

La toute jeune ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, vient de se voir confier le poste de porte parole de Nicolas Sarkozy dans la campagne à l'élection présidentielle. Travailleuse et discrète, portait d'une polytechnicienne en haut de l'échelle UMP
A peine 40 ans, 10 ans d'expérience de la vie politique, numéro 4 au gouvernement, Nathalie Kosciusko-Morizet vient d'être nommée porte parole du chef de l'Etat dans la campagne. Un poste prestigieux qui récompense une carrière studieuse.
Une bobo-écolo-de-droite
À 38 ans, Nathalie Kosciusko-Morizet (photo AFP) a brûlé toutes les étapes ou presque de la vie politique. Tour à tour conseillère, députée, maire, secrétaire d'Etat, ministre d'Etat, elle revêt en toute logique le costume de porte parole de Nicolas Sarkozy. Peu appréciée dans les rangs de l'UMP, NKM est dans les petits papiers de Sarkozy qui, en la nommant à ce poste clé, joue la carte de la droite moderne. En effet, sans jamais aller jusqu'au point de rupture, NKM s'est toujours attachée durant le quinquennat, à incarner une droite bobo-compatible, férue de nouvelles technologies et star des réseaux sociaux (elle est la plus suivie des femmes politiques en France sur Twitter).
Une bosseuse
Héritière d'une longue lignée politique avec un arrière-grand-père co-fondateur du PCF, un grand-père ambassadeur de France aux Etats-Unis et conseiller diplomatique de Jacques Chirac, un père maire de Sèvres et conseiller général des Hauts-de-Seine, la jeune ministre doit avant tout son ascension politique à son intelligence, son exigence et sa capacité de travail. Et c'est très certainement pour cela qu'elle a été désignée par Nicolas Sarkozy. "Elle s'est accrochée, c'est ce qui plaît à Sarkozy", explique un conseiller de l'Élysée. Contrairement aux autres femmes nommées au gouvernement comme Rama Yade et Rachida Dati, NKM a résisté au quinquennat en restant fidèle au chef de l'Etat, quelles que soient les polémiques.
Une "emmerdeuse"
Sous ses airs romantiques, Nathalie Kosciusko-Morizet n'a pourtant pas toujours été la plus disciplinée des ministres. Jacques Chirac qui l'a lancée en politique l'a traitée "d'emmerdeuse" et Sarkozy de "chiante". Elle a su toutefois imposer son style au sein du gouvernement : "Sur les OGM, elle a pu tenir face à l'hostilité de son propre camp. Idem sur les gaz de schiste, face aux industriels et aux lobbys. Ses convictions sont profondes" lui reconnaît José Bové à qui la ministre fait la bise ! Pour Jean-Pierre Raffarin, dont elle a été la conseillère, "Nathalie, c'est de la porcelaine. C'est un cheval de course, un produit de luxe en politique". Mais au sein du clan UMP on lui reproche "un petit côté aristo" qui "ne convient pas actuellement à Nicolas Sarkozy". Mais c'est sans doute pourquoi elle a été choisie? Avec NKM à ses côtés, le candidat Sarkozy peut rattraper les électeurs qui auraient pu être récemment effrayés par des décisions gouvernementales un peu trop à droite (réforme sur la formation des chômeurs, immigration, non au mariage gay,?) et qui ne sont de toute évidence pas des sujets de prédilection de la ministre de l'Ecologie.
Claire Largillière (www.lepetitjournal.com) vendredi 17 février 2012
A lire également :
Le Figaro - Nathalie Kosciusko-Morizet, la voix du candidat
Libération - Nathalie Kosciusko-Morizet porte-parole bobo-compatible




































