

Au delà des Montagnes Jaunes et des villages anciens, l'Anhui est aussi une région rurale particulièrement pauvre. Aux confins du Henan, certaines populations ont été fortement touchées par l'épidémie de sida qui a sévi a la fin des années 90. La Fondation Chi Heng nous fait découvrir cette autre réalité de la Chine, à travers un weekend de tourisme solidaire. Retour d'expérience
Chi Heng, qui veut dire "sagesse et action", prend en charge les enfants dont les parents ont été atteints par le sida. Certains sont séropositifs ; la plupart d'entre eux, nés avant l'épidémie, non. Tous souffrent de pauvreté et de discrimination. Le risque de déscolarisation est élevé. En maintenant autant que possible les enfants dans un cadre familial et en prenant en charge leurs frais de vie et de scolarité, Chi Heng cherche à leur rendre un nouvel avenir possible. Depuis sa création en 2002, la fondation a pu aider plus de 12 000 enfants.
Les artistes à pied d'oeuvre (Crédits photos: Chi Heng Fondation)
Quand le tourisme est solidaire
Nous sommes 12 personnes, dont 4 enfants et ados. On se connaît à peine mais une nuit dans le train suffit à briser la glace. Pas très réveillés, nous voilà embarqués dans des vans qui finissent par rejoindre un chemin cahotant et poussiéreux. Encore quelques secousses et nous arrivons dans une école ou les enfants et de nombreux grands parents du village sont rassemblés. Un peu intimidés par ce comité d'accueil, nous faisons connaissance avec les enfants de la Fondation. Notre tâche de l'après midi consiste à repeindre ensemble le mur d'enceinte de la bibliothèque. Sous la houlette bienveillante de notre guide Cécile, qui parle aussi allègrement chinois qu'anglais et français, nous devenons tous des artistes en herbe. Puis, nous nous rendons dans la maison que la Fondation a aménagé pour les enfants que les familles ne peuvent pas accueillir. Un des anciens protégés de Chi Heng y travaille désormais, comme au bureau local de la Fondation où l'on compte 4 anciens parmi les 5 permanents. Un passage de relais qui en dit long.
Le lendemain, nous commençons la journée par une visite dans les familles. Plus encore que le vécu de la séropositivé par ces famille, très pudiques, c'est à la découverte de la pauvreté ordinaire en Chine rurale que nous sommes confrontés. Pas de chauffage, pas d'eau courante, une seule chambre pour tout le monde. Quelques uns ont tiré des fils électriques pour s'éclairer et avoir la télé. Le contraste est saisissant entre cette société traditionnelle, particulièrement meurtrie, et les nouveaux usages que télévision et téléphones mobiles font entrer dans les maisons. Dans la plupart des familles, au moins un des parents est décédé, celui qui reste, souvent séropositif, travaille la terre ou est mingong. On rencontre un jeune garçon de 14 ans ? il en paraît 2 de moins- qui vit seul depuis février. La Fondation le suit de près, notamment pour la prise de son traitement. Il préfère vivre au village en

Joyeuse partie d'épervier entre les enfants
On y retournera ?
C'est au moment de se dire au revoir que l'émotion est la plus forte. Les enfants sont devenus inséparables, et les adultes un peu redevenus enfants... Un weekend n'a pas permis d'abolir les différences, mais on en a pris la mesure avec beaucoup de respect et d'attention. La relation, d'abord hésitante, s'est tissée naturellement au fil du weekend. Si on parle mal le mandarin, pas de problème, les sourires font le reste et il y a toujours une bonne volonté pour traduire, parfois même entre mandarin et dialecte. "Dis, on y retournera?" Telle fut la question des enfants à peine partis.
Aude Riom (www.lepetitjournal.com/shanghai.html), vendredi 20 mai 2011
Informations complémentaires: http://www.chfaidsorphans.com/
Contact : Cecile Cavoizy
Cout de prise en charge par enfant soutenu par la Fondation :
- primaire : 200 rmb/an - college: 400 rmb/an - lycee : 2800 rmb/an - lycee professionnel : 2800 rmb/an - universite : 5000 rmb/an




































