Un tambour dans la nuit. Le davulcu annonce le sahur. Derrière ce son, une tradition ottomane toujours présente dans certains quartiers de Turquie.


Une pratique née à l’époque ottomane

Karagöz, personnage du théâtre d’ombre ottoman, représenté avec un davul.
Avant les réveils et les téléphones, il fallait bien que quelqu’un passe. Le sahur devait être pris avant l’aube. Encore fallait-il l’entendre venir.
Dans les villes ottomanes, des joueurs de tambour parcouraient les rues pour réveiller les habitants. Le son grave du davul montait le long des façades, frappait aux volets, s’imposait dans le silence encore dense de la nuit. Ce n’était pas un folklore. C’était un service. Le tambour rythmait la vie des quartiers. Il marquait un temps commun, qui traversait la rue, bien avant que chacun ne règle une alarme sur son téléphone.
Le davulcu, figure du ramadan
Aujourd’hui encore, dans de nombreux quartiers, le davulcu passe avant l’aube.
Il porte son tambour en bandoulière, frappe un rythme régulier, parfois ponctué de quelques paroles lancées vers les fenêtres.
La scène est simple. Une rue encore sombre. Des immeubles alignés. Un son qui monte. Il avance d’un pas assuré. Il connaît son itinéraire. Il sait où les familles l’attendent, où l’on entrouvre un rideau, où un geste salue son passage.
Dans certains quartiers, il est rémunéré à la fin du mois. La somme reste modeste. Elle tient davantage du remerciement que du salaire. Sa présence n’est plus indispensable mais elle demeure attendue.
Le ramadan en Turquie ne se vit pas seulement à l’heure de l’iftar. Il commence parfois, très tôt, par ce tambour qui traverse la nuit.
Une tradition qui ne résonne pas partout
Le passage du davulcu reste courant dans de nombreuses villes de Turquie. On l’entend encore dans certains quartiers résidentiels ou populaires, où la vie de voisinage conserve une forme de proximité. Ailleurs, le tambour s’est fait plus rare. Les immeubles sont mieux isolés. Les rythmes de travail ont changé. Les réveils sont individuels, programmés sur un écran.
Certaines municipalités encadrent désormais la pratique. Des autorisations sont délivrées, des horaires précisés. Le tambour compose avec une ville plus réglementée qu’autrefois.
La tradition ne disparaît pas. Elle s’adapte et demeure attendue lors du ramadan en Turquie. Dans d’autres rues, elle appartient déjà à la mémoire sonore du quartier.
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