Édition internationale

"Fiona French Fadista" chante un fado aux sonorités françaises le 5 février

Lors d´un séjour à Lisbonne, Fiona, parisienne, a découvert le Fado pour lequel elle a développé une passion. Depuis elle s´est installée à Lisbonne et se consacre à ce chant qu´elle interprète avec des sonorités françaises. Un concert de l´artiste aura lieu de 5 février. Lepetitjournal est allé à sa rencontre, dès à présent, pour la faire connaître à ses lecteurs.

FionaFiona
©ritaansone
Écrit par Lepetitjournal Lisbonne
Publié le 30 janvier 2026

Lepetitjournal : Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Fiona : Je suis française, originaire de Paris, avec des racines méditerranéennes. Je suis une "citoyenne du monde" ayant vécu à Paris, mais aussi à Singapour, Milan, Londres, mais mon identité française a toujours été une dimension très forte dans ma trajectoire. 

J'ai une carrière de plus de 10 ans dans la Tech et l'Innovation, à travers des startups (dont la mienne !) mais aussi des grands groupes comme Burberry, ASOS ou encore Farfetch. La créativité a toujours fait partie de mon chemin, dont créer des ponts inattendus et la connexion est au cœur de mes initiatives. En parallèle, l'art a toujours fait partie de ma vie : du théâtre au dessin à la danse, et bien sûr au chant avec des chorales et de la comédie musicale. 

Mais le Fado ne m'était pas prédestiné. J'y suis arrivée par un chemin inattendu, presque comme un appel intérieur. Comme s'il était une agrégation de tous mes univers, mon terrain d'expression ultime. 

Aujourd'hui, je suis installée à Lisbonne et je développe mon projet artistique autour d'un fado personnel, à la croisée de la sensibilité française et de l'héritage portugais. Un langage qui se veut universel et au-delà des frontières.


Depuis combien de temps êtes-vous au Portugal et qu'est-ce qui vous a motivé à vous installer à Lisbonne ?

J'ai découvert Lisbonne en 2018 et j'ai eu un coup de cœur, la ville m'a profondément touchée, par sa lumière, son histoire, sa mélancolie douce, mais surtout le Fado que j'ai alors découvert sur place en contact direct.

Le Portugal était déjà imbriqué dans ma trajectoire car la société où je travaillais à l'époque, à Londres, était anglo-portugaise et Farfetch a été en effet mon premier employeur au Portugal. Mon équipe a accepté de m'y envoyer au moment du COVID... et depuis je n'ai pas bougé. 

Lisbonne est devenue mon port d'attache artistique. C'est ici que j'ai trouvé un espace pour me réinventer, humainement et musicalement.


Comment a surgi cette passion que vous avez pour le Fado ? Et comment avez-vous commencé à chanter le fado sans connaître la langue portugaise ?

Le Fado est arrivé dans ma vie comme une évidence. Dès la première écoute, j'ai ressenti quelque chose de très fort, presque physique. Une émotion brute, universelle. Un sentiment d'évidence.

J'ai commencé à chanter avant de parler portugais. Un challenge évident. Mais une opportunité sans égale : le Fado ne passe pas d'abord par les mots, il passe par le ressenti. J'ai appris en écoutant, en allant de tasca en tasca (une taverne), et en ayant l'audace et la chance de rencontrer une fadista qui m'a initié au chant et au milieu. C'est bien le fado qui m'a amené à apprendre la langue portugaise, mais aussi à découvrir le vrai Portugal, sa richesse, son humilité et à connecter de façon unique.


Pourquoi avoir choisi ce nom d'artiste « Fiona French Fadista » et peut-on connaître votre nom ?

Je m'appelle Fiona Disegni. Dans mon nom, on entend mes origines italiennes, et méditerranéennes. J'aime mon nom mais "Fiona French Fadista" s'est imposé naturellement : je ne suis pas une fadista traditionnelle - je l'assume- je suis "French". Derrière ce mot, c'est évidemment l'identité française mais aussi mon ancrage à l'international, et au-delà, la mentalité audacieuse de la France, une attitude, une approche que je souhaite faire résonner universellement. Française de cœur, Portugaise dans l'âme, je suis à la rencontre des cultures, la magie de la fusion, et aussi peut-être l'incarnation d'un Portugal multiculturel, moderne, qui se réinvente. 

 

Fiona French Fadista
©ritaansone


Quel est le plus grand défi pour une Française de chanter le fado, et en particulier à Lisbonne ?

Le plus grand défi est bien sûr d'apparaître légitime. Le Fado est un patrimoine très fort, très intime pour les Portugais ; et c'est pour moi très important de le respecter, de l'honorer et de ne pas le dénaturer. 

Mais ce qui m'a énormément touchée, c'est qu'on m'a dit très tôt que si j'avais un accent français, "j'avais le Fado", et que mon accent était ma richesse et ma différence. Certains m'ont même dit que cela leur rappelait Cesária Évora, et que cela ouvrait une nouvelle texture au fado. Des Portugais m'ont même dit que ça les avait réconciliés avec le fado. Imaginez le compliment...!

Aujourd’hui, on veut un fado vivant, chargé d'émotions authentiques, qui nous ressemble.

Cela m'a donné la confiance d'assumer pleinement ma singularité, et de la développer encore plus loin.


Quelles sont vos inspirations ?

Le Fado bien sûr, dans sa profondeur et sa vérité la plus brute. Amalia Rodrigues a vraiment libéré toute sa puissance émotionnelle, relayée par Mariza et d'autres fadistas aujourd'hui comme Carminho, Ana Moura ou Sara Correia qui ont chacune développé leur propre style et appropriation du fado. C'est encourageant de voir ces trajectoires multiples, ça prouve que le fado n'est pas qu'un.

Mais je suis aussi très inspirée par la beauté et la simplicité de la chanson française, l'émotion à nu, la beauté des mots et des sonorités, les sentiments traduits si justement. Je suis très sensible aux mots, et cette combinaison me permet de vivre l'émotion à un niveau inégal. 

Je m'inspire beaucoup des rencontres, de Lisbonne, mais aussi des sentiments de vulnérabilité et de fragilité que nos vies nous imposent. Je ressens ce besoin de sacré et de spiritualité autour de moi, et offrir cet espace à travers mon fado et mon approche authentique est un privilège unique.


Comment choisissez-vous les chants que vous interprétez, avez-vous des préférences d'auteurs ?

Je choisis les chansons par résonance émotionnelle.
Je chante du fado traditionnel, que je respecte profondément, mais j'intègre aussi des chansons françaises que je transforme en fado, ou des titres que je fusionne en franco-portugais. J'intègre également des interprétations moins connues comme "Fado" de Charles Aznavour, et parfois aussi mes propres créations. Je construis toujours mon répertoire comme un dialogue entre les cultures.


Considérez-vous que vous ayez un style propre et comment est-ce que vous le qualifiez ?

Oui, aujourd'hui j'assume un style très personnel. C'est un fado universel, porté par une interprétation française assumée, mêlant répertoire portugais et héritage français.

Mon envie est de faire de mon fado une nouvelle porte vers la culture portugaise : inclusive, collaborative, ouverte. Montrer un Portugal qui se réinvente, tout en honorant ses racines.

Je cherche le sentiment pur, l'émotion nette, au-delà du langage.

Au-delà du chant, c'est aussi mon approche globale de faire du fado un terrain de connexion unique, je raconte mon histoire et mes anecdotes, c'est avant tout un moment de partage ; entre émotions et légèreté.


Où peut-on vous entendre chanter ?

Très prochainement, le 5 février 2026 lors de mon prochain concert à Lisbonne
Il reste quelques places !

Sinon je me produis à Lisbonne et à Paris, en concerts, mais aussi lors d'évènements privés et de dîners fado signature, notamment mes "Tech Fado dinners", destinés aux professionnels de la Tech et du business ! J'organise également des ateliers musicaux destinés aux entreprises autour du fado où je conjugue fado, authenticité et présence (team building, offsites...).

On peut également me retrouver sur mon site ainsi que sur mes réseaux sociaux sous le nom Fiona French Fadista (notamment instagram) et bien sûr sur Spotify avec mon album Into Fado.

Propos recueillis par Marie Sobral

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