

Jérôme de Rochecouste, président de la Société des courses de lévriers du Maroc (Photo LPJ Casablanca).
Le président de la Société des courses de lévriers du Maroc est très inquiet. La décision du ministère de l'Économie de faire passer de 30 à 50% la TVA sur les paris met en péril son entreprise. "Si la prochaine loi de finances ne remet pas cette taxe au niveau du PMU marocain, on ferme"lâche Jérôme de Rochecouste. Cet Angevin de 62 ans qui a succédé à son père en 1992 perpétue une activité familiale créée depuis 1950 dans l'enceinte du vélodrome-cynodrome de Casablanca. Un site exceptionnel au coeur de la métropole, ceinturé de palmiers et d'eucalyptus, avec une piste bétonnée sur laquelle ont évolué des légendes du cyclisme comme Coppi, Bobet, Robic... La haute tribune métallique datant de 1927, est même protégée et classée dans le patrimoine marocain selon Jérôme de Rochecouste. L'activité du cynodrome de Casablanca est quant à elle vulnérable. La Société des courses de lévriers du Maroc qui partage le site avec la Fédération royale cycliste du Maroc est aussi une entreprise de 72 salariés au service des 300 lévriers qui courent sur la piste de 320 mètres du cynodrome. ?Le seul de tout le continent africain? précise le président.

Chute des gains
Depuis l'application de la nouvelle loi en juillet dernier, il affirme que le nombre de parieurs a été divisé par deux, du fait de la baisse des gains provoquée par la surtaxe. Cette taxe sur le chiffre d'affaires de 50% aujourd'hui, représente un manque à gagner pour le joueur en moyenne de 20%. Chaque jour de paris, le cynodrome qui accueillait 3.000 parieurs n'en attire plus que la moitié depuis juillet. Certains parieurs marocains qui ont donc déserté le site, ont jeté leur dévolu sur le PMU marocain qui lui, a conservé la taxe de 30% et des gains toujours aussi attrayants. "Avant la loi, le joueur qui misait 5 dirhams pouvait espérer en gagner au maximum 300.000. Aujourd'hui, ce gain est de 12.000 dirhams"regrette le président. Ses inquiétudes transmises au ministère de l'Économie n'ont rien donné pour l'heure. "Notre entreprise de 72 salariés génère quand même une centaine d'emplois induits"insiste t-il. Le président n'ose pas imaginer la fin des courses de lévriers à Casablanca. Il espère que la prochaine loi remettra en place l'ancien dispositif fiscal.
Didier BOUVILLE. (www.lepetitjournal.com - Casablanca) vendredi 16 mars 2007
Vélodrome-cynodrome de Casablanca.
Bd A. Benkaddour - Quartier Racine.
Courses le lundi et jeudi en nocturne à partir de 19 h 40.
Samedi et dimanche à partir de 19 h 45.




































