Édition internationale

EDITION- Quand la BD franco-belge traverse la Manche

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012
Lucky Luke, Yoko Tsuno et Thorgal ont eu beau vendre des millions d'albums dans le monde francophone, ils sont longtemps restés inconnus des anglo-saxons faute de traduction. Depuis quatre ans, la maison d'édition Cinebook tente de corriger l'injustice

Chaque album, dont ceux de la série Lucky Luke, est traduit en anglais britannique par trois personnes, qui doivent parfois expliquer dans des notes aux lecteurs les différences culturelles ou le contexte de l'époque (photo Cinebook)
Aux Etats-Unis les comics, et au Japon les mangas. Cette vision simpliste d'un monde bipolaire de la bande-dessinée est largement répandue dans le monde anglo-saxon, à commencer par le Royaume-Uni. Quand il a constaté en 2005 que seuls Tintin et Astérix avaient droit de cité dans les librairies anglaises, Olivier Cadic a donc décidé de prendre les choses en main. Cet ancien entrepreneur dans l'électronique, conseiller élu à l'Assemblée des Français de l'étranger, a fondé la maison d'édition Cinebook, qui traduit en anglais les classiques de la BD franco-belge pour les rendre accessibles à des millions de lecteurs anglophones.
Lui qui se décrit comme "un enfant de Pif Gadget"s'est replongé dans ses souvenirs d'enfance pour constituer un premier catalogue, avec entre autres Yakari, les Tuniques bleues et Lucky Luke, dont il a rencontré les éditeurs au festival d'Angoulême. Le poor lonesome cowboy est d'ailleurs devenu le vaisseau amiral de Cinebook et tire les ventes, talonné par Blake et Mortimer ou Iznogoud.

Évangéliser le monde avec la BD européenne
Acheter les droits des albums, traduire puis publier prend du temps, mais la maison d'édition a vite dépassé ses objectifs et sort maintenant près de quarante albums par an, contre huit la première année. Trois traducteurs travaillent sur chaque histoire pendant près de deux mois et adaptent le texte aux différences culturelles, sans pour autant trahir l'original puisque la dernière version doit être validée par l'éditeur.
Quatre ans après sa création, Cinebook est en croissance constante, même si les tirages restent infimes comparés au marché européen. Le public britannique part de zéro et Olivier Cadic espère le convaincre en lui proposant une offre éclectique qui peut plaire à tous les lecteurs. "Notre mission est d'évangéliser le monde avec la BD européenne, commente le directeur de Cinebook. Nous avons pour ambition de vendre nos albums dans le monde entier et devenir une véritable référence au Royaum-Uni."
Alexia Eychenne (londres@lepetitjournal.com) jeudi 4 juin 2009

Le site Internet de Cinebook
lepetitjournal.com londres
Publié le 4 juin 2009, mis à jour le 13 novembre 2012
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