En Anatolie centrale, un village parle français. À Yukarıöz, surnommé le “Petit Paris”, la langue a traversé les générations, héritage discret d’une migration ancienne vers la France.


Quand la migration laisse une empreinte linguistique durable
En Anatolie centrale, à Yukarıöz, le français s’entend encore. Dans ce village de la province de Çankırı, la langue s’est transmise sur plusieurs générations, jusqu’à lui valoir le surnom de « Petit Paris ».
Ce particularisme linguistique s’explique par une histoire migratoire ancienne. À partir des années 1970, de nombreuses familles de Yukarıöz quittent la région pour travailler en France, principalement en Île-de-France. Les allers-retours, les retours estivaux et la transmission familiale ont durablement ancré le français dans les usages du quotidien.
Chaque été, le village change de visage. Les conversations se font bilingues, les plaques d’immatriculation françaises se multiplient, et la diaspora revient célébrer mariages et retrouvailles. Hors saison, Yukarıöz retrouve son calme, mais la langue demeure dans les mémoires, transmise sans institution ni revendication.
Plus qu’une curiosité, Yukarıöz illustre la manière dont les migrations façonnent durablement les territoires, laissant dans la langue une trace discrète mais persistante du lien entre la Turquie rurale et la France.
Une histoire migratoire partagée entre la France et la Turquie
Si Yukarıöz illustre de manière visible l’héritage linguistique des migrations vers la France, ce phénomène dépasse largement le cadre d’un seul village. Depuis les années 1960, la migration turque vers la France a façonné des trajectoires familiales, sociales et culturelles durables.
Le dernier épisode du podcast Café turc, soutenu par l'Institut français d'Istanbul, revient précisément sur cette histoire migratoire entre la France et la Turquie, à travers témoignages et regards sociologiques.
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