CULTURE - L’église et la confrérie du Bienheureux Saint Louis, Roi de France

Par Lepetitjournal Lisbonne | Publié le 16/09/2011 à 00:00 | Mis à jour le 14/11/2012 à 11:17

L'église Saint Louis fermée depuis janvier 2010 pour restauration a de nouveau ouvert ses portes. Depuis dimanche dernier 11 septembre la messe y est célébrée par un nouveau prêtre. Elle se trouve dans la rua das Portas de Santo Antão, contre la muraille fernandine et la Casa do Alentejo. Ses origines remontent au XVe siècle avec la confrérie du Bienheureux Saint Louis, Roi de France. Elle est empreinte d´un esprit de solidarité qui se poursuit encore de nos jours à travers le Recteur de l´église, le ?Conseil de Fabrique? et tous les Français qui fréquentent et animent cette communauté

La confrérie de Saint-Louis
Poussés par l'esprit de solidarité et de bienfaisance, les Portugais - mais aussi les étrangers - s'étaient regroupés au XVe siècle, selon le corps de métier ou la nationalité auxquels ils appartenaient.
C'est ainsi que les Français constituèrent une confrérie dont le plus ancien titre que possèdent les archives remonte à l'an 1452, sous le règne du roi D. Afonso V. S'y associèrent entre autres des Lyonnais, des Bordelais, des Rouennais, des Nantais et des Marseillais. La plupart étaient commerçants et importaient au Portugal tissus de soie et de velours, tissus de laine et draperie, produits de beauté et de luxe, produits manufacturés et même céréales. Ces denrées ont permis, à travers le ?droit de Saint Louis? d'entretenir l'église, le petit hôpital annexe et de secourir malades, pauvres et matelots français dans le besoin.

De l'étude des archives, il ressort que cette association se trouva souvent liée aux évènements politiques (portugais ou français) qu'elle traversait: tantôt prospère, tantôt en pleine décadence, voire même sur le point de disparaître.

Une histoire empreinte d´un esprit de solidarité
Au début du XVIIIe siècle,  la factorerie finit par se scinder en deux: d'un côté la Nation Française qui devient l'élément civil de ce regroupement français; de l'autre, la Confrérie qui conserve l'aspect religieux du XVe siècle.
Le tremblement de terre de 1755, et l'incendie qui s'en suivit, anéantirent tout... Il fallut beaucoup d'énergie et de sacrifices pour faire renaître des décombres l'église et ses dépendances.

Aux anciens bâtiments qui dépendaient de Saint Louis, on ajouta en 1766 un hôpital propre à recevoir trente malades (à l'exemple des Anglais et des Hollandais) pour pouvoir soigner dans de meilleures conditions prisonniers et matelots français qui affluaient en grand nombre, en temps de guerre.

Cent ans plus tard, l'église fut confiée aux Pères Lazaristes, installés depuis trente ans au Portugal. Le premier Recteur lazariste, le Père Miel, remit en état les toitures et le bâtiment qui n'avaient pratiquement reçu aucun entretien depuis la reconstruction. Il créa deux écoles, l'une de garçons, l'autre de filles. Avec ses deniers il acheta la maison qui se situe au fond du jardin pour y installer l'école de garçons. Il sortit l'embryon d'hôpital réalisé à Saint Louis : après deux déménagements, il l'établit définitivement dans les locaux actuels, dans la rua Luz Soriano du Bairro Alto. L'hôpital est géré aujourd'hui par le "Conseil de Fabrique".

L´église Saint-Louis des Français de nos jours
Cette chaîne de solidarité qui remonte à l´origine de la confrérie se poursuit aujourd'hui à travers le Recteur de Saint Louis, le ?Conseil de Fabrique? et tous les Français qui fréquentent et animent cette communauté.

L'église Saint Louis se trouve dans la rua das Portas de Santo Antão, contre la muraille fernandine et la Casa do Alentejo. Elle a été objet depuis janvier 2010 d'une intervention profonde sous la responsabilité des Monuments Historiques.

Claire Baudoin (http://lepetitjournal.com/lisbonne.html ) vendredi 16 septembre 2011*
Guide professionnelle (www.lisbonaround.com)
(Photo : M.J. Sobral)

En savoir plus :
www.saint-louis-des-francais.org
Horaire des messes du dimanche à 10h30 en Français

(*Première publication de cet article le mercredi 23 février 2011)

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