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Retour sur la semaine d’Erdoğan aux Nations Unies

Par Jonathan Grimmer | Publié le 01/10/2019 à 01:53 | Mis à jour le 01/10/2019 à 15:49
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Le président turc était la semaine dernière à New-York pour prendre part à la 74ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Arme nucléaire, Syrie, injustices, etc. Lepetitjournal Istanbul revient sur ses principales déclarations.

 

Inégalités

Dans un discours offensif prononcé mardi 24 septembre, Erdogan s’est fait le chantre des pays pauvres, dominés par un ordre mondial inégalitaire. « Il n’est pas normal qu’une partie du monde vive dans le luxe et que l’autre subisse la pauvreté, la misère et l’illettrisme », s’est-il indigné.

Au rang des coupables, le président turc a désigné les grandes puissances du monde, qui ont perdu, selon lui, « leur capacité à résoudre des problèmes globaux tels que le terrorisme, la malnutrition, la misère et le changement climatique ». « Si nous ne sommes pas tous en sécurité, personne ne le sera. Nous ne pouvons ignorer cette réalité. Depuis des années, je dis à cette tribune que le destin de l’humanité ne peut pas être confié à la discrétion d’une poignée de pays seulement », a-t-il martelé. Et d’ajouter quelques instants plus tard : « Le monde est plus large que les cinq membres permanents [du conseil de sécurité] », faisant allusion au droit de veto dont jouisse les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et la France au Conseil de sécurité.

Cité par le quotidien libéral français l’Opinion, un analyste confie : « La Turquie ne supporte pas l’ordre inégalitaire dominé par les cinq membres du Conseil de sécurité. [Erdogan] veut donc rebattre les cartes et use de la provocation pour se faire entendre. »

 

Arme nucléaire

Toujours lors de sa prise de parole du 24 septembre, Recep Tayyip Erdogan a plaidé pour une égalité de traitement concernant l’arme nucléaire. « Nous sommes face à une injustice. Ceux qui la possède l’utilisent comme moyen de pression, menaçant ceux qui ne l’ont pas. Il faut l’interdire à tout le monde, soit la rendre accessible à tous. »

 

Syrie

Le président turc a demandé à la communauté internationale d'instaurer une zone de sécurité dans le nord de la Syrie d’une superficie de 480 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large. « Si cette zone de sécurité peut être déclarée, nous pouvons reloger en toute confiance entre un et deux millions de réfugiés. Que ce soit avec les États-Unis ou les forces de la coalition, la Russie et l'Iran, nous pouvons marcher main dans la main afin que les réfugiés puissent se réinstaller. » Le leader de l’AKP a ajouté que si cette zone était étendue à Raqqa ou Deir ez-Zor, jusqu’à trois millions de Syriens pourraient retourner dans leur pays.

La Turquie accueille actuellement 3,6 millions de réfugiés, auxquels s’ajoutent les quelque 415 000 enfants syriens nés dans le pays depuis le début de la guerre en 2011. Ankara a en outre dépensé 34 milliards d’euros, et n’a été aidée qu’à hauteur de six milliards d’euros par la communauté internationale.

 

Cachemire

Erdogan a appelé à un dialogue juste et équitable afin de trouver une solution au conflit du Cachemire, vieux de 72 ans.  Une nécessité pour assurer la « stabilité et la prospérité de l’Asie du sud », a-t-il déclaré. Pour rappel, Jammu-et-Cachemire est une région musulmane de l'Himalaya détenue par l'Inde et revendiquée par le Pakistan. Le 5 août dernier, le gouvernement indien a retiré le statut spécial du Jammu-et-Cachemire qui lui conférait une autonomie constitutionnelle, faisant craindre une nouvelle flambée de violence.

 

Conflit israélo-palestinien

Le Président turc a dénoncé la politique expansionniste d’Israël. En montrant une carte représentant l’élargissement du territoire israélien au fil des ans, Erdogan a accusé Israël de ne pas avoir respecté les résolutions et a directement mis l’ONU. « A quoi sert l’ONU si ses résolutions à l’encontre d’un de ses membres, Israël, ne sont pas respectés ? »

Selon l’agence Anadolu, Erdogan serait même allé plus loin dans sa critique de l’Etat hébreu. Lundi 23 septembre, lors d’une réunion avec des dirigeants arabes, le leader turc aurait déclaré : « Nous regardons l’Holocauste de la même façon que nous regardons ceux qui assiègent Gaza et y commettent des massacres. »

 

Islamophobie

Lors de la conférence internationale contre le discours de haine organisée mercredi 25 septembre, Erdogan a pointé du doigt la responsabilité des leaders politiques dans la montée du sentiment anti-musulman. « Assimiler l'islam, une religion de la paix, au terrorisme est une immense calomnie et une immoralité. Une telle chose ne peut être acceptée », s’est-il indigné. Le président turc a pris l’exemple du Cachemire, où les musulmans « sont torturés » parce qu’ils mangent de la viande. « On ne peut pas s'attendre à ce que tout le monde devienne végétarien. […] Ce n'est pas possible. Vous dites qu'il existe une liberté de culte, et ma religion ne m'ordonne pas d'être [végétarien]. Je respecte votre conviction. Pourquoi pas vous ? »

 

Ecologie

Lors du sommet Action Climat du 23 septembre, Erdogan a souligné les actions menées par son gouvernement en faveur de l’environnement. Il a rappelé que l’utilisation des sacs plastiques avait diminué de 75% depuis l’adoption d’une loi en ce sens. Il a également mis en avant que la Turquie était « le principal consommateur d’énergie renouvelable dans sa région », avec notamment une électricité provenant à 30% d’énergie verte. Enfin, le chef de l’AKP a affirmé que l’objectif de son gouvernement était « d’augmenter la superficie forestière de 30% d’ici à 2023 ».

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Jonathan Grimmer

Diplômé de l'IPJ Paris-Dauphine, passionné de littérature et d'échecs, j'ai pris la responsabilité de l’édition d’Istanbul de lepetitjournal.com en avril 2019 après avoir travaillé deux ans en France pour divers titres de la presse écrite.
1 Commentaire (s)Réagir
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SUSAMAN jeu 03/10/2019 - 10:35

"Erdoğan à l’ONU : le courage d’un seul homme contre tout un monde. Erdoğan a prononcé un discours impressionnant le 24 septembre à l’ONU, ce qui fait de lui aujourd’hui le précurseur d’un nouvel ordre mondial basé sur la justice, la morale et la conscience." Il faut lire la propagande diffusée dans l'article de la TRT en Français pour comprendre combien l'image du président turc que les médias officiels du régime veulent nous vendre est à des années lumières de la réalité. Qui peut croire sérieusement qu'Erdogan est un homme de justice, de paix, un défenseur de l'environnement !

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