Journaliste installée depuis 13 ans à Londres, Virginie Ledret dresse tout en finesse les portraits des pintades de Londres, de la "posh posh posh", à la "sexy chic", en passant par la "grungy". Un tableau dans lequel certaines se reconnaîtront, et d'autres trouveront d'excellentes adresses
Lepetitjournal.com : Qui sont les pintades ?
Virginie Ledret : Layla Demay et Laure Watrin ont inventé ce concept, qu'elles définiraient mieux que moi. C'est un jeu de mot sur les poulettes, pour dire que l'on peut être féminine et féministe à la fois, frivole et sérieuse.
Dans votre livre, vous présentez dix portraits de pintades, de la "it girl"à la "mummy"en passant par la "do it yourself". Et vous, quelle pintade êtes-vous ?
Je suis une outsider ! Une expat pas tout à fait Française, ni tout à fait Anglaise.
Et votre meilleure amie ?
J'en ai une dans chaque catégorie.
Quelle a été votre démarche pour écrire ce livre ?
Je me suis appuyée sur mon vécu et j'ai effectué des recherches. Le livre a un côté léger, mais rien n'est inventé. Ce ne sont que des faits avérés.
Dans la même collection, il existe aussi Les pintades à New York, Les pintades à Téhéran et depuis peu Les pintades à Paris. Quelle est la particularité des Londoniennes ?
Elles sont déjantées et excentriques, comme Londres.
"Après 13 ans, c'est toujours un émerveillement quotidien" |
Votre livre a-t-il attiré l'attention des Britanniques ?
Ils sont peu nombreux à lire le français ! Quant à une éventuelle traduction, cela n'a pas lieu d'être. C'est de l'humour français intraduisible en anglais. La langue n'est pas uniquement un outil, mais tout un monde en soi.
Vous habitez à Londres depuis 13 ans. Qu'est-ce qui vous a le plus surpris à votre arrivée ? Qu'est-ce qui vous surprend encore aujourd'hui ?
Tout est surprenant, tout est différent. La façon de vivre, de penser, de s'habiller? Après 13 ans, c'est toujours un émerveillement quotidien. Nous sommes si proches géographiquement, je ne m'attendais pas à un tel exotisme à l'état brut.
"Ne pas avoir de préjugés, accepter les choses bizarres et se jeter dans le bain" |
Les différences ne tendent-elles à s'estomper ?
Avec la globalisation, les différences ont tendance à s'atténuer. On souffre des mêmes maux, on cuisine moins, on utilise Internet? nos vies se ressemblent de plus en plus. Les styles de vie se rapprochent, mais pas la façon de penser.
Comment la communauté française a-t-elle évolué ?
Je n'en ai pas la moindre idée ! Je suis arrivée à Londres à 22 ans pour finir mes études et je me suis tout de suite intégrée, sans lien avec la communauté française. C'est beaucoup plus difficile pour une famille.
Quels conseils donneriez-vous à une Française qui souhaite s'intégrer à Londres ?
Il ne faut pas avoir de préjugés, accepter les choses bizarres et se jeter dans le bain.
Par exemple ?
Les Anglaises boivent énormément et c'est mal vu de ne pas boire, on passe pour une pimbêche. Il faut savoir boire, être conviviale, mais sans rouler sous la table ou devenir alcoolique !
Propos recueillis par Corentine GASQUET. (www.lepetitjournal.com - Londres) jeudi 15 janvier 2009
Les pintades à Londres, chroniques de la vie des Londoniennes, Virginie Ledret, Editions Jacob-Duvernet
www.lespintades.com