Créer une entreprise en Turquie peut sembler accessible. Sur le terrain, les règles du jeu sont plus subtiles. Statuts, fiscalité, démarches : ce guide revient sur l’essentiel.


Pourquoi entreprendre en Turquie en 2026 ?
La Turquie attire de plus en plus d’entrepreneurs étrangers. Position stratégique, marché vaste, démarches rapides : sur le papier, les conditions semblent favorables. Dans les faits, le cadre est plus nuancé. Inflation, instabilité économique, contraintes administratives : entreprendre ici demande préparation et adaptation.
Certains secteurs restent porteurs et les autorités continuent d’encourager les investissements étrangers. Créer une activité en Turquie reste possible, à condition d’en comprendre les règles.
Istanbul, une ville mondiale de plus en plus attractive
Quels secteurs pour entreprendre en Turquie en 2026 ?
Avant de se lancer, mieux vaut regarder où se situent réellement les opportunités. Tous les secteurs ne se valent pas. Certains continuent de se développer, portés par la demande locale ou internationale et offrent un terrain plus favorable aux expatriés.
Freelance et activité indépendante : une voie de plus en plus utilisée
De nombreux expatriés choisissent de travailler en indépendant, souvent pour des clients à l’étranger. Rédaction, marketing, design, conseil : ces activités permettent de contourner certaines contraintes locales.
Ce modèle reste toutefois encadré de manière différente qu’en France et suppose de bien comprendre les obligations fiscales et administratives.
Tech, startups, e-commerce : un écosystème en développement
Istanbul s’impose progressivement comme un pôle digital régional. Porté par une population jeune et connectée, le secteur des startups et du e-commerce connaît une croissance rapide.
L’écosystème s’est structuré ces dernières années, avec l’émergence d’incubateurs et de financements. Mais la concurrence est réelle et la réussite repose souvent sur une bonne compréhension du marché local.
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Services et consulting : des opportunités ciblées
Digital, finance, ressources humaines : certaines expertises restent recherchées, en particulier par des entreprises en développement ou tournées vers l’international.
Mais l’accès au marché n’est pas immédiat. Réseau, connaissance du contexte local, crédibilité : ces éléments jouent souvent un rôle déterminant dans la capacité à s’implanter durablement.
Tourisme, hôtellerie, restauration : un secteur porteur mais sous tension
Avec plus de 60 millions de visiteurs internationaux chaque année, la Turquie confirme son attractivité. Hébergement, restauration, expériences locales : la demande reste forte, notamment dans les grandes villes et les zones touristiques, mais aussi dans d’autres régions du pays.
Le secteur ne se limite plus au modèle classique. Le tourisme expérientiel, rural ou plus lent (le "slow tourism") attire une clientèle en quête d’authenticité et ouvre de nouvelles perspectives dans des régions moins saturées.
Mais le secteur traverse aussi une phase plus fragile. Hausse des coûts, inflation, pression sur les prix : l’hôtellerie et la restauration doivent composer avec un équilibre économique plus incertain. Dans ce contexte, les opportunités existent, mais elles reposent sur un positionnement clair et une gestion rigoureuse.
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Tourisme médical et bien-être : un secteur structuré et attractif
Chirurgie esthétique, soins dentaires, greffes capillaires : la Turquie attire une clientèle internationale, séduite par des tarifs compétitifs et des établissements accrédités.
Le secteur est aujourd’hui bien installé, avec des acteurs spécialisés et des offres packagées. Cette attractivité s’accompagne toutefois d’une forte concurrence et d’enjeux de réputation.
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Commerce et distribution : un marché en transformation
Porté par une consommation encore dynamique et l’essor du e-commerce, le commerce continue d’évoluer en Turquie. Retail, franchises, marketplaces : les formats se diversifient, notamment dans les grandes villes.
Mais le contexte économique impose des ajustements rapides. Inflation, variation du pouvoir d’achat, coûts d’importation : les équilibres restent mouvants. S’adapter aux usages locaux et aux contraintes du marché est essentiel.
Immobilier et construction : un marché actif mais instable
Le marché immobilier reste dynamique, dans plusieurs grandes villes du pays ainsi que dans certaines zones touristiques, avec des possibilités dans l’investissement locatif, la rénovation ou les projets commerciaux.
Mais il évolue dans un contexte incertain. Inflation, encadrement des loyers, fluctuations de la demande : investir suppose aujourd’hui une bonne connaissance du marché et une certaine prudence.
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Créer son entreprise en Turquie : les étapes essentielles
Quel statut juridique choisir ?
Les investisseurs étrangers peuvent créer une société en Turquie dans les mêmes conditions que les investisseurs locaux. En pratique, les deux formes les plus courantes sont la société à responsabilité limitée (Ltd. Şti.) et la société anonyme(A.Ş.).
- Ltd. Şti. : c’est la forme la plus utilisée pour les projets de taille modeste ou intermédiaire. Le capital minimum est de 50.000 TL. Il peut être libéré dans les 24 mois suivant l’immatriculation.
- A.Ş. : elle est davantage adaptée aux projets plus structurés ou nécessitant des investissements plus importants. Le capital minimum est de 250.000 TL. Pour les sociétés anonymes non cotées ayant adopté le système de capital enregistré, le capital initial doit être d’au moins 500.000 TL. Au moins 25 % des apports en numéraire doivent être versés avant l’immatriculation, le solde pouvant être libéré dans les 24 mois.
- Succursale d’une société étrangère : elle permet à une entreprise déjà constituée à l’étranger d’établir une présence en Turquie sans créer une entité totalement distincte.
- Bureau de liaison : il permet une présence sur place, mais sans activité commerciale lucrative. Le Bureau d’investissement de la Présidence de la République de Turquie rappelle expressément qu’un bureau de liaison ne peut pas exercer d’activité commerciale.
Démarches administratives
Les formalités de création passent par MERSİS, le système central d’enregistrement électronique. Le bureau d'investissement et le ministère du Commerce indiquent que la création s’effectue auprès du registre du commerce (Ticaret Sicil Müdürlüğü) selon un modèle de guichet unique. Les autorités turques indiquent même qu’un dossier complet peut être traité très rapidement, parfois dans la journée, voire en une heure au registre du commerce si tous les documents requis sont réunis.
Les principales étapes sont les suivantes :
- rédaction des statuts sur MERSİS ;
- obtention d’un numéro fiscal (Vergi Numarası) pour les associés étrangers ; le guide du ministère du Commerce précise que les étrangers doivent d’abord obtenir ce numéro puis l’enregistrer dans MERSİS ;
- signature et, selon les cas, certification des documents de société ;
- dépôt du capital selon la forme choisie ;
- immatriculation au registre du commerce ;
- enregistrement fiscal et formalités sociales ; l’Investment Office indique que le registre du commerce notifie ensuite l’administration fiscale et la sécurité sociale.
- ouverture du compte bancaire professionnel et, le cas échéant, obtention des licences ou autorisations sectorielles nécessaires.
Faut-il un visa ou un permis de travail ?
Créer une société en Turquie est possible pour un étranger, y compris sans résider sur place. Les formalités reposent principalement sur le passeport, l’obtention d’un numéro fiscal turc et l’enregistrement via MERSİS. En revanche, cette possibilité ne doit pas prêter à confusion.
Pour séjourner en Turquie au-delà de 90 jours, un titre de séjour devient nécessaire. Et dès lors que l’entrepreneur souhaite participer à l’activité de son entreprise, la question du permis de travail s’impose.
Le cadre est strict : exercer une activité professionnelle en Turquie sans autorisation est interdit. Certaines conditions peuvent également s’appliquer, notamment en matière d’emploi local, même si des aménagements existent selon les profils et les projets.
Dans tous les cas, ces démarches doivent être anticipées en amont du lancement de l’activité.
Fiscalité et obligations comptables en Turquie
Impôts et taxes : les principaux repères
Les entreprises établies en Turquie sont soumises à l’impôt sur les sociétés (Kurumsal Vergi). Le taux est actuellement fixé à 25 % sur les bénéfices, mais il peut évoluer en fonction des orientations économiques.
La taxe sur la valeur ajoutée (KDV) s’applique également, avec plusieurs niveaux :
- 20 % : taux standard
- 10 % : taux intermédiaire pour certains biens et services
- 1 % : taux réduit sur des produits de première nécessité
Entrepreneurs expatriés : un cadre fiscal à anticiper
Les entrepreneurs étrangers sont, en principe, soumis aux mêmes règles fiscales que les entreprises locales.
Toutefois, la situation peut varier selon plusieurs critères :
- lieu de résidence fiscale
- organisation de l’activité
- répartition des revenus entre plusieurs pays
Dans ce contexte, il est essentiel de se référer à la convention fiscale entre la France et la Turquie, qui encadre les situations de double imposition.
Charges sociales : un système contributif encadré
Le système de sécurité sociale repose sur des cotisations partagées entre employeur et salarié :
- Employeur : environ 22,5 % du salaire brut
- Employé : environ 15 % du salaire brut
Ces taux sont donnés à titre indicatif et peuvent varier selon les dispositifs et exonérations applicables.
Dividendes : une fiscalité spécifique
Les dividendes versés aux associés sont soumis à une retenue à la source généralement fixée à 15 %.
Ce taux peut être ajusté en fonction des conventions fiscales internationales et de la situation de l’associé.
Aides et dispositifs de soutien
La Turquie propose différents mécanismes d’accompagnement à l’investissement :
- aides publiques destinées aux petites et moyennes entreprises comme KOSGEB, qui accompagnent les petites et moyennes entreprises à différentes étapes de leur développement. Les montants et conditions varient selon les programmes.
- avantages fiscaux dans certaines zones (zones franches, technoparcs)
- dispositifs dédiés aux projets innovants, notamment dans le secteur technologique (Türkiye TechVisa)
Ces aides sont accessibles sous conditions et nécessitent, dans la plupart des cas, un accompagnement local.
Entreprendre en Turquie : une opportunité à construire
Entreprendre en Turquie reste une option accessible, à condition d’en comprendre les règles et les contraintes. Le cadre existe, les opportunités aussi, mais elles ne se traduisent pas automatiquement en réussite. Préparation, accompagnement local, lecture du contexte : ce sont souvent ces éléments qui font la différence sur le terrain.
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