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DOCKS ST KATHARINE - Une marina chargée d’histoire

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 3 juillet 2013

A seulement quelques minutes de Tower Bridge, presque cachés, les docks St Katharine offrent une promenade dépaysante aux curieux. Et un voyage dans le temps...

(Crédit : John Morris)

La City et ses banquiers, la foule de touristes près de la Tour de Londres, la circulation incessante. Des choses vites oubliées lorsqu'on entre au c?ur des Docks St Katharine. Marina bien camouflée, parfois méconnue, ce lieu atypique crée un contraste saisissant avec les environs. Des yachts et voiliers y sont amarrés en contrebas de grands immeubles. Les jours de beau temps, on se croirait presque à St-Tropez.

Mille ans d'Histoire
Derrière des airs un peu bourgeois, ces docks ne sont pas une création récente. Les fondations des immeubles existants ont été construites au 10e siècle, sous le règne du Roi Edgar. Celui-ci avait cédé l'endroit pour un usage commercial. C'est durant la période Élisabéthaine (17e siècle), que ces quais sont vraiment devenus un point majeur du commerce à Londres. Cette colonie avait son propre tribunal, son école et plusieurs hospices. Près de 3.000 personnes y vivaient et travaillaient.

Avec la Révolution Industrielle, la Tamise est devenue une autoroute fluviale du commerce, entrainant une croissance exponentielle de la ville de Londres. Très vite, les vieux quais n'étaient plus adaptés pour gérer les flux de marchandises. La ville a donc commandé la construction de véritables docks. Ils furent inaugurés officiellement le 25 octobre 1828. Grâce aux travaux des architectes Telford et Hardwick, la réputation des docks n'a cessé de grandir, entrainant un flot de marchandises plus précieuses les unes que les autres. Des cargos venus d'Europe, des Indes, d'Afrique y déchargeaient sucre, rhum, thé, épices, parfums, ivoire, marbre, vins, etc. Plus tard, les docks furent rattachés à ceux de Londres voisins (1864).

(Crédit : Alex Drainville)

Autre temps, autre visage
Durant l'entre-deux-guerres, les transformations du commerce mondial ont entrainé la construction de navires plus larges. Les docks ne pouvaient alors plus les recevoir. L'activité a donc ralentie petit à petit, jusqu'à devenir quasi négligeable.

De lourds dégâts ont été subis lors des bombardements de la ville au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Les docks n'ont été rénovés que dans les années 70. Aujourd'hui, on peut toujours voir quelques bâtiments d'origine, comme l'International House, le Commodity Quay, ou l'Ivory House, construite en 1852, que l'on repère à sa tour et son horloge.

Aux pieds de l'Ivory House, se tiennent désormais des boutiques, des restaurants chics et des cafés. Les immeubles ont été rénovés en appartements de luxe. On est loin du site industriel du 19e siècle. Quelque 200 yachts et bateaux anciens sont désormais amarrés aux quais. Mais nul besoin de faire partie des riches propriétaires des docks St Katharine pour profiter de ce cadre original.

Plusieurs commerces et restaurants vous attendent, comme le célèbre pub Le Dickens Inn, avec une pizzeria, un grill et la brasserie au décor d'époque. Un marché très réputé prend aussi ses quartiers tous les vendredis de 10h à 16h, où l'on peut acheter des spécialités françaises, péruviennes, grecques, espagnoles, etc. A emporter ou à manger sur place, en se promenant, pour mieux profiter de la ballade sur les docks.

Anto Filippi (www.lepetitjournal.com/londres) mardi 5 mars 2013

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Publié le 16 juillet 2013, mis à jour le 3 juillet 2013
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