Édition internationale

ETIENNE DAHO – "Je suis dingue de Londres"

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 24 octobre 2014

 

Le célèbre artiste français a sorti son dernier album Les chansons de l'innocence retrouvée en novembre 2013. Il se produira sur scène au KOKO le 23 octobre. Un concert à ne pas rater. Le chanteur nous parle de ce nouvel album et de Londres, une ville qui lui est chère.

Lepetitjournal.com - De quelle innocence parlez-vous et plus généralement que raconte cet album ?

Etienne Daho - Cet album parle de l'état du Monde, de l'état des autres. C'est un album qui n'est pas égocentré, il se préoccupe des autres. Il est traversé de gens qui ont des difficultés avec la vie, avec leur propre existence. Il y a également pleins de personnages comme Bastia, Francis Bacon, Albert Camus, pleins de personnages comme ça qui ont des influences pour ce disque. Quant à l'innocence en fait, rassurez vous je ne l'avais pas perdue (rires). C'est une référence au livre de William Blake Songs of Innocence, un livre de poèmes que j'ai beaucoup lu quand j'étais adolescent. Quand je suis arrivé à Londres, je louais un appartement et quand je suis rentré, il y avait un exemplaire de cet ouvrage qui est si important pour moi. L'album devait avoir un autre titre, puis finalement je l'ai appelé comme ça parce que j'ai trouvé que c'était plus justifié, c'était comme un signe.

Les chansons de l'innocence retrouvée. On a l'impression avec ce titre que vous êtes arrivé à un moment clé de votre vie, une sorte de plénitude ?

Je ne sais pas, je ne me rends pas compte en fait. Je crois que chaque album est comme un chapitre et j'ai l'impression que chaque album amène à une sorte de "pseudo-plénitude" parce que la plénitude, moi, je ne connais pas vraiment. Je suis plutôt tout le temps sur la brèche et tout le temps hyper trop sensible à mon environnement. Donc je ne suis jamais vraiment tranquille. Ça n'est pas dans le fond de ma nature. Je suis dans une recherche permanente. Je ne me pose pas.

Certaines chansons comme Les chansons de l'innocence, sonnent très 80's, pourquoi ?

C'était comme un clin d'?il. C'était oui, un clin d'?il de faire une chanson comme ça dans un album qui est très orchestral justement, qui est très arrangé. C'était bien de terminer sur une note comme ça qui est assez légère, assez joyeuse.

En fait, on a l'impression qu'il y a tous vos styles depuis le début de votre carrière dans cet album.

Alors c'est ce qu'on m'a dit mais je ne m'en rends pas du tout compte. C'est possible. Je ne pourrais pas répondre par l'affirmatif parce que je n'en sais rien moi-même. (rires) On me l'a dit donc ça doit être probablement vrai, mais je ne m'en rends pas compte du tout.

Vous n'avez pas cherché à couvrir tous ces styles ?

Non, non, au delà du style, la seule chose qui m'importe ce sont les bonnes chansons, des bonnes suites d'accords, des bonnes harmonies et surtout des textes qui sont émouvants et légers, dans la mesure du possible.

Ce nouvel album, dès sa sortie a fait un tabac. Il a été célébré par la presse comme votre meilleur opus, a été certifié disque d'or la première semaine de sa sortie, album de platine en janvier 2014 et se hisse à la troisième place des ventes d'albums. Vous avez reçu le grand prix Sacem et avez été nommé plusieurs fois aux victoires de la musique. Comment expliquez-vous un tel succès encore aujourd'hui ?

Je ne sais pas, j'espère que c'est parce que le disque est bon (rires). J'essaie de maintenir un niveau. Je ne sais pas du tout, j'essaie en tout cas de donner le meilleur de moi même. Ceci dit, j'ai toujours pleins de projets à côté, j'ai fait un album avec Jeanne Moreau juste avant, on reprenait Le condamné à mort de Jean Genet. C'est un projet extrêmement important pour moi même si ce sont des projets moins dans la lumière. C'est tout aussi important pour moi que d'avoir les honneurs et j'ai la chance depuis mes débuts d'avoir toujours des albums qui ont été disque d'or à chaque fois ou platine. J'ai la chance d'avoir un public qui me fait confiance et qui me suit. Ça c'est ce dont un artiste peut rêver de mieux. Renouveler également son public. Les nouveaux artistes de pop qui se sont revendiqués de mon travail, ça c'est vraiment très très fort pour moi, en plus ce sont des gens que j'aime beaucoup. Il y a comme une espèce de complicité qui est très belle.

Justement, que ressentez-vous lorsque l'on vous dit que vous êtes une référence pour toute une génération d'artistes ?

C'est ce dont un artiste peut rêver de mieux, que son travail soit apprécié, qu'il soit réutilisé d'une certaine manière, qu'il soit influent. Je n'aurais jamais pu imaginer ça quand j'étais débutant et le fait que cela m'arrive aujourd'hui est une récompense ultime.

Vous avez enregistré votre album à Londres et Vous vous produirez sur scène le 23 octobre au KOKO, Quel lien avez vous avec Londres ?

Alors je suis dingue de Londres depuis toujours en fait. J'y ai habité à plusieurs reprises sur des périodes assez longues. Je m'y sens bien, disons que je m'y sens à l'aise, je me sens confortable à Londres. Pour moi c'est vraiment la ville de la musique. J'ai toujours la sensation quand j'y suis de faire partie de ces choses qui avancent. Ça m'apporte d'être dans cet endroit, pour la musique, pour le quotidien, pour la manière dont les gens se comportent, comme ils avancent en tout cas. C'est une énergie qui me plait. J'ai enregistré beaucoup d'albums à Londres et je trouve à chaque fois que se sont les albums qui sont les plus réussis.

C'est une ville qui vous inspire ?

Le succès peut être assez isolant dans un pays comme la France où je vis. Le fait d'être anonyme me permet d'être plus dans la vie. Je prends le métro, je sors, je vais voir pleins de concerts. Retrouver un certain anonymat est quelque chose d'assez luxueux et me permet d'être plus en phase avec la vraie vie finalement. Je crois que le fait d'être à l'étranger réagit comme quelque chose d'exotique, ça révèle des choses de soi qu'on oublie au quotidien quand on est dans un milieu que l'on connaît.

Avez-vous déjà des projets pour la suite ?

Je suis en tournée jusqu'à la fin de l'année. J'ai toujours un tas de projets, je suis quelqu'un qui ne s'arrête jamais. J'ai donc pleins de projets de productions d'albums pour les autres, puisque c'est aussi un métier que je fais. J'ai produit le premier album de Lou Doillon, il y a deux ans. Un album live sort en Novembre également. Il a été enregistré l'été dernier. C'était sur toute une semaine. Il y avait un concert où je reprenais un album de 86 dans l'intégral, une soirée que j'avais appelée Pop it et une soirée justement où j'invitais toute la nouvelle génération, il y avait La Femme, Yan Wagner, enfin tout pleins de gens très intéressants, c'était une soirée vraiment très forte.

Propos recueillis par Raphaël Suspène (lepetitjournal.com/londres) mercredi 1er octobre 2014

Pour réserver vos places pour le concert d'Etienne Daho au Koko le 23 Octobre, c'est ici

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Publié le 30 septembre 2014, mis à jour le 24 octobre 2014
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