Édition internationale

KEVIN GAMEIRO - Les gros à la pêche au Merlu


Une chose est sûre : Kévin Gameiro ne sera plus lorientais la saison prochaine. Si Bordeaux a échoué à le recruter cet hiver, Valence, la Juve, et même Paris se sont déjà positionnés pour le mercato de cet été


Le jeune Kévin Gameiro (photo AFP) n'a pas la langue dans sa poche. Au moment de quitter Strasbourg, emmêlé dans des affaires extra-sportives, l'attaquant préférait s'engager avec Lorient plutôt qu'à l'OM qui le courtisait ardemment. Pour "ne pas faire banquette" à Marseille, le joueur né à Senlis, dans l'Oise, optait pour l'équipe de Christian Gourcuff, adepte d'un beau jeu mais souvent dans le ventre mou du classement. Aux projecteurs, il a choisi le calme de la vie lorientaise mais prévenait qu'il n'était là "que pour deux ou trois ans. Je n'espère pas rester quatre ans ici." Ça, c'était en 2008. Les Bretons se sont donc fait à l'idée de voir partir leur joyau courant 2011. Et cet hiver, ce n'est pas passé loin?

Bordeaux, en délicatesse au classement, se voyait bien renforcer son attaque par un numéro 10 vif et puissant, adroit devant le but qui plus est. Arrivé pour 3 millions d'euros en Bretagne, Gameiro aurait pu s'engager dans le Bordelais pour 12 millions. Une plus-value pas suffisante pour Lorient, qui a également refusé l'offre des Espagnols de Valence, fixée à "seulement" huit millions. Mais loin de décider à bouder à cause de ses transferts avortés, comme l'ont fait Sessegnon à Paris ou Payet à Saint-Étienne, Gameiro s'est remis au travail au plus grand plaisir des supporters? Lors des quatre dernières journées, l'international français a inscrit sept buts dont un triplé? contre Bordeaux (5-1).

Encore un "génération 87"
Si la cote de popularité de Gameiro a aussi vite explosé, c'est que le jeune homme multiplie les bonnes performances. Déjà en Alsace, alors que l'équipe était à la traîne, le jeune homme de 20 ans se faisait remarquer. Pour son talent mais aussi pour une image violente : un tacle troyen qui l'oblige à rester immobiliser six mois (rupture des ligaments croisés). Acheté par Lorient en 2008, il assure dès sa première saison : onze buts en 37 matches et huit passes décisives. Rebelote et en encore en mieux la saison d'après : 17 buts en 34 matches, soit le deuxième meilleur total derrière Mamadou Niang.

De quoi taper dans l'?il des sélectionneurs. "Des" parce que Kévin, du côté de son grand-père paternel, a des origines portugaises. Mais malgré l'insistance de Carlos Queiros, le Lorientais choisit l'Équipe de France. Pour son premier tournoi avec les mois de 20 ans, à Toulon, il inscrit cinq buts (meilleur buteur) et en est élu meilleur joueur. En espoir, il se fait remarquer lors de son tout premier match contre la République tchèque en inscrivant déjà un but. Son histoire avec la "grande" sélection nationale est ralentie par une grosse entorse avant d'affronter la Norvège mais Laurent Blanc lui fait confiance. Il dispute les éliminatoires à l'Euro 2012 où il retrouve notamment Karim Benzema, avec qui il fait partie de cette fameuse "génération 87"?

Marie Varnieu (www.lepetitjournal.com) vendredi 4 mars 2011

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