Édition internationale

JUSTICE – Périgueux relance la question de l'euthanasie

Accusées d'avoir empoisonné une malade en phase terminale, un médecin et une infirmière comparaissent depuis hier devant les assises de Dordogne. L'affaire relance le débat et contraint les candidats aux présidentielles à se positionner

Chantal Chanel et Laurence Tramois sur le banc des accusés jusqu'à vendredi. (photo AFP)

Le médecin Laurence Tramois et l'infirmière Chantal Chanel comparaissent depuis hier aux assises de Dordogne, à Périgueux.
Elles sont accusées d'avoir en août 2003 provoqué la mort de Paulette Druais qui se trouvait en phase terminale d'un cancer du pancréas. L'affaire relance le débat une semaine après le manifeste des 2.134 soignants qui réclament la dépénalisation de l'euthanasie (voir notre article du 9 mars).
Sans demander l'avis de la famille ni celui des confrères, les deux femmes avaient alors agi seules, administrant une dose mortelle de potassium à la patiente. Si le mari de la victime Michel Druais affirme qu'il n'aurait jamais souhaité l'euthanasie pour sa femme, son fils Laurent Druais avoue avoir ressenti un certain soulagement après la mort de sa mère.
Ni l'un ni l'autre ne se sont portés partie civile. Les deux soignantes encourent en théorie 30 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu vendredi.

Les politiques se positionnent
En attendant, la question de l'euthanasie s'invite dans la campagne présidentielle. A gauche, si le PS, les Verts ou encore la LCR semblent plutôt favorables à une dépénalisation, le PCF a du mal à trancher.
Beaucoup, à droite, jugent suffisante la loi Leonetti d'avril 2005, autorisant le "laisser mourir"et permettant, sous certaines conditions, l'arrêt des traitements à la demande des patients. Nicolas Sarkozy a estimé qu'il y avait des limites à la souffrance, mais sa famille politique ne cautionnerait aucune autre avancée vers l'euthanasie. François Bayrou a déclaré qu'il était "pour que l'on ne laisse pas souffrir les gens et que l'on ne prolonge pas inutilement leur vie".
Enfin du côté de l'extrême droite, le programme de Jean-Marie Le Pen stipule qu'il faut "refuser l'euthanasie médicalement assistée mais autoriser l'arrêt clairement exprimé de l'acharnement thérapeutique"et Le MPF de Philippe de Villiers "refuse l'euthanasie et préconise le développement de centres de soins palliatifs".
Au-delà des divisions politiques et des enjeux idéologiques, le procès de Périgueux doit juger la participation individuelle de deux femmes face à la souffrance d'une autre.
Ophélie GIMBERT. (
www.lepetitjournal.com) mardi 13 mars 2007

En savoir plus,
Libération, Libération : Etrange ambiance au procès de l'euthanasie
NouvelObs, Procès d'euthanasie: le médecin et l'infirmière ont "fait leur boulot", juge le Dr Chaussoy

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