Édition internationale

JUSTICE – Marc, petite victime de maltraitance et de désinvolture

Deux ans et demi après la mort à 5 ans de Marc, des suites de coups violents, le procès de 9 personnes se tient pour deux semaines à la cour d'assises de Douai. Au-delà de l'horreur, c'est aussi de la notion d'indifférence qu'il sera question

Depuis lundi, la cour d'assises du Nord à Douai accueille 9 accusés pour faire la lumière sur la mort de Marc, 5 ans. Le 26 janvier 2006, le garçonnet a été retrouvé mort des suites d'un traumatisme crânien. Les médecins légistes découvriront des traces de fractures, des hématomes ainsi que des brûlures sur tout le corps de l'enfant. Autant de témoignages du calvaire que lui ont fait subir, pendant plus d'un mois son beau père probablement sous l'œil de sa mère.
David Da Costa, 38 ans, cocaïnomane et alcoolique au moment des faits, est resté silencieux lors de l'enquête. Il est accusé d'avoir porté les coups ayant entraîné la mort du garçonnet et de l'avoir violenté pendant plusieurs semaines. La mère de Marc, Isabelle Gosselin, 35 ans, est accusée de complicité d'actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner et de défauts de soins sur mineur de moins de 15 ans. Tous deux risquent une peine d'emprisonnement à perpétuité.

Quand personne ne veut rien voir
Ceux et celles, qui fréquentaient Isabelle Gosselin, la disent une mère dévouée à ses enfants et qu'elle "s'investissait pour ses garçons, participait à toutes les activités scolaires, a construit sa vie autour de François (aujourd'hui 9 ans) et Marc". Elle avoue pourtant partiellement les faits qui lui sont reprochés : "Oui, j'avoue pour les actes de barbarie, mais je ne suis pas d'accord pour les défauts de soin. J'ai essayé d'aider mon garçon". Elle cachait, cependant, les maltraitances en faisant passer son cadet pour un enfant agressif qui s'automutilait. Elle s'explique en avouant ayant subi trop de pression de son compagnon, dont elle avait peur de recevoir des coups.
Mais la question n'est pas seulement celle de sa responsabilité directe, mais aussi celle de toute une société qui n'a pas su ou voulu voir le martyr de Marc. Ainsi, les grands-parents maternels du garçon, le frère et la belle-sœur de Da Costa et une assistante sociale sont aussi poursuivis pour non-dénonciation de crime et non-assistance à personne en danger. Comme ces deux médecins généralistes qui ont reçu l'un et l'autre l'enfant peu de temps avant sa mort. Les rapports d'autopsie les accablent : les traces de coups auraient dû être remarquées, l'enfant aurait pu être sauvé.
Comme le rappelle Me Isabelle Seillier, avocate du père naturel de l'enfant : "si sur les neuf personnes qui comparaissent, une seule avait dénoncé les faits, Marc serait présent aujourd'hui avec son père".
Damien Bouhours. (www.lepetitjournal.com) mercredi 29 octobre 2008

La nouvelle campagne d'Enfance et Partage
Le numéro vert de l'association Enfance et Partage, le 0 800 05 1234, fête ses 20 ans et à cette occasion une nouvelle campagne de sensibilisation contre la maltraitance des mineurs a débuté lundi avec pour slogan "Enfants maltraités, ne les privez pas de leur enfance, appelez le 0 800 05 1234". Depuis la création du numéro vert en 1988, près d'un million d'appels ont été traités et concernent pour la majorité des violences intrafamiliales. L'association de défense des droits de l'enfant propose, en plus d'une écoute, un suivi psychologique et juridique. Même si il est parfois difficile pour les victimes ou leurs proches de témoigner, l'association leur apporte une aide concrète. A l'image du petit Marc, en France, 100.000 mineurs sont en dangers, un chiffre inquiétant mais qui pourrait être diminué par le signalement des maltraitances par des proches, facilité par ce numéro vert. D.B. (www.lepetitjournal.com) 29 octobre 2008
En savoir plus sur la nouvelle campagne  
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