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L’EXPAT DU MOIS - "Je regrette d’entendre tant de mal sur la Turquie"

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 30/01/2018 à 19:04 | Mis à jour le 31/01/2018 à 15:49
Photo : Jeevanthy Nivert a monté sa société, qui aide les expatriés français à négocier des crédits en immobilier. ©SP
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Échappée de la guerre au Sri Lanka, formée à Paris, Jeevanthy Nivert s’est installée à Istanbul, l’été dernier. L’entrepreneure aide les expatriés français à négocier des crédits en immobilier.

C’est son premier hiver à Istanbul. Jeevanthy Nivert, 36 ans, y vit en famille depuis l’été dernier. Installation réussie, intégration aussi. Il ne reste plus qu’à régler quelques détails dans le dressing… "Il fait froid! Je fais les soldes tous les jours! Pour acheter manteaux et pulls… Cela fait dix ans que l’on n’en avait pas portés." Et pour cause, avant Istanbul, Jeevanthy, son mari et leurs deux filles, ont vécu sept ans en Inde, et trois en Thaïlande. 

"Où se sentir chez soi ? Dans le pays où l’on est, en famille." Cette philosophie, Jeevanthy Nivert l’hérite certainement de son histoire personnelle. Dans les années 1990, elle est contrainte de fuir la guerre civile au Sri Lanka, où elle est née. Avec ses parents et ses deux soeurs, elle prend l’avion pour la première fois, direction la France. Jeevanthy se souvient d’une grande excitation avant le départ, et d’un sentiment de soulagement à l’arrivée : "On était bien, parce qu’on était ensemble."

A l’époque, elle intègre la classe de CM2, dans une école des Yvelines. Elle ne parle pas encore français, connaît seulement quelques mots d’anglais, et travaille d’arrache-pied pour rattraper le niveau des autres élèves.  Chose faite, à son entrée au collège. "Il m’a fallu un an. La France m’a donné les chances de réussir." Aujourd’hui, Jeevanthy Nivert tient son entreprise de courtage en crédit immobilier pour les expatriés et non-résidents français. 

"J’accompagne les Français qui veulent acheter à l’étranger"

Formée à Paris en commerce international, Jeevanthy Nivert saisit sa première grande opportunité professionnelle en 2006 : elle part en Inde, assurer l’ouverture d’une filiale de la banque Dexia, à New Delhi. "Mon entourage s’inquiétait car je partais seule, à l’étranger. Mais je ne retiens que du positif de cette expérience", explique-t-elle.

C’est à cette période que Jeevanthy se marie, avec son conjoint français. Quelque temps plus tard, leurs deux filles feront leurs premiers pas en Inde. "En 2007, j’ai arrêté mon activité pour me consacrer à mes enfants. Mon mari travaillait alors dans une société française à New Delhi."

En 2014, changement de décor. La petite famille déménage à Bangkok, pour le travail de son mari. Jeevanthy Nivert, elle, se lance dans l’entreprenariat, crée Société2Courtage à Bangkok et y développe son réseau. "La plupart de mes clients sont toujours en Thaïlande. Je ne les rencontre jamais, tout se fait à distance. On se contacte par Skype, essentiellement", explique Jeevanthy, qui travaille toujours seule. 

Ses clients ? Des Français expatriés qui souhaitent acquérir un bien en France ou à l’étranger, des Français qui veulent investir à l’étranger ou encore de jeunes retraités qui souhaitent tout quitter pour une vie rêvée au soleil… Les profils sont variés mais les dossiers tous atypiques : "Les banques sont toujours un peu plus craintives quand il s’agit de l’étranger. C’est pourquoi, j'aide les acheteurs à monter leur dossier et je négocie pour eux les meilleures conditions de crédit."

"J’adore vivre à Istanbul"

Téléphone et ordinateur, le bureau de Jeevanthy est portatif. Et ses horaires arrangés : "8h30-15h30, quand les filles sont à l’école, puis plus tard en soirée, quand elles sont couchées. C’est une chance pour moi de pouvoir m’organiser ainsi." Au programme les week-ends, activités et sorties en famille. "Mes filles ont vu la neige pour la première fois de leur vie en Turquie. Nous sommes allés skier à Uludağ, c’était super", raconte Jeevanthy, enthousiaste. "En s’installant à Istanbul, nous avons renoué avec la nature, explique-t-elle, même s’il y a plus d’infrastructures pour les chiens et chats que de parcs pour enfants dans les rues de la ville. Mais en quelques heures de voiture, on peut respirer l’air frais, c’est tout nouveau pour nous! "

La petite famille se réjouit aussi d’avoir découvert Istanbul à pied. "Nous avions perdu l’habitude à New Delhi et Bangkok, il fallait tout faire en voiture." Son coup de coeur ? Cihangir, où ils habitent. "Tout est à portée de main, je fais mes courses en bas de chez mois, chez le primeur, au petit marchand du coin… Au quotidien, j’adore vivre à Istanbul. Je regrette même d’entendre tant de mal sur la Turquie." 

Jeevanthy Nivert n’est retournée au Sri Lanka que trois fois, pour les vacances. "Toute mon enfance, je n’ai jamais entendu de très belles histoires sur ce pays. C’est évident, puisque nous y avons vécu la guerre civile, raconte-t-elle. Quand j’y vais, je m’y sens étrangère comme n’importe qui. La dernière fois, j’ai eu une mauvaise aventure avec les services de santé. On se plaint souvent en France, mais en vivant à l’étranger on se rend compte de la chance que l’on a, d’y avoir grandi…"

Solène Permanne (http://lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 31 janvier 2018

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1 CommentairesRéagir
Commentaire avatar

jojo mer 31/01/2018 - 20:26

comprends pas ! qui dit du mal de la Turquie ? certainement pas les expatriés qui y vivent ! peut-être les turcs qui vivent à l'étranger ???????????

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