Édition internationale

JEAN-PIERRE BEL – Un socialiste président du Sénat

 

C'est fait ! Le candidat de la gauche a remporté l'élection à la présidence du Sénat samedi soir. Jean-Pierre Bel, élu de l'Ariège qui dirigeait jusqu'à présent le groupe PS à la Chambre haute, est officiellement le N°2 de l' Etat français

La victoire historique des socialistes aux élections sénatoriales a fait basculer le Palais du Luxembourg à gauche pour la première fois sous la Ve République. Le nouveau président du Sénat, Jean-Pierre Bel (AFP) , a été élu samedi soir dès le 1er tour par 179 voix contre 134 voix pour le président sortant, l'UMP Gérard Larcher, et 29 voix pour la centriste Valérie Létard. Il devient ainsi le premier président socialiste de la chambre Haute. Il s'agit pour le camp socialiste et comme l'indique Martine Aubry d'un "grand jour" pour la République qui "témoigne de l'exaspération des élus de terrain qui en ont assez d'être méprisés par le Président sortant et de voir chaque jour notre République un peu plus abîmée". Pour la majorité, il s'agit maintenant de faire en sorte que "le gouvernement et la Haute assemblée puissent travailler dans un climat de responsabilité" comme l'a indiqué Matignon.

Jean-Pierre qui ?

Jean-Pierre Bel a commencé sa carrière en politique avec son élection à la mairie de Mijanes, dans les Pyrénées en 1983, et son adhésion au Parti socialiste dans la foulée. Son beau-père Robert Naudy, conseiller général de Quérigut, en Ariège (1975-85), puis président du Conseil général de ce département, lui sert d'appui politique. Mais c'est surtout sa rencontre avec Lionel Jospin, en 1986, qui fait décoller sa carrière politique au sein du Parti socialiste. Jean-Pierre Bel accède ainsi à plusieurs postes à responsabilités au sein de la gauche : secrétaire national aux fédérations (1994-1997), puis aux élections (1997-2000). Il est chargé d'élaborer le projet du PS sur la réforme des institutions pour la campagne présidentielle de 2007. Une ascension nationale qui ne l'a jamais empêché de s'imposer localement. En 1998, il prend à la droite le canton de Lavelanet, avant d'être élu quelques mois plus tard sénateur de l'Ariège. Aujourd'hui, c'est la présidence de l'Institution qu'il vise.

Un proche de François Hollande
Jean-Pierre Bel devient le président du groupe socialiste au Sénat en 2004, suite à la fin du mandat de Claude Estier, qui ne se représente pas. Quatre années plus tard, son appartenance au courant Hollande, largement majoritaire chez les sénateurs, lui permet de conserver la tête des élus socialistes. Un soutien peu apprécié par Martine Aubry : dans le livre des journalistes Françoise Cariès et Suzette Bloch, La Bataille du Sénat, publié le 8 septembre dernier, la candidate à la primaire socialiste ne s'était pas gênée pour remettre en question l'engagement politique de Jean-Pierre Bel. "Si la gauche est en position de remporter la présidence du Sénat, Jean-Pierre Bel n'est pas l'homme de la situation. C'est un opportuniste", a-t-elle déclaré aux deux auteurs. Une position qui n'inquiète pas l'intéressé. "Contrairement à ce que dit Martine Aubry, je ne suis pas un arriviste, je ne suis pas dans le microcosme parisien, j'ai toujours fait en sorte de ne pas l'être... Quand on ne joue pas des coudes pour être au milieu de la photo ou à faire des coups d'éclat, on paraît un peu incongru", s'est-il défendu.

Ne pas confondre vie privée et vie publique
Né le 30 décembre 1951, Jean-Pierre Bel est père de trois enfants, dont deux issus d'un premier mariage, et une fille, depuis une récente union. Malgré son arrivée sur la scène médiatique, le sénateur entend bien "préserver son jardin secret".  Jean-Pierre Bel veut séparer ses fonctions publiques et sa vie privée. "La vie politique ne doit surtout pas être un sacerdoce, je ne confonds pas la vie politique et mon bonheur personnel. Je ne suis pas prêt à tout sacrifier simplement pour ma réussite politique", explique-t-il.

J.B (www.lepetitjournal.com) lundi 3 octobre 2011

Voir aussi :

Le Point - Sénatoriales - Jean-Pierre Bel, un inconnu à la tête du Sénat ?
Europe 1 - Sénat : trois candidats briguent le "plateau"

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