédiat, même si la police écossaise a indiqué examiner certains éléments recueillis sur place.

 

L’interdiction de Palestine Action bientôt examinée par la Cour suprême britannique

Le choix de l'ambassade américaine comme lieu de rassemblement n'était pas anodin. Les organisateurs souhaitaient également dénoncer le rôle des États-Unis dans le conflit israélo-palestinien. Washington a aussi désigné Palestine Action comme organisation terroriste en août 2026.

La manifestation intervient surtout à quelques jours d'une audience décisive devant la Cour suprême britannique. À partir du 4 novembre, celle-ci doit examiner le recours de la cofondatrice du mouvement, Huda Ammori, contre son interdiction. En février, la Haute Cour avait estimé que cette mesure était disproportionnée. Mais cette décision avait ensuite été renversée en juin par la Cour d'appel, qui avait validé l'interdiction.

Le gouvernement britannique, désormais dirigé par Andy Burnham, maintient sa position et entend défendre cette décision devant la justice. De son côté, le mouvement de contestation estime que l'interdiction porte atteinte à la liberté d'expression et au droit de manifester. L'audience devant la Cour suprême doit ainsi examiner les limites de l'utilisation des lois antiterroristes à l'encontre d'un mouvement militant.

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