Édition internationale

PAUL BADURA-SKODA - "La musique est le symbole de la vie"

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 mai 2014

 

En ce samedi 10 mai se jouait une représentation un peu spéciale, au coin de St John's Smith. Paul Badura-Skoda, le célèbre pianiste autrichien, y présentait son "Works by Chopin and Schubert", rendant ainsi un hommage aux deux compositeurs. Avec lepetitjournal.com de Londres, il revient sur son expérience, sa carrière internationale, et son amour pour la musique.

(source photo : image officielle de Paul Badura-Skoda, site internet)

Né en 1927 à Vienne, Paul Badura-Skoda possède une carrière à faire pâlir les plus grands. En 1947, à seulement 20 ans, il gagne le premier prix d'Austrian Music Competition, puis sera plus tard récompensé en tant que Chevalier de la Légion d'Honneur, ou récompensé de l'Ordre des Arts et des Lettres. Cet amour de la musique, il dit lui même le développer pendant la Seconde Guerre Mondiale : "la musique, c'est le symbole de la vie, la force de l'esprit face à celle terrible de la destruction". Jusqu'à le mener donc vers cette carrière. "Les différents compositeurs, comme les poètes et les peintres, expriment chacun une vérité universelle vécue et transmise par un génie individuel, dans l'intimité de chaque âme. Ils m'ont guidé dans la recherche de la beauté, l'accomplissement d'un style, à n'importe quelle époque".

Une carrière internationale

Sa carrière l'amène à voyager et poser ses bagages dans différents coins du globe. Au début du mois d'avril, il jouait ainsi à Tel Aviv, pour débarquer ensuite dans la capitale britannique, alors qu'une tournée japonaise est déjà prévue pour la fin du mois de mai. Une force, qui lui permet de découvrir les publics du monde entier : "C'est surprenant à quel point la réception de la musique est presque la même dans des pays de cultures différentes, la musique est un langage universel, un langage du coeur. Chaque année, je prépare 4 à 8 programmes différents que je soumets aux agents et organisateurs de concerts. Par exemple, dans l'année Mozart (1991), j'ai joué l'intégrale de ses sonates à peu près dans le monde entier"

Oh Londres...

Si le pianiste a joué dans une foule d'endroits, cela ne l'empêche pas de chérir plus particulièrement la ville de sa Majesté. Un amour qui s'explique par un aspect culturel, mais aussi historique. "Londres, c'est mon rêve depuis mon enfance. De surcroît, c'est la ville qui avait accueilli beaucoup de mes amis et connaissances forcés de quitter l'Autriche en 1938. Plus tard, l'Anglo-Austrian Society m'a permis de me sentir à Londres aussi bien que chez moi, à Vienne. J'ai eu la chance et le bonheur de jouer à Londres sous la direction des plus grands chefs, comme Josef Krips, Sir Adrian Boult, Georg Solti?". Ce qui rendait le concert de la semaine dernière d'autant plus particulier. 

Et lors de cet événement, justement, Paul Badura-Skoda rendait hommage à deux grands compositeurs, Chopin et Schubert. Un choix surprenant ? "J'ai eu l'idée de jouer Chopin et Schubert dans un même programme lors d'un grand festival français, le festival de Nohant. Ils sont presque des contemporains, seuls 13 ans les séparent (Schubert est né en 1797, Chopin en 1810). Il y a beaucoup de traits communs : des mélodies sublimes qui font chanter le piano, des harmonies hardies, insolites, nouvelles, mais aussi beaucoup de différences ; Chopin séduit, Schubert nous touche droit au coeur". Une histoire de contraste qui justifie davantage le choix de ces deux là. Et c'est le talent du pianiste qui permet de faire ressortir le génie de la composition. Une sorte de duo, en somme. En tout cas, ce vendredi 10 mai, Paul Badura-Skoda rendait un hommage à deux grands compositeurs, tandis que le public célébrait un musicien hors du commun : lui-même.

Cindy Jaury (www.lepetitjournal.com/londres) mercredi 14 mai 2014

lepetitjournal.com londres
Publié le 13 mai 2014, mis à jour le 14 mai 2014
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.