Édition internationale

LITTÉRATURE – Le "porno de maman" en pleine bourre


C'est un véritable carton aux États-Unis : Fifty shades of grey a déjà été vendu à des millions d'exemplaires et a mis en lumière un nouveau style littéraire érotique baptisé "mommy porn" par le New York Times



Une jeune fille vierge qui découvre les plaisirs du sado-masochisme auprès d'un homme plus âgé qu'elle : le speech de Fifty shades of grey n'a rien d'original et portant, il a conquis des millions de lectrices outre-Atlantique, qui se sont emballées pour cette version "trash" des amourettes de Bella et Edward, les héros adolescents et fleur bleue de Twilight. Car tout part de cette trilogie ultra-populaire : Erika Leonard Jones, productrice télé sur la BBC, met en ligne sur son site internet une "fan fiction", une histoire qui réutilise la trame et les personnages de Twilight, ponctuée de scènes sado-masochistes entre les deux protagonistes.
Le succès sur la toile est tel que l'auteure reçoit des propositions de maisons d'éditions pour publier cette "fan fiction". Pour éviter d'enfreindre les droits d'auteur, Bella devient Anastasia, 22 ans et toujours vierge, et Edward prend les traits de Christian, 27 ans, et adepte de relations érotiques sado-maso. C'est finalement une petite maison d'édition australienne qui touche le gros lot avec Fifty shades of grey (Cinquante nuances de gris), premier opus d'une trilogie publiée sous forme d'ebook et en version papier.

Grâce au numérique, les "mommy porn" rencontrent un franc succès auprès des ménagères américaines (photo AFP)

Anonyme et discret
Et c'est grâce à ces nouvelles technologies que le roman sort de l'anonymat  : on compte six fois plus de vente en ligne qu'en librairies. La popularité de ce livre coquin a notamment été acquise grâce à un lectorat bien spécifique : les mères de famille américaines, qui profitent de la discrétion offerte par la lecture sur ebook. Si ce n'est pas de la grande littérature, beaucoup y trouvent une occasion de s'aérer l'esprit et de casser leur routine de "desperate housewives".
Adeptes des réseaux sociaux et du bouche à oreille, elles ont rapidement converti bon nombre de leurs connaissances à ce phénomène que le New York Times a baptisé "mommy porn", le "porno de maman". En tête de la "best sellers list" du journal, la désormais mondialement connue couverture au noeud de cravate a vu ses droits se vendre dans près de 37 pays et une version cinématographique est même envisagée par Bret Easton Ellis, l'auteur d'American psycho. Quant à la version française, elle sera disponible à la fin de l'année.
Marie Varnieu. (www.lepetitjournal.com) vendredi 6 juillet 2012


Une industrie à part entière
Selon le magazine Forbes, les ventes de romans à l'eau de rose pèseraient près de 1,37 milliard de dollars dans l'industrie américaine en 2011. Un pan économique non négligeable si bien que les initiatives se multiplient : en mars, la maison d'édition britannique Harper Collins a lancé une gamme d'ebooks érotiques répondant au doux nom de "Mischief" ("Bêtises")...

 

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